<![CDATA[Laurent de Rauglaudre]]> http://www.laurentderauglaudre.com/ Des réflexions, des expériences et des débats de management. Des chapitres sur l'utilisation du courriel, sur le management de projet, sur l'organisation personnelle, la gestion du temps, et quelques clins d'oeil... fr Thu, 29 Apr 2010 15:37:53 +0200 Thu, 29 Apr 2010 15:37:53 +0200 Over-blog.com RSS 2.0 Engine Copyright 2010 www.laurentderauglaudre.com Pro http://www.rssboard.org/rss-specification/ <![CDATA[Un cordonnier qui se chausse...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-25716490.html Dans une journée de formation à laquelle j'ai récemment participé - pas en animateur, une fois n'est pas coutume - j'ai pu constater à quel point j'étais un fameux cordonnier ! Aaaaaah, chausser les autres, quel bonheur... Qu'il est clair de voir dans le jeu pour celui qui est en dehors de la table. Faites l'exercice : regardez une bande de copains jouer à la belote en tournant autour d'eux. L'évidence de ce qu'il faut faire jaillira ! C'est pour cela que le travail de "miroir extérieur" est accessible. Le coach attentif voit des quantités de signes (des atouts, des couleurs, des opportunités, des nuages, etc...), se trouve donc en position privilégiée pour inciter à visualiser d'autres options.

Visualiser, le mot est laché !

La séance de formation de l'autre jour m'a fait baisser les yeux pour regarder mes godasses. Passant le plus clair de mon temps à accompagner clients et amis à visualiser leurs objectifs, à préparer leurs plans, à analyser les options, je me suis rendu compte que mes souliers étaient un peu crottés, voire troués. Alors j'ai joué le jeu. L'animateur était fort habile, il nous a proposé de débattre 10 critères concernant les objectifs. C'est un jeu que je joue régulièrement comme animateur, j'ai pourtant découvert de nouveaux champs d'investigation dans cette liste - en particulier les points 5 (prise de partie manifeste), et 7 (qui pèse très lourd). Je vous les livre :

UN OBJECTIF...

1) est exprimé de manière affirmative, positive et au présent
2) doit être sous mon contrôle
3) est atteignable et mesurable
4) est précis et contextualisé
5) est éthique et écologique
6) doit avoir du sens
7) il faut identifier le prix à payer
8) doit être cohérent avec la direction que je veux prendre
9) remplace-t-il le problème ?
10) est constitué de phrases courtes, simples, complètes, positives et au présent

Je reviens sur le numéro 7). Les objectifs restent souvent des intentions. On ne les met pas en oeuvre pour de multiples bonnes et moins bonnes raisons. Le point 7) me parait crucial : le prix à payer en matière de travail, prise de risques et contraintes manque à l'analyse et à l'engagement. Si on est prêt à faire l'exercice sur les objectifs, on oublie qu'il y a un prix à payer pour les atteindre. On va donc rester dans l'insatisfaction, pourtant l'effort de visualisation a été fait, l'effort de transcription à l'écrit aussi.

Quant au numéro 5), c'est en effet une prise manifeste de partie. Définir des objectifs ne veut pas forcément dire qu'ils sont de nobles causes. Un objectif atteint correspond parfois à 2 tours jumelles à terre. C'est en cela que le numéro 5) pose le débat vers la responsabilité et la conviction, sujet que mon frère Nicolas et moi avons un jour traité en conférence...

Je suis en train de me chausser donc. Par 2 fois déjà, 2 grandes matinées, nous avons à la maison travaillé nos objectifs à 4 ans. L'exercice n'est pas fini. Il a déjà permis de clarifier l'essentiel, de nettoyer de l'accessoire, de mettre sur la table les vrais débats, de développer une motivation nouvelle. Reste le fameux article 7). On est en train de le digérer pour se l'approprier... car nos objectifs sont ambitieux - raisonnablement ambitieux j'aime à dire.

Clin d'oeil à cette expression "
raisonnablement ambitieux" : si mon objectif est de mettre une piquette au tennis à Nadal en 2009, je pense que c'est par trop ambitieux. Si mon objectif est d'atteindre un classement 30/1, c'est jouable mais pas gagné - l'application du critère 7) est nécessaire pour y parvenir...

