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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 07:43

Une publication de mon blog en 2006...

Ce texte a été retrouvé dans les papiers personnels de celui qui est parti à l'automne...

« La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je me suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir toujours raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur. »

(extraits du Patriarche Athénagoras)

Dans les papiers d'un ancien militaire qui a participé à de vrais guerres !

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 07:57

Nous sommes environ 150, samedi, il est 9h du matin, samedi. L'animatrice fluette sur l'estrade dressée dans cette grange vieille de 300 ans, vient de nous demander de nous lever. Puis, elle chuchote une série d'onomatopées plutôt amusantes que l'assemblée essaie de répéter. Elle recommence l'exercice, modulant le volume, complexifiant l'exercice de 4 phrases incompréhensibles qui deviennent musicales. Elle demande une dizaine de volontaires pour l'accompagnement instrumental. Pris au jeu, je rejoins la petite troupe improvisée et me retrouve avec un petit tambourin en main.

La prof de musique, d'origine anglaise, nous donne les quelques rythmes que nous devons, tambourins, triangles, sorte de cythares et autres percussions, nous approprier pour accompagner les chants. Attentive, elle observe que je rate à chaque fois la fin de la deuxième phrase musicale. Et là elle fait 2 choses remarquables : elle dit (mais tout bas car tout le monde est attentif) "nous allons l'aider", et elle change de modèle. En fait, elle change de gestuelle : pour m'indiquer qu'il faut que j'allonge le rythme en fin de deuxième phrase, elle plie les genoux et fait glisser ses mains sur ses cuisses, signifiant ainsi la durée étendue à respecter. J'intègre immédiatement. Ce paragraphe que je viens d'écrire en 5 minutes correspond à un événement qui a pris 30 secondes.

150 personnes chantent à plusieurs voix, accompagnées de percussionnistes de passage, sourires et harmonie musicale tout simplement...

Introduction à ce que je comprends de la pédagogie Steiner : ce que nous expérimentons, nous l'intégrons.

La veille, un cherheur au CNRS, ancien élève des écoles Steiner, nous décrivait avec émotion l'expérience d'un pneu gonflé à bloc, puis vidé rapidement de son air. Il jalonait son discours de tout ce que ce simple exercice ouvrait comme perspective d'interrogations : la dureté du pneu et sa chaleur, l'effort considérable des bras pour amener la pression à 7 bars, le bruit étrange et perçant lors du dégonflage, le brin de givre qui s'était alors formé sur la valve, la molesse du pneu quand il fut vidé de son air. Toutes ces observations, brandies avec des yeux écarquillés, trouvèrent leur point d'orgue assourdissant dans la seule formule écrite au tableau résumant le phénomène : PV = nRT. Formule magique et synthèse métaphysique de nature à donner en patûre à nos chers enfants : "le monde est résolu dans une série d'équations."

Que dire de la conférence sur le sucre et la farine. Sucre qu'on peut presque indéfinimment dissoudre dans l'eau, alors que la farine résiste et se transforme en colle. Aspect ressemblant, goûts différents, place énorme dans notre vie et peu de considération à nos yeux. Raymond Burlotte, l'orateur nous a passionné 40 minutes... Je n'ai pas résisté à la question qui me brulait la tête : "comment entretenir/réveiller l'étonnement de nos enfants, dans le fracas où ils vivent ?" Douce et simple comme tous les échanges du colloque, la réponse lumineuse et évidente nous a été suggérée... C'est ma propre attitude d'étonnement quotidienne qui peut nourrir celle de mes enfants. Bien sur...

Dans l'atelier "mécanique", le professeur/le pédagogue dit-on ici avec justesse, nous a tenu en haleine 1h30 avec 2 expériences simplissimes : soupeser une pierre et une lourde boite et tenter d'évaluer quel était le plus lourd des fardeaux, observer comment un petit carton puis plusieurs planchettes finissaient par rompre sous l'effet de la pression. Les instruments, les craquements, les déformations, la poussière, la rainure de la pression dissymétrique de l'éclatement du bois sur l'autre face, la forme des fibres, le point de rupture, etc... nombre d'observations simples et étonnantes ! Quant à la pierre et la boite, s'il nous a presque paru évident pour tous que la pierre semblait plus lourde - ce que nous n'avons volontairement pas vérifié sur une balance - nous fûmes bien incapables de dire si elle était 2 fois plus lourde, 1 fois et demi, ou autre... Alors que cet exercice de comparaison est plus accessible pour la hauteur ou longueur - approximativement, je peux dire que cet objet est 2 fois plus grand que celui-là.

