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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 08:25

Jeudi 3 mai, Sandrine a acheté le film de Luc Besson "the Lady" sorti il y a quelques mois. Peu informés sur la Birmanie et la profondeur de souffrance de ce peuple, nous avons partagé nos larmes au combat pacifique de Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi

Cette femme remarquable et son mari nous donnent une leçon d'amour et de persévérance. Comment douter de l'impact de nos coups de bêche quotidiens dans notre travail, dans l'éducation de nos enfants, dans la tenue de notre maison, dans nos travaux de réconciliation intérieurs, quand on assiste à un tel spectacle d'amour et de persévérance ? Comment douter que lorsque la cause est juste, l'amour et la persévérance viennent à bout de toutes ces barrrières, ces chaines, ces boulets, ces injustices, ces épreuves. S'inspirer de grandes âmes...

 

Luc Besson nous présente avec talent le destin exceptionnelle de cette Dame. Regardez ce film, inspirez vous en.

 

Après la projection, nous sommes allés lire ce que relate "internet" sur Aung San Suu Kyi. La veille de notre émotion à sa rencontre, le 2 mai, elle a prété serment sur la Constitution de Birmanie, après son élection au parlement. Clin d'oeil des conjonctions de temps...

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Published by Laurent de Rauglaudre - dans Manager son destin
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:19

La puissance est un état éphémère de la condition humaine. En situation de puissance, est-ce par manque de discernement, d'empathie, de temps (!), d'amour, excès d'ego ou de mépris que nous renvoyons paitre consciemment ou le plus souvent inconsciemment ceux qui nous paraissent si petits ?

 

Récemment et de temps en temps - cela vous arrive-t-il parfois - je ressens certains puissants à qui je m'adresse, distiller ce mépris lointain de celui qui n'a pas besoin de moi. Artisan depuis 10 ans, je continue de croire en mon utilité. Les preuves d'un talent existent. Chacun d'entre nous a une panoplie de talents. Accepter le mépris, sans en tirer conséquence sur sa propre valeur, demeure un défi intérieur à transcender. Cet exercice intime peut trouver soutien dans des sagesses exprimées dans l'histoire. Un puissant oublie souvent que son statut est passager, que le temps vient où tout cela pourra changer. Dois-je lister l'abondance de déconfitures de grands leaders conjuguant avec maestria condescendance, complexe de supériorité, domination voire agressivité.

 

Quand nos histoires croisent ces situations blessantes, relisons la Fontaine...en pensant que nous jouons peut-être l'un ou l'autre des rôles si subtilement peints par le poête.

 

Le Lion et le Rat

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :Jean de La Fontaine
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.

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Published by Laurent de Rauglaudre - dans Coups de gueule
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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:50

Dimanche matin, 11h. Pas habillé, seul à la maison, au travail pour ajuster les préparatifs du séminaire d'une semaine que je co-anime avec Jean-Philippe. Nous devons partir vers 16h, 4 heures de route pour rejoindre le site de la prochaine semaine de travail. Il me reste à affiner mes interventions, préparer mes bagages, faire ma toilette, ranger mon bureau, déjeuner, et mille petites choses avant de partir une semaine.

Jean-Philippe et Laurent à Geoffroy-GuichardLe téléphone sonne, Jean-Philippe, passionné de foot : "il y a un match Saint-Etienne/Valenciennes à 17h au stade Geoffroy-Guichard, on y va ?" Cela signifie partir à 13h... La raison répondrait "impossible". L'envie de découvrir le fameux "chaudron", que je ne connais pas, répond "ok".

Le plan d'occupations à 5h se réduit à 2h, et la semaine de séminaire se passera très bien. Comment cela est-il possible ? Quelque soit la tache à accomplir, elle prend le temps qu'on lui alloue. Réduire le temps pour une même tache conduit à favoriser l'intensité à l'exhaustivité, l'essentiel au détail, le prioritaire à l'accessoire.

J'entends aller bon train les commentaires : "la colle a besoin de temps pour sécher", "tu n'es pas mère de famille", "je dois délivrer une qualité irréprochable", "les autres perturbent toujours mes plans", etc...

L'optimisation vient aussi de la mise en parrallèle, de la conception circulaire du temps et non linéaire et séquentielle : boire son café en se rasant, tout en pensant à son destin... L'optimisation est fille de clarification et force des objectifs. Comment expliquer sinon, qu'au début des années 60, Kennedy lance le défi d'aller sur la Lune avant des années 70, dans l'état de la technologie et de l'informatique de cette époque. Geoffroy-Guichard comme la Lune, voici les objectifs à construire dans nos équipes...