Je retourne à mes propres souliers... le chantier est immense et passionant.
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Article dédié à Jean-Max, Jean-Philippe et encore une fois... à Sandrine
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Fri, 12 Dec 2008 10:34:00 +0100 http://www.laurentderauglaudre.com/article-25716490.html Manager son destin http://www.laurentderauglaudre.com/article-25716490-6.html#anchorComment
<![CDATA[Entrainer les muscles du cerveau...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-25715549.html Ce matin, je reçois les commentaires d'une jeune fille de 12 ans à cet article :

Que je suis bête, qu'il est intelligent, que je suis démotivé

J'ai répondu comme je peux aux préoccupations de cette jeune fille. Je reste consterné des dégats que peuvent faire la dictature des notes à l'école... Clin d'oeil à l'expérience Steiner : il n'y a des notes qu'à partir de la classe de 4ème, je crois. Du coup, au lieu de dire en rentrant de l'école : "j'ai eu 14 (sourire) ou j'ai eu 6 (triste mine), bonsoir Papa", les enfants arrivent avec autre chose dans la bouche... j'en reparlerai.

L'article ci-dessus, sorti des profondeurs de mon blog, me rappelle 2 expériences différentes, de la lointaine époque où j'étais salarié : une affaire de muscles du cerveau.

Manager 1 : en me montrant les muscles de son cerveau, le manager 1 me montrait la puissance de son microprocesseur internet. Il me démontrait la force de ses arguments, démontait ma construction qui semblait bien terne, en dépit des travaux menés assidument avec mon équipe. Je sortais piteux et découragé de son bureau (relire l'article).

Manager 2 : en stimulant les muscles de mon cerveau, le manager 2 m'incitait à réfléchir, à améliorer mon analyse, à revoir certaines de mes conclusions, tout en encourageant mes propositions. Que faisait-il ? Il m'interrogeait, me posait des questions sur mon projet, plutôt que péremptoire, me donner des réponses. Il s'intéressait à moi et à mon projet, éteignait probablement ses envies de me convaincre qu'il avait de meilleurs idées que moi.

Quel manager voulez-vous être ? Celui qui montre ses muscles du cerveau ou celui qui stimule les muscles du cerveau de ses collaborateurs ? Quel chef voulez-vous conserver : celui qui vous décourage (et peut-être vous pourrit la vie - le mot est volontairement fort) ou celui qui vous aide à grandir ?

La distance est courte et infinie entre celui qui s'intéresse réellement à son interlocuteur, fait preuve de l'empathie qui développe la communication réelle, et celui qui reste centré sur lui-même, sur son propre désir d'exposer "oh combien il est doué".

Relire La Fontaine "le lion et le rat"...
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Fri, 12 Dec 2008 09:21:00 +0100 http://www.laurentderauglaudre.com/article-25715549.html Manager son chef http://www.laurentderauglaudre.com/article-25715549-6.html#anchorComment
<![CDATA[C'set tuot mlégané...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-24997628.html "- is vuos pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios cabaple de cdrpormenre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du  crveeau huamin. Soeln une rcheerche fitae à l'Unievristé de Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele  cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à  la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Éontannt n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuss poevuz le lrie,  fitaes le svirue !!!"


Je connaissais cette bizarerrie du cerveau, qui parvient à jouer à des exercices dont nous ne soupçonnons pas l'existence. Le monde ne se résout décidément pas en quelques équations bien posées...



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Fri, 21 Nov 2008 16:39:00 +0100 http://www.laurentderauglaudre.com/article-24997628.html Sourire http://www.laurentderauglaudre.com/article-24997628-6.html#anchorComment
<![CDATA[Week end en école Steiner, pionniers dans l'éducation...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-24134532.html Nous sommes environ 150, samedi, il est 9h du matin, samedi. L'animatrice fluette sur l'estrade dressée dans cette grange vieille de 300 ans, vient de nous demander de nous lever. Puis, elle chuchote une série d'onomatopées plutôt amusantes que l'assemblée essaie de répéter. Elle recommence l'exercice, modulant le volume, complexifiant l'exercice de 4 phrases incompréhensibles qui deviennent musicales. Elle demande une dizaine de volontaires pour l'accompagnement instrumental. Pris au jeu, je rejoins la petite troupe improvisée et me retrouve avec un petit tambourin en main.