Et l'atelier musical où j'ai découvert comment de jeunes enfants peuvent comprendre le rythme. Et l'exposé de français ou l'enseignant nous a raconté l'introduction du conditionnel en 6ème (et pas avant car l'enfant ne perçoit pas, plus jeune, cette notion), conditionnel amené par la composition d'un poême : "si j'étais un oiseau..." Et le témoignage de cette retraitée racontant comment les gamins de la maternelle avait construit des étagères 2 fois plus hautes qu'eux, en inventant tout le processus de construction. Et l'expérience de chauffe d'un bocal d'eau avec échange de chaleur et transfert de liquide avec un récipient voisin, conduite tranquillement, et finissant sur une bordée de 15 questions que soulevait l'expérience.

Que dire des débats, de l'attention de tous, de l'écoute et du respect des témoignages. Que dire de la lithanie de fragilité, présentée par les représentants d'une douzaine d'école en France, face à une administration tatillone qui, n'apportant nulle contribution financière, fait vaciller au dessus des têtes des courageux pionniers qui tentent d'apporter une alternative enthousiasmante à notre école républicaine sclérosée, l'épée de Damoclès du respect des conformités en tout genre.

Ce weekend m'a beaucoup troublé. Comment se fait-il qu'une pédagogie aussi lumineuse, constamment en recherche et en questionnement, ouverte au débat, où le statut de pédagogue ne semble pas donner cette condescendance habituelle envers les parents et envers les enfants, cette pédagogie qui privilégie l'expérience personnelle, comment se fait-il qu'elle reste si confidentielle ? J'ai appuyé dans mes contributions la question de l'argent. Le mot est tabou en France. Pourtant, l'argent es
t le moteur des projets. Sans argent, les plus belles intitatives sont en danger. Aller chercher de l'argent auprès des institutions est vain (ils l'ont placé dans les banques, et pourquoi financer un système libre et alternatif ?). Ecole SteinerQuelques puissants détiennent des moyens gigantesques... comment les toucher ? Comment expliquer que l'avenir de la planête, certes ce sont des éoliennes, des voitures sans pétrole, i tutti quanti, mais c'est surtout dans l'investissement urgent qu'il convient d'arbitrer en faveur d'une naissance nouvelle de l'éducation de nos enfants. Que vont-ils faire des verbes "Avoir" et "Paraître" qu'ils conjugent à tous les temps ?
 
 La rencontre avec les écoles Steiner - que fréquentent 3 de nos enfants - ce weekend en autre monde, marque pour toujours.

Dernière anecdote personnelle : je suis ingénieur en génie électrique. In - génie - eur en génie... 2 fois génie. Quand j'ai installé l'électricité dans le cabanon de mon jardin, j'avais repris mes branchements une demi-douzaine de fois et fait sauter les plombs autant ! Vanité de diplômes dont la trace ne signifie pas grand'chose...


Cet article est dédié à Sandrine dont l'intuition tenace nous a conduit à bousculer le cours de notre histoire...

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 18:38
Après  de longues  recherches en mathématiques, je suis heureux de publier en exclusivité mondiale le nouveau et révolutionaire "théorème de Savinien" :

3 + 3 = 5

Démonstration (limpide) :

  • Nombre d'enfants de Sandrine ==> 3
  • Nombre d'enfants de Laurent ===> 3
  • _____________________________
  • Total des enfants de la famille ==> 5
CQFD

undefinedSavinien a pointé le bout de son nez le 26 décembre 2007 à 10h36. Il a sauté la porte de sortie naturelle (ou la porte d'entrée, c'est selon), parce qu'un cordon s'était malencontreusement entortillé autour de son cou.