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 11:36

Depuis 2 ans, je n'ai plus rien écrit sur mon blog. Quelles sont les hypothèses* ?

 

1 - je suis mort...

2 - je n'aime plus écrire...

3 - j'ai abandonné mes lecteurs à leur triste sort...

4 - j'ai refait ma vie...

 

* cochez la bonne réponse


Je suis touché du nombre de commentaires reçus sur mon dernier message "un cordonnier qui se chausse", ainsi que des nombreux courriels que j'ai reçus depuis fin 2008, me demandant de continuer mon blog. Fidèle à mes idées, je me suis consacré à de nouvelles priorités. J'ai changé d'orientation professionnelle... Pourquoi ? Les raisons ont été structurelles et circonstancielles...

 

Raisons structurelles, le gros mot : après 6 ans de création d'entreprise en presque solo, j'ai fini par "m'appauvrir" intérieurement, et donc perdre un peu de flamme. La faute à qui ? A moi, of course. Je n'ai pas fait suffisamment ce que tout compétiteur et tout chef d'entreprise doit faire : se nourrir régulièrement... J'ai distribué davantage de victuailles contenues dans mon frigidaire, que je ne l'ai rempli. Ma structure s'est affaiblie...

 

Raisons circonstancielles, l'opportunité : à l'automne 2008, mes fidèles clients m'ont dit "Laurent, tes interventions sont sympas et utiles, mais c'est la crise. Notre ministre des finances (Directeur Financier) nous demande d'arrêter les prestations externes." Mes arguments du type "mais c'est en période de crise qu'on a besoin de recul, de clarification des priorités, etc..." ont fait flop. Le ministre des finances a du pouvoir... Mon activité de conseil - en même temps que mon frigidaire - voyait son stock baisser. J'avais bien un autre business plan en démarrage, mais je manquais de ressort. Comme par hasard (depuis 2 ans, j'ai un autre regard sur le hasard), j'ai rencontré quelqu'un qui m'a montré une autre piste... devenue passionnante et en plein développement.

 

Je suis toujours indépendant. Je travaille dans un autre domaine. Je découvre une "industrie" inconnue jusqu'alors, venue des Etats-Unis, et qui s'appelle le "marketing de réseau". Je ne peux en dire plus, car la charte que j'ai signée m'interdit de faire de la publicité, et c'est très bien comme ça.

 

La réponse au QCM ci-dessus, vous l'avez à présent. J'aime toujours écrire. Je laisse mon blog ouvert car il me semble qu'il apporte sa petite pierre au gigantesque édifice humain. Peut-être reviendrai-je y faire des coucous de temps en temps, puisqu'en changeant de dizaine (aïe, aïe), j'entre dans l'âge de la restitution de ce que l'univers, dans sa grande générosité, m'a apporté.

 

Merci à tous mes lecteurs de la confiance accordée toutes ces années.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:34

Dans une journée de formation à laquelle j'ai récemment participé - pas en animateur, une fois n'est pas coutume - j'ai pu constater à quel point j'étais un fameux cordonnier ! Aaaaaah, chausser les autres, quel bonheur... Qu'il est clair de voir dans le jeu pour celui qui est en dehors de la table. Faites l'exercice : regardez une bande de copains jouer à la belote en tournant autour d'eux. L'évidence de ce qu'il faut faire jaillira ! C'est pour cela que le travail de "miroir extérieur" est accessible. Le coach attentif voit des quantités de signes (des atouts, des couleurs, des opportunités, des nuages, etc...), se trouve donc en position privilégiée pour inciter à visualiser d'autres options.

Visualiser, le mot est lâché !

La séance de formation de l'autre jour m'a fait baisser les yeux pour regarder mes godasses. Passant le plus clair de mon temps à accompagner clients et amis à visualiser leurs objectifs, à préparer leurs plans, à analyser les options, je me suis rendu compte que mes souliers étaient un peu crottés, voire troués. Alors j'ai joué le jeu. L'animateur était fort habile, il nous a proposé de débattre 10 critères concernant les objectifs. C'est un jeu que je joue régulièrement comme animateur, j'ai pourtant découvert de nouveaux champs d'investigation dans cette liste - en particulier les points 5 (prise de partie manifeste), et 7 (qui pèse très lourd). Je vous les livre :

UN OBJECTIF...