La prof de musique, d'origine anglaise, nous donne les quelques rythmes que nous devons, tambourins, triangles, sorte de cythares et autres percussions, nous approprier pour accompagner les chants. Attentive, elle observe que je rate à chaque fois la fin de la deuxième phrase musicale. Et là elle fait 2 choses remarquables : elle dit (mais tous bas car tout le monde est attentif) "nous allons l'aider", et elle change de modèle. En fait, elle change de gestuelle : pour m'indiquer qu'il faut que j'allonge le rythme en fin de deuxième phrase, elle plie les genoux et fait glisser ses mains sur ses cuisses, signifiant ainsi la durée étendue à respecter. J'intègre immédiatement. Ce paragraphe que je viens d'écrire en 5 minutes correspond à un événement qui a pris 30 secondes.

150 personnes chantent à plusieurs voix, accompagnées de percussionnistes de passage, sourires et harmonie musicale tout simplement...

Introduction à ce que je comprends de la pédagogie Steiner : ce que nous expérimentons, nous l'intégrons.

La veille, un cherheur au CNRS, ancien élève des écoles Steiner, nous décrivait avec émotion l'expérience d'un pneu gonflé à bloc, puis vidé rapidement de son air. Il jalonait son discours de tout ce que ce simple exercice ouvrait comme perspective d'interrogations : la dureté du pneu et sa chaleur, l'effort considérable des bras pour amener la pression à 7 bars, le bruit étrange et perçant lors du dégonflage, le brin de givre qui s'était alors formé sur la valve, la molesse du pneu quand il fut vidé de son air. Toutes ces observations, brandies avec des yeux écarquillés, trouvèrent leur point d'orgue assourdissant dans la seule formule écrite au tableau résumant le phénomène : PV = nRT. Formule magique et synthèse métaphysique de nature à donner en patûre à nos chers enfants : "le monde est résolu dans une série d'équations."

Que dire de la conférence sur le sucre et la farine. Sucre qu'on peut presque indéfinimment dissoudre dans l'eau, alors que la farine résiste et se transforme en colle. Aspect ressemblant, goûts différents, place énorme dans notre vie et peu de considération à nos yeux. Raymond Burlotte, l'orateur nous a passionné 40 minutes... Je n'ai pas résisté à la question qui me brulait la tête : "comment entretenir/réveiller l'étonnement de nos enfants, dans le fracas où ils vivent ?" Douce et simple comme tous les échanges du colloque, la réponse lumineuse et évidente nous a été suggérée... C'est ma propre attitude d'étonnement quotidienne qui peut nourrir celle de mes enfants. Bien sur...

Dans l'atelier "mécanique", le professeur/le pédagogue dit-on ici avec justesse, nous a tenu en haleine 1h30 avec 2 expériences simplissimes : soupeser une pierre et une lourde boite et tenter d'évaluer quel était le plus lourd des fardeaux, observer comment un petit carton puis plusieurs planchettes finissaient par rompre sous l'effet de la pression. Les instruments, les craquements, les déformations, la poussière, la rainure de la pression dissymétrique de l'éclatement du bois sur l'autre face, la forme des fibres, le point de rupture, etc... nombre d'observations simples et étonnantes ! Quant à la pierre et la boite, s'il nous a presque paru évident pour tous que la pierre semblait plus lourde - ce que nous n'avons volontairement pas vérifié sur une balance - nous fûmes bien incapables de dire si elle était 2 fois plus lourde, 1 fois et demi, ou autre... Alors que cet exercice de comparaison est plus accessible pour la hauteur ou longueur - approximativement, je peux dire que cet objet est 2 fois plus grand que celui-là.

Et l'atelier musical où j'ai découvert comment de jeunes enfants peuvent comprendre le rythme. Et l'exposé de français ou l'enseignant nous a raconté l'introduction du conditionnel en 6ème (et pas avant car l'enfant ne perçoit pas, plus jeune, cette notion), conditionnel amené par la composition d'un poême : "si j'étais un oiseau..." Et le témoignage de cette retraitée racontant comment les gamins de la maternelle avait construit des étagères 2 fois plus hautes qu'eux, en inventant tout le processus de construction. Et l'expérience de chauffe d'un bocal d'eau avec échange de chaleur et transfert de liquide avec un récipient voisin, conduite tranquillement, et finissant sur une bordée de 15 questions que soulevait l'expérience.

Que dire des débats, de l'attention de tous, de l'écoute et du respect des témoignages. Que dire de la lithanie de fragilité, présentée par les représentants d'une douzaine d'école en France, face à une administration tatillone qui, n'apportant nulle contribution financière, fait vaciller au dessus des têtes des courageux pionniers qui tentent d'apporter une alternative enthousiasmante à notre école républicaine sclérosée, l'épée de Damoclès du respect des conformités en tout genre.