Tout est allé très rapidement vers le mieux pour lui et la maman...







undefinedSon arrivée mouvementée ne nous a pas empéché de nous mettre rapidement au travail... Le théorème de Savinien est une co-production. Je lui en cède les droits, car, comme vous pouvez le constater, son ardeur à la démonstration est manifeste.





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Arrivé au logis, Savinien a rapidement fait connaissance avec la tribu, qui a immédiatement compati aux premiers vagissements.



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2 jours après, l'héroïne principale avait déjà repris des allures d'actrice célèbre... (mais bon, sacrément fatiguée quand même).






Au fait, chers
érudits lecteurs, Savinien est le deuxième prénom d'un personnage célèbre... quel est-il ?

Très bonne année à tous...

Article dédié à toute l'équipe médicale de la maternité de l'hôpital d'Aubagne. Leur accueil et professionalisme ont été exceptionnels...

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 08:54
Cela faisait quelques jours que je le disais. L'émission de Yann Arthus-Bertrand ce mardi m'a encouragé dans cette mini-initiative. Il y a un peu plus d'1km pour aller à l'école (en descente), presque  3km aller-retour à cause du sens interdit. J'ai annoncé au diner hier soir : "demain, on va à l'école à pied !"

Je suis de retour à mon bureau à 8h45 au lieu des 8h35 habituels, quel bilan tirer de cette goutte d'eau dans l'océan ?

  • - Je n'ai pas eu de mal à mobiliser les enfants --> le plus agé est même parti plus tôt (retrouver une copine, il est vrai... je m'interroge sur le fond de sa motivation :-)).
  • - Au lieu de 8h15, heure de départ habituelle, nous sommes partis à 8h10 et arrivés à 8h27, pas si mal.
  • - Les grognements des enfants du matin n'avaient rien d'anormal, ils sont arrivés à l'école bien réveillés, les joues toniques, on a discuté sur le chemin.
  • - Sur le parcours, 3 voisins et amis se sont arrétés pour me demander si j'avais un problème de voiture... je leur ai répondu que nous faisions cela pour la planête une fois par semaine, tout le monde a trouvé cela très sympa.
  • - J'avais chaud en arrivant à mon bureau, je n'ai pas lancé le réchauffage rapide de mon local, comme je le fais en général le matin.
  • - Je  sens que j'ai la pêche pour aller voir mes clients.

Une goutte d'eau dans l'océan...
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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 12:50

Certains de ses collègues ou amis ont appris sa disparition par mon blog, encore très récemment...

Depuis jeudi 18 octobre, la montagne a rendu son verdict : au pied d'une pente abrupte, caché par la végétation, un chasseur a retrouvé le sac et ce qu'il reste de Jacques-Michel... Le 14 juillet dernier, il a du dévisser en tentant de franchir un passage escarpé à l'écart des chemins. Il adorait la montagne et les défis... C'est trop tôt pour nous fausser compagnie (57 ans), trop tôt pour sa famille...

Au revoir, grand frère...

NB : l'incinération et une cérémonie religieuse avec la famille auront lieu le 1er décembre 2007 à Arrens Marsous, commune des Pyrénées où Jacques-Michel a tenté son dernier sommet...
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 10:33

Le 14 juillet, mon frère Jacques-Michel est parti seul en montagne au-dessus d'Arrens-Marsous, une commune nichée dans les Pyrénées près d'Argelès Gazost, à quelques encablures de Lourdes.

Depuis, plus de nouvelles...

Jacques-Mich, très grand sportif, des dizaines de marathons à son palmarès, les 100km de Millau en course à pied, le Kilimandjaro, était arrivé un jour à Aubagne sur un VTT, sac à dos, en provenance de la Rochelle - 850 bornes dans les pattes. Il partait faire le tour de la Corse, rien que cela. Grace et avec lui, j'ai enchainé et vaincu quelques cols mythiques sur les vieux clous qui nous servaient de bécanes dans les années 1970 : Puy Mary, Mont Gerbier de Jonc, Notre Dame de la Salette, et plus connus Alpe d'Huez, Lautaret, Galibier, Télégraphe, Mont Ventoux,  et autres... Nous avions évoqué il y a quelques semaines le projet de gravir le Mont Blanc. Je me souviens du jour où il avait parcouru 300 km à vélo dans la journée, seul, avec comme unique pause d'1/4 heure l'engloutissement d'une litre de lait. Bref, un amoureux des grands espaces, de l'endurance et de la conquête...