1) est exprimé de manière affirmative, positive et au présent
2) doit être sous mon contrôle
3) est atteignable et mesurable
4) est précis et contextualisé
5) est éthique et écologique
6) doit avoir du sens
7) il faut identifier le prix à payer
8) doit être cohérent avec la direction que je veux prendre
9) remplace-t-il le problème ?
10) est constitué de phrases courtes, simples, complètes, positives et au présent

Je reviens sur le numéro 7). Les objectifs restent souvent des intentions. On ne les met pas en oeuvre pour de multiples bonnes et moins bonnes raisons. Le point 7) me parait crucial : le prix à payer en matière de travail, prise de risques et contraintes manque à l'analyse et à l'engagement. Si on est prêt à faire l'exercice sur les objectifs, on oublie qu'il y a un prix à payer pour les atteindre. On va donc rester dans l'insatisfaction, pourtant l'effort de visualisation a été fait, l'effort de transcription à l'écrit aussi.

Quant au numéro 5), c'est en effet une prise manifeste de partie. Définir des objectifs ne veut pas forcément dire qu'ils sont de nobles causes. Un objectif atteint correspond parfois à 2 tours jumelles à terre. C'est en cela que le numéro 5) pose le débat vers la responsabilité et la conviction, sujet que mon frère Nicolas et moi avons un jour traité en conférence...

Je suis en train de me chausser donc. Par 2 fois déjà, 2 grandes matinées, nous avons à la maison travaillé nos objectifs à 4 ans. L'exercice n'est pas fini. Il a déjà permis de clarifier l'essentiel, de nettoyer de l'accessoire, de mettre sur la table les vrais débats, de développer une motivation nouvelle. Reste le fameux article 7). On est en train de le digérer pour se l'approprier... car nos objectifs sont ambitieux - raisonnablement ambitieux j'aime à dire.

Clin d'oeil à cette expression "
raisonnablement ambitieux" : si mon objectif est de mettre une piquette au tennis à Nadal en 2009, je pense que c'est par trop ambitieux. Si mon objectif est d'atteindre un classement 30/1, c'est jouable mais pas gagné - l'application du critère 7) est nécessaire pour y parvenir...

Je retourne à mes propres souliers... le chantier est immense et passionnant.
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Article dédié à Jean-Max, Jean-Philippe et encore une fois... à Sandrine

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 09:21
Ce matin, je reçois les commentaires d'une jeune fille de 12 ans à cet article :

Que je suis bête, qu'il est intelligent, que je suis démotivé

J'ai répondu comme je peux aux préoccupations de cette jeune fille. Je reste consterné des dégats que peuvent faire la dictature des notes à l'école... Clin d'oeil à l'expérience Steiner : il n'y a des notes qu'à partir de la classe de 4ème, je crois. Du coup, au lieu de dire en rentrant de l'école : "j'ai eu 14 (sourire) ou j'ai eu 6 (triste mine), bonsoir Papa", les enfants arrivent avec autre chose dans la bouche... j'en reparlerai.

L'article ci-dessus, sorti des profondeurs de mon blog, me rappelle 2 expériences différentes, de la lointaine époque où j'étais salarié : une affaire de muscles du cerveau.

Manager 1 : en me montrant les muscles de son cerveau, le manager 1 me montrait la puissance de son microprocesseur internet. Il me démontrait la force de ses arguments, démontait ma construction qui semblait bien terne, en dépit des travaux menés assidument avec mon équipe. Je sortais piteux et découragé de son bureau (relire l'article).

Manager 2 : en stimulant les muscles de mon cerveau, le manager 2 m'incitait à réfléchir, à améliorer mon analyse, à revoir certaines de mes conclusions, tout en encourageant mes propositions. Que faisait-il ? Il m'interrogeait, me posait des questions sur mon projet, plutôt que péremptoire, me donner des réponses. Il s'intéressait à moi et à mon projet, éteignait probablement ses envies de me convaincre qu'il avait de meilleurs idées que moi.

Quel manager voulez-vous être ? Celui qui montre ses muscles du cerveau ou celui qui stimule les muscles du cerveau de ses collaborateurs ? Quel chef voulez-vous conserver : celui qui vous décourage (et peut-être vous pourrit la vie - le mot est volontairement fort) ou celui qui vous aide à grandir ?

La distance est courte et infinie entre celui qui s'intéresse réellement à son interlocuteur, fait preuve de l'empathie qui développe la communication réelle, et celui qui reste centré sur lui-même, sur son propre désir d'exposer "oh combien il est doué".