Ce weekend m'a beaucoup troublé. Comment se fait-il qu'une pédagogie aussi lumineuse, constamment en recherche et en questionnement, ouverte au débat, où le statut de pédagogue ne semble pas donner cette condescendance habituelle envers les parents et envers les enfants, cette pédagogie qui privilégie l'expérience personnelle, comment se fait-il qu'elle reste si confidentielle ? J'ai appuyé dans mes contributions la question de l'argent. Le mot est tabou en France. Pourtant, l'argent est le moteur des projets. Sans argent, les plus belles intitatives sont en danger. Aller chercher de l'argent auprès des institutions est vain (ils l'ont placé dans les banques, et pourquoi financer un système libre et alternatif ?). Quelques puissants détiennent des moyens gigantesques... comment les toucher ? Comment expliquer que l'avenir de la planête, certes ce sont des éoliennes, des voitures sans pétrole, i tutti quanti, mais c'est surtout dans l'investissement urgent qu'il convient d'arbitrer en faveur d'une naissance nouvelle de l'éducation de nos enfants. Que vont-ils faire des verbes "Avoir" et "Paraître" qu'ils conjugent à tous les temps ?

La rencontre avec les écoles Steiner - que fréquentent 2 de nos enfants - ce weekend en autre monde, marquent pour toujours.

Dernière anecdote personnelle : je suis ingénieur en génie électrique. In - génie - eur en génie... 2 fois génie. Quand j'ai installé l'électricité dans le cabanon de mon jardin, j'avais repris mes branchements une demi-douzaine de fois et fait sauter les plombs autant ! Vanité de diplômes dont la trace ne signifie pas grand'chose...

Cet article est dédié à Sandrine dont l'intuition tenace nous a conduit à bousculer le cours de notre histoire...
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Mon, 27 Oct 2008 07:57:00 +0100 http://www.laurentderauglaudre.com/article-24134532.html Et la famille... http://www.laurentderauglaudre.com/article-24134532-6.html#anchorComment
<![CDATA[Me'ci pat'on, merci Plaxo...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-24014405.html Hier catastrophe : en tentant de rationaliser mon carnet d'adresses entre plusieurs sources (iphone, le carnet de mon Mac, Plaxo, MobileMe et Google), j'ai tout perdu. J'avais déconnecté mon iphone pour garder une sauvegarde : précaution insuffisante, je n'ai pas trouvé le moyen d'imposer à mon Mac les adresses de mon iphone, et crac l'iphone vide après plusieurs bricolages roglodriens. Bien entendu, je sais qu'il faut faire une archive avant de faire de genre de manipulation à risques, mais comme on se croit toujours plus malin que les autres, on fait l'acrobate sans filet...

Quand lors de la dernière tentative de synchronisation, j'ai vu tout disparaître, la sueur de l'angoisse a perlé sur mon front enfantin : glops, des centaines de contacts perdus, des années de patientes saisies envolées. Plus rien sur google, plus rien sur plaxo, plus rien sur mon mac, plus rien sur mobileme, plus rien sur l'iphone. Tout le monde synchronisé à "carnet d'adresses vide".

Pourquoi me direz-vous ai-je autant de plate-formes ? C'est l'histoire justement : iphone et le Mac, c'est bien normal. Google, parce que j'ai tenté à l'ancienne époque du PC de synchroniser là mes contacts, et j'utilise gmail. Plaxo car, c'est un outil de synchronisation fort efficace. MobileMe enfin, parce je souhaite découvrir cette nouvelle offre d'Apple, qui a en ligne le "look" du Mac pour les outils tels que agenda, calendrier, et espace de sauvegarde en ligne.

Quand la goutte de transpiration fit descendre l'angoisse le long de ma colonne verticale (et vertébrale), je fermai les yeux, pris une grande respiration, et me dis intérieurement : "il y a forcément une solution à ce grand malheur". Bien sur, je me voyais reprendre dans tous les courriels reçus les adresses de mes interlocuteurs habituels, resaisir les quelques cartes de visite que j'ai gardées, réintégrer mes contacts LinkedIn et autres Viadeo. Fastidieuse entreprise ! Et puis, fort de la conviction que on retrouve tout sur le net, j'ai entrepris des recherches de restauration possible sur toutes les plate-formes sus-nommées.