Le petit Gabizos

Accourus d'un peu partout en France, nous nous sommes rapidement retrouvés une dizaine de personnes de la famille, représentant 4 générations, à vainement chercher, patrouiller dans les magnifiques paysages visibles du gîte qu'il avait quitté le samedi matin. Conjectures et hypothèses sur ses intentions, sur son parcours, sur les circonstances, sur le travail et les gros moyens mis en oeuvre par les gendarmes, parcours dans la pluie, dans la brume puis au grand soleil, sous-bois, chemins creux, champs inclinés aux herbes hautes, pantalons et chaussures trempées, cîmes et arètes rocheuses, jumelles au loin et loupe sur la carte IGN, chaque jour ressemblait à une énigme à résoudre.

Et chacun ramenait son détail troublant :

  • - "j'écoutais une émission sur les secours aux personnes disparues en montagne quand on m'a téléphoné pour m'annoncer..."
  • - "je viens de terminer la lecture de Premier de Cordée de Frison Roche..."
  • - "le numéro de ma réservation de train SNCF se terminait par les lettres initiales de Jacques-Michel..."
  • - "Argelès Gazost, c'est la destination de notre voyage de noces en 1947..."
  • - "en me promenant en montagne dans les Alpes, une trouée soudaine de nuages a laissé apparaître la ville de Cluses où notre autre frère Olivier est mort en 1971, juste après avoir escaladé l'Aiguille du Midi dans le massif du Mont Blanc..." (lire chez Nicolas)
  • - "tous les frères et soeurs viennent de recevoir simultanément un message que nous avions échangé le 16 mai dernier (!) avec Jacques-Michel..." (cet étrange phénomène s'est produit à l'heure où la première équipée familiale entamait les recherches dans la montagne)
  • - "nous avons croisé par hasard, au détour d'un contrefort, une équipe de la gendarmerie rassemblant les restes d'une personne portée disparue dans le massif depuis mai dernier..."
  • - "j'ai révé d'un enterrement avec toute la famille, le lendemain de la disparition, alors que je n'étais pas au courant..."

Ces détails troublants ne veulent rien dire... Un autre frère, chercheur en informatique, parlait des "vapeurs d'Orange" en commentant l'étrange surgissement d'anciens mails sur nos boites d'arrivée. Nous vivons des temps bien singuliers avec nos opérateurs internet. Einstein a dit un jour : "Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito".

Quant à moi, je ne sais rien. Je suis un observateur du réel qui aime partager ses observations pour parfois réveiller l'attention, sensibiliser les consciences enfouies. Victoria, la dernière petite fille de mon frère Jacques-Michel est née le 30 juin dernier, jour de l'anniversaire de mon père qui aurait eu 82 ans. Pendant que j'écris ces lignes, Sandrine répertorie les habits de bébé pour préparer l'arrivée de ce petit bout qui s'annonce pour la fin de l'année, et qui va relier la famille recomposée pour nous faire passer de 4 à 5 galoupiots.

Les pentes du Gabizos

Lundi matin, nous sommes tous allés faire un dernier saut au col de Soulor, au pied du Pic de Gabizos, que nous suspectons avoir attiré Jaques-Mich, par son irresistible pouvoir de séduction. Un magnifique arc-en-ciel barrait de part en part la montagne, comme un clin d'oeil pour nous dire au revoir...

La vie glisse, la vie reprend...