Relire La Fontaine "le lion et le rat"...
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Published by Laurent de Rauglaudre - dans Manager son chef
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:39

"- is vuos pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios cabaple de cdrpormenre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du  crveeau huamin. Soeln une rcheerche fitae à l'Unievristé de Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele  cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à  la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Éontannt n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuss poevuz le lrie,  fitaes le svirue !!!"


Je connaissais cette bizarerrie du cerveau, qui parvient à jouer à des exercices dont nous ne soupçonnons pas l'existence. Le monde ne se résout décidément pas en quelques équations bien posées...



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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 07:57

Nous sommes environ 150, samedi, il est 9h du matin, samedi. L'animatrice fluette sur l'estrade dressée dans cette grange vieille de 300 ans, vient de nous demander de nous lever. Puis, elle chuchote une série d'onomatopées plutôt amusantes que l'assemblée essaie de répéter. Elle recommence l'exercice, modulant le volume, complexifiant l'exercice de 4 phrases incompréhensibles qui deviennent musicales. Elle demande une dizaine de volontaires pour l'accompagnement instrumental. Pris au jeu, je rejoins la petite troupe improvisée et me retrouve avec un petit tambourin en main.

La prof de musique, d'origine anglaise, nous donne les quelques rythmes que nous devons, tambourins, triangles, sorte de cythares et autres percussions, nous approprier pour accompagner les chants. Attentive, elle observe que je rate à chaque fois la fin de la deuxième phrase musicale. Et là elle fait 2 choses remarquables : elle dit (mais tout bas car tout le monde est attentif) "nous allons l'aider", et elle change de modèle. En fait, elle change de gestuelle : pour m'indiquer qu'il faut que j'allonge le rythme en fin de deuxième phrase, elle plie les genoux et fait glisser ses mains sur ses cuisses, signifiant ainsi la durée étendue à respecter. J'intègre immédiatement. Ce paragraphe que je viens d'écrire en 5 minutes correspond à un événement qui a pris 30 secondes.

150 personnes chantent à plusieurs voix, accompagnées de percussionnistes de passage, sourires et harmonie musicale tout simplement...

Introduction à ce que je comprends de la pédagogie Steiner : ce que nous expérimentons, nous l'intégrons.

La veille, un cherheur au CNRS, ancien élève des écoles Steiner, nous décrivait avec émotion l'expérience d'un pneu gonflé à bloc, puis vidé rapidement de son air. Il jalonait son discours de tout ce que ce simple exercice ouvrait comme perspective d'interrogations : la dureté du pneu et sa chaleur, l'effort considérable des bras pour amener la pression à 7 bars, le bruit étrange et perçant lors du dégonflage, le brin de givre qui s'était alors formé sur la valve, la molesse du pneu quand il fut vidé de son air. Toutes ces observations, brandies avec des yeux écarquillés, trouvèrent leur point d'orgue assourdissant dans la seule formule écrite au tableau résumant le phénomène : PV = nRT. Formule magique et synthèse métaphysique de nature à donner en patûre à nos chers enfants : "le monde est résolu dans une série d'équations."

Que dire de la conférence sur le sucre et la farine. Sucre qu'on peut presque indéfinimment dissoudre dans l'eau, alors que la farine résiste et se transforme en colle. Aspect ressemblant, goûts différents, place énorme dans notre vie et peu de considération à nos yeux. Raymond Burlotte, l'orateur nous a passionné 40 minutes... Je n'ai pas résisté à la question qui me brulait la tête : "comment entretenir/réveiller l'étonnement de nos enfants, dans le fracas où ils vivent ?" Douce et simple comme tous les échanges du colloque, la réponse lumineuse et évidente nous a été suggérée... C'est ma propre attitude d'étonnement quotidienne qui peut nourrir celle de mes enfants. Bien sur...

Dans l'atelier "mécanique", le professeur/le pédagogue dit-on ici avec justesse, nous a tenu en haleine 1h30 avec 2 expériences simplissimes : soupeser une pierre et une lourde boite et tenter d'évaluer quel était le plus lourd des fardeaux, observer comment un petit carton puis plusieurs planchettes finissaient par rompre sous l'effet de la pression. Les instruments, les craquements, les déformations, la poussière, la rainure de la pression dissymétrique de l'éclatement du bois sur l'autre face, la forme des fibres, le point de rupture, etc... nombre d'observations simples et étonnantes ! Quant à la pierre et la boite, s'il nous a presque paru évident pour tous que la pierre semblait plus lourde - ce que nous n'avons volontairement pas vérifié sur une balance - nous