Le vainqueur est :

En fouillant et refouillant, j'ai souscris à la version premium de Plaxo (une trentaine d'€ l'an, et gratuite les 30 premiers jours), et trouvé une fonction de restauration de mon carnet d'adresses, que j'avais pourtant totalement détruit. J'ai même réussi à tout récupérer avant ma confcall de 18h, évitant la honte des appels multiples et dérivés pour retrouver le numéro de mon correspondant. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, cette confcall pourrait s'avérer positive :-)

Quelles conclusions en tirer ?

1 - ne jamais jouer avec son carnet d'adresses sans sauvegarder une archive préalable !
2 - utiliser les outils du Mac pour qu'une sauvegarde automatique du carnet soit faite chaque jour (Time Machine je crois) !
3 - conserver Plaxo car c'est un moteur de synchronisation très efficace, et manifestement tenu par des pros !
4 - utiliser A to G pour renvoyer en 2 minutes tout son carnet d'adresses sur Google mail, qui refuse de se synchroniser dans les 2 sens - A to G est une astuce pour les utilisateurs de Mac.

Bon, ce n'est pas tout, avec la crise, j'ai quelques centaines de personnes à contacter...
Buena giornata...
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Thu, 23 Oct 2008 09:46:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-24014405.html Manager ses outils http://www.laurentderauglaudre.com/article-24014405-6.html#anchorComment
<![CDATA[Coaching en ligne, foire aux questions...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-3875208.html J'ai lancé le coaching en ligne à l'automne 2006 ! Depuis, j'ai expérimenté le "produit" avec succès. Je publie donc de nouveau cet article  pour rappeler l'existence de ce service original...

Vous pouvez consulter la foire aux questions dans ce document (cliquez sur l'espace jaune ci-après pour le télécharger) :


 coaching en ligne - foire aux questions.

 

Vous y trouverez les thèmes suivants :
- Le coaching en ligne, c'est quoi ?
- Pourquoi cette offre de coaching en ligne ?
- Cette offre s'adresse-t-elle à moi ?
- Quelle est la méthode de coaching utilisée ?
- Combien de temps dure une séance de coaching ? Peut-on prévoir plusieurs séances ?
- Puis-je acheter des séances de coaching moi-même sans faire appel à mon employeur ?
- Peut-on faire une séance de coaching à « n’importe quelle heure » ?
- Peut-on se rencontrer ?
- Quelles sont les garanties de résultat ?
- A propos de confidentialité…
- Puis-je demander leur avis à d'autres clients ?
- Témoignages
- Si je ne suis pas content, puis-je être remboursé ?
- Quel est le statut d'Innovation Consultants ?
- Est-ce légal ?
- Combien ça coûte ?
- Pourquoi le « coaching en ligne » est-il moins cher que le coaching sur le site de l’entreprise ?
- Qui paye la communication téléphonique ?
- Comment ça marche pour le paiement ? Est-ce que je vais recevoir une facture ?
- Je veux donner mon avis sur cette offre, faire une remarque, poser une question…

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Mon, 20 Oct 2008 11:50:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-3875208.html Coaching en ligne http://www.laurentderauglaudre.com/article-3875208-6.html#anchorComment
<![CDATA[Investir maintenant...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-23555799.html En ces temps de crise, il est de bon ton de tomber dans le catastrophisme. Les peurs nourrissent les peurs. Pourtant, dans les pires des situations, la vie continue, des projets se réalisent, des entreprises et des hommes et femmes travaillent, des concurrences s'exacerbent. Or, si peu à peu les produits se valent, des différences s'opèrent dans la capacité des êtres humains à affronter les épreuves, à rester créatifs, à continuer de négocier et à chercher des solutions, à accueillir avec le sourire.

Investir dans le développement personnel de ses collaborateurs devient donc une priorité. Je sais, à l'heure où je vous écris, alors que toutes les bourses font régner la terreur de la récession, dans toutes les entreprises, les directeurs financiers doivent lancer une vaste "chasse au gaspi". Et la première ligne analysée et cisaillée sera "formation et conseil". Ce choix s'impose d'évidence, puisque très facile. Profiter de la crise pour décider d'arréter ces projets que l'on continue sous prétexte que "tu as vu tout ce qu'on a déjà investi ! On ne peut plus arréter maintenant !", creusant ainsi un déficit annoncé, trancher dans ce vif là, est certes plus difficile.

Gageons que certains managers éclairés profiteront des temps difficiles pour investir sur leur meilleure matière : leurs équipes. C'est l'heure de travailler la performance. Pour cela, la formation à l'optimisation du temps reste un must.


Noyés dans la tourmente du quotidien, stressés par la crise qui ne quitte ni les ondes ni les journaux, pressés de terminer mille et unes actions à faible rendement, nos équipes ont besoin de ce recul qui  donne la valeur au "comment je m'y prends, comment s'y prend-on ensemble ?". Investir dans la performance individuelle et collective, investir maintenant, n'est-ce pas créer ce petit différentiel par rapport à nos concurrents, pressés comme nous de toutes parts, ce petit différentiel qui va booster notre position relative sur le marché...
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Thu, 09 Oct 2008 08:40:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-23555799.html Manager son temps http://www.laurentderauglaudre.com/article-23555799-6.html#anchorComment
<![CDATA[Le projet va dans le mur... apprendre à dire un non positif]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-12343.html

Anecdote recueillie auprès d'un ami, cadre expérimenté en entreprise. Ce sont ses mots, suivi d'un commentaire...

 


 

"Mon boss : ah, je suis content d'avoir à mes cotés une personne d'expérience pouvant organiser, planifier, prévoir, intervenir, synthétiser, suggérer des actions...

Le lendemain : Justine (identité modifiée), y a un truc super urgent à faire... (c'est parce qu'il vient d'avoir un coup de fil d'un client !),  tu comprends il faut savoir s'adapter au marché, on est une petite équipe, faut être réactif, c'est bien ce que tu dis, mais il faut être concret, il faut que tu blablabla...
 
Résultat : depuis 6 mois, le périmètre du produit a changé 10 fois, la spec que j'ai tenté d'écrire au départ est inutile (le flyer que fait le boss est suffisant, surtout qu'il peut le changer quand il veut...), le prototype devient un gros truc lourd qui marche à moitié, qui a 1 an de retard, pas testé (ça prend trop de temps d'écrire le plan de test), vendu 10 fois. On va dans le mur et je suis le porteur de ce projet stratégique...
 
En résumé, quand j'essaie de prévoir et d'organiser, je suis montré comme un charlot et un technocrate. Quand je suis dans le b... ambiant, je suis peut être un peu accepté par mon chef et ses moutons, mais je pête un plomb à la fin de la journée."

 


 

Je m'interroge...

Ce cadre est expérimenté, probablement doté d'une solide conscience professionnelle. Il identifie "qu'on va dans le mur". Pourquoi ne dit-il pas NON à son boss ? Peur d'être saqué à l'évaluation de fin d'année ? Peur de perdre le client ? Peur de perdre son job ? Peur d'être mis à l'écart ? Peur d'avoir tort dans son analyse ?

Il n'est pas (encore) dans notre culture de management de dire : "non, boss, je ne suis pas d'accord avec ta demande qui est incompatible avec les objectifs que nous avons définis ensemble". Et le lendemain : "voilà les options que je te propose. Merci de m'aider à clarifier les priorités si je fais fausse route".

Le boss est boss donc il a raison. Ainsi, les projets arrivent avec un an de retard, coûtent 2 fois plus cher, les avenants ne sont pas facturés, les clients ne sont pas contents. Et qui est responsable de ce désastre à votre avis ?

Pourquoi les managers n'utilisent-t-il pas mieux l'intelligence de leurs équipes ? Est-ce par manque de savoir-faire, de méthode et/ou par manque de confiance en soi (phénomènes interdépendants) ? Pourquoi les équipiers n'osent-ils pas affirmer leur doute de manière argumentée et structurée ? Faut-il attacher son nom à un projet qui va dans le mur ?

Et si on apprenait un peu plus à dire un "non positif"... Après tout qu'est-ce qu'on risque ? 

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Wed, 08 Oct 2008 00:00:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-12343.html Manager son chef http://www.laurentderauglaudre.com/article-12343-6.html#anchorComment
<![CDATA[Steve Jobs : stay hungry, stay foolish...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-23322334.html --- merci à Christian Apotheloz de m'avoir envoyé ce message ---

Le 12 juin 2005, Steve Jobs (PDG-fondateur d’Apple et de Pixar) fait aux diplômés de Stanford l’extraordinaire discours suivant. Pour ceux qui ne le connaissent pas (ce qui était mon cas jusqu’à ce matin), j’en recommande chaudement  la lecture, et la diffusion : c’est une remarquable leçon de vie.
On l’a déjà diffusé sur Internet ? Bien sûr, c’est là que le correspondant qui me l’a fait découvrir l’avait lui-même trouvé. Je lui en suis très reconnaissant et donc je fais pareil : je rediffuse.
Vous trouverez  ci-dessous la traduction en français.

Steve Jobs's Stanford speech (June 2005)


Traduction en français
«C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.

« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire “
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.Whole Earth Catalog
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog, l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.»
(Traduction Anne Damour)

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Thu, 02 Oct 2008 08:00:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-23322334.html Manager son destin http://www.laurentderauglaudre.com/article-23322334-6.html#anchorComment
<![CDATA[Trop facile ou grande compétence...]]> http://www.laurentderauglaudre.com/article-23321660.html Plus j’avance dans mon métier, et plus j’en suis convaincu : quand on me dit “c’est facile”, je suis enclin à renvoyer à mon interlocuteur... “n’est-ce pas l’indicateur d’une de tes très grandes compétences ?”

Je m’interroge tout le temps sur mes propres compétences. On connaît l’anecdote : un consultant, c’est quelqu’un à qui on demande l’heure, il attrape votre poignet, vous annonce la réponse (en l’enrobant pour justifier ses gras honoraires), et en plus il vous pique votre montre. Au delà du clin d’oeil, qui n’est pas sans fondements - on apprend en permanence chez les clients, ce qui donne toujours plus de valeurs à nos interventions - l’écoute active représente une véritable compétence. A titre personnel, je ne vois pas la difficulté : il “suffit” de s’habituer à poser des questions, rester attentif aux réponses, s’éloigner de ses convictions internes pour comprendre ce que l’interlocuteur dit ou ne dit pas, mais signifie ! “Seek first to understand, then to be understood” écrit Stephen Covey. Facile quoi... pourquoi tout le monde ne fait-il pas cela ?

Je me souviens un dirigeant s’énerver au sujet de son équipe commerciale : “ce n’est pourtant pas difficile, dans la démarche commerciale, il suffit de faire cela, puis ça, puis ça, ensuite ça, et enfin ça”. Je l’arrêtai et lui fis remarquer : “top, regarde. En l’espace de 10 secondes, et sans t’en rendre compte, tu viens de me donner une méthode en 5 points.  Ces 5 points précisément, et l’ordre que tu enchaînes pour les réaliser et rendre tes négociations efficaces, cette méthode que ton expérience t’a apprise jusqu’à ce que cela devienne intuitif et inconscient, ce “comment faire” est probablement une très grande compétence. N’est-ce pas justement de ce “comment” dont a besoin ton équipe ? Et suffira-t-il de leur donner les 5 étapes ? Quelle est le meilleur moyen pour qu’ils s’approprient ce savoir faire ? Comment les impliquer pour qu’ils comprennent l’intérêt et l’ordre subtile des 5 étapes clés ? Comment leur donner envie d’améliorer la méthode ?"

Depuis que je teste ce concept “trop facile ne cache-t-il pas grande compétence ?”, j’accumule les réactions positives. Réveiller le criquet Gimini... à chaque fois que vous ne comprenez pas pourquoi les autres ne parviennent pas à faire quelque chose qui vous parait évident, portez la suspicion sur vos compétences... Peut-être touchez-vous au coeur de votre savoir-faire...


 
 Epilogue en contre-pied... A propos de compétences, aujourd'hui j'ai perdu une illusion. Je me croyais la puissance du mutant, le retour sur terre est terrible.
Nous avons récemment déménagé (désormais dans un village au nord d'Avignon). Or, j'admirais mon intuition irréprochable qui me faisait choisir systématiquement la bonne clé pour chacune des 3 serrures de la porte d'entrée. Quel talent ! A chaque fois, la bonne clé, trop fort !

Las, j'ai découvert tout à l'heure que les 3 serrures sont les mêmes et que les 3 clés du trousseau itou. L'intuition géniale n'était que cruel manque d'observation. Tant pis pour ma carrière de cambrioleur.
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Wed, 01 Oct 2008 18:39:00 +0200 http://www.laurentderauglaudre.com/article-23321660.html Manager son destin http://www.laurentderauglaudre.com/article-23321660-6.html#anchorComment