[ Article dédié à Mamita, Catherine, aux 6 enfants et 6 petits-enfants de Jacques-Michel,
à mon fils Thibault dont c'est l'anniversaire aujourd'hui et qui est son filleul,
aux gendarmes de la brigade d'Aucun ]

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 08:46

TU SERAS UN HOMME MON FILS


Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;


Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;


Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d'un mot ;


Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;


Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur ;


Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;


Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,


Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,


Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling

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4 octobre 2006 3 04 /10 /octobre /2006 10:13
Je suis souvent prompt à critiquer la vétusté de nos méthodes d'enseignement. Un grand dépoussiérage me paraît nécessaire quand je constate le décalage qui s'élargit entre la réalité de la vie de l'entreprise - soit environ 40 ans de notre vie - et les méthodes et messages que nombre d'enseignants continuent de dispenser à nos jeunes têtes...

Pourtant, il y a des changements et parfois des exemples qui font plaisir à voir. Il y a quelques jours, j'assistai à la réunion maitresse - parents d'un des enfants de la maisonnée, en classe de CM1.

La maitresse commence par un tonitruant : "je vais m'éclater". Ca fait plaisir à entendre. Et d'enchaîner propositions et clins d'oeil pédagogiques. Morceaux choisis :

- elle invite chaque parent à venir passer une demi-journée dans sa classe --> "cela me fait plaisir et ca ne dérange pas les enfants" --> sympa pour rapprocher école et parents, non ?
- elle propose des contrats aux enfants, à celui-là, timide : "je ne t'ai pas beaucoup entendu aujourd'hui, demain on se met d'accord pour que tu lèves le doigt 5 fois" --> du développement de la notion d'engagement;
- habilement, elle fait passer un message aux parents en se mettant en scène : "quelquefois, je ne comprends pas ce que l'élève ne comprend pas, il faut que je me creuse la tête pour me mettre à sa place" --> un zeste de réflexe d'empathie;
- elle fait faire des exercices de représentation mentale : "fermez les yeux, pensez à un chat, que voyez-vous ?" Les élèves voient de multiples choses, un chat qui court, un chat qui dort, une bande dessinée, le mot chat écrit en majuscule, et certains... rien ! "Imaginez, celui qui ne voit rien, que va-t-il comprendre quand je parlerai de fraction ou d'accord du participe passé" --> de la diversité de l'appréhension de l'abstrait;
- elle met en place le tutorat entre élèves en soulignant que cette méthode profite aux 2 protagonistes... essayez d'expliquer ce que vous avez compris, vous en aurez une connaissance plus solide --> ou comment valoriser la délégation et le devoir didactique de chacun;
- elle leur propose l'énigme de la semaine - avec 2 seaux, l'un de 3 litres, l'autre de 4, comment avoir exactement 2 litres --> vous avez trouvé en combien de temps ?
- etc...

Rien d'extraordinaire me direz-vous. C'est vrai, juste une maitresse passionnée et pleine d'initiatives pour éveiller le plus grand nombre et solliciter l'esprit critique.

Quant à l'assemblée de parents, toutes les angoisses propres de l'enfance resurgissent. Ce père de famille qui interpelle la maitresse : "quand je vois comment le cahier de mon fils est tenu, je hurle (SIC)".  Et la maitresse de répondre avec calme et fermeté : "certains élèves ont une vilaine écriture. Ils sont proches de la stabilisation de leur calligraphie. Je ne renvoie pas les cahiers des élèves qui écrivent mal, sinon certains ne décoleraient jamais. Si je n'arrive pas à lire, bien sur, je leur demande de refaire. Mais on en est à l'apprentissage de la compréhension, de l'interprétation." Un autre parent de rajouter
facétieusement "certains médecins écrivent très mal"...

Enfin, je note que sur chaque point évoqué pendant la réunion, les "ho" et les froncements de sourcis, les mini-débats et les inquiétudes montrent qu'il y a presque autant d'avis que de participants.

Que c'est dur d'éduquer... Moi, je pense que cette classe est entre de bonnes mains !
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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 11:55
N'empêche... c'est rudement pratique une famille solidaire. Malgré toutes les précautions que je prends, il reste des coquilles ici et là dans mes articles. Je tache de toujours vérifier l'orthographe, la ponctuation, les accords des participes passés. J'utilise les correcteurs d'orthographe.

Rien ne vaut cependant l'oeil aiguisé de ma famille qui de temps en temps me souligne le nombre de consonnes d'un mot, ou le mal propre usage que je viens de faire de la langue française.

Tenez le vous pour dit :
anoner, ça s'écrit ânonner (comme un âne et avec 2 n). C'est corrigé :-)


Clin d'oeil à Emmanuel
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5 novembre 2005 6 05 /11 /novembre /2005 00:00

 
Le nez dans les feuilles mortes, au pied d'un tilleul qu'il avait sauvé, à la main une salade à peine cueillie dans le jardin, 80 ans, il avait atteint le bout de sa ficelle. Une belle sortie en sorte pour un homme avare en mots mais pas en générosité, attaché à des plaisirs simples dont celui de cultiver son potager. Aîné de 13 enfants, l'armée de l'air, les missions en Indochine, 20 ans de cours de math aux potaches, 58 ans de mariage, père de 8 enfants, 26 petits-enfants, 5 arrière-petits-enfants, une vie bien remplie...
 
Ces derniers jours ont bien sur été pleins d'émotions, de tensions… La mort nous attend tous. A cet age, tout le monde l'accepte, même si on préférerait toujours retarder l'échéance.

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J'hésitais à publier quelques mots sur cet événement familial, et puis… Et puis, j'ai envie de partager quelques unes de mes pensées et émotions sur la mort, sujet si sensible et évacué de notre société. Avez-vous remarqué à quel point ce mot même est devenu tabou de nos conversations ? Comme si en parler nous en rapprochait, comme si ne pas en parler nous permettait d'y échapper.
 
Quand je suis arrivé chez mes parents, de l'autre coté de la France après 900 km de voiture, mon père était dans la véranda, décalé de la maison principale mais présent, le visage paisible dans son cercueil. Les 3 jours suivants, avant qu'il ne disparaisse de nos regards, restent comme un instant arrêté, intemporel, comme un flottement. Quelques images gravées: 
- les caresses sur son visage, derniers gestes de tendresse en toute simplicité et sans gravité…
- les regards sans crainte des enfants, bien présents, bien vivants, aux questions directes, et qui aussi ont pu faire un deuil serein…
- les larmes bien sur, sincères, plutôt discrètes et sans jérémiades…
- la vision maternelle du monde "autre" – comme les poissons qui ignorent que la vie hors la mer existe…
- les longues soirées de chansons, où nous avons tenté de passer en revue l'ensemble du répertoire facétieux ou romantique de celui qui a bercé de sa voix nos enfances…
- la préparation du psaume, musique toute en dissonances, composée par un beau-frère et psalmodiée par 4 fils pendant la cérémonie…
- la logistique pour 25 personnes quelques jours sous le même toit, assurée efficacement en coulisse par quelques-uns/unes…
- les petits mots préparés, les dessins, les poèmes très sensibles écrits et lus par des gamins à l'expression limpide…
- la messe, le cimetière, la réception des quelques 150 cousins/cousines ou proches amis venus apporter leur soutien de toute la France…
- le petit tour intime au cimetière avec un fiston…
- la famille…
 

 

Les images sont nombreuses et fortes.

Je n'ai pas d'idée précise sur ce qui se passe après le bout de la ficelle. J'ai davantage de doutes que de convictions. Mais là je suis fier de ma famille, de ma mère, qui ont permis que la mort soit vécue, regardée, évacuée, acceptée. Ces quelques jours n'ont pas été sans heurts et tensions. Ils étaient cependant tout en profondeur, l'occasion de certains rapprochements aussi. Un moment suspendu…

Et pourquoi publier sur un blog ? Pas pour faire de l'exhibitionnisme ou pour récupérer les "condoléances" – je n'aime pas beaucoup ce mot que je trouve conventionnel et distant. Plutôt pour casser cette frontière virtuelle entre le visage lissé du personnage professionnel, et de l'homme. J'ai aussi envie de partager cette conviction que la peur se nourrit du tabou, et qu'il me parait utile de ne pas bazarder les sujets essentiels, sous prétexte qu'on les craint…
 

 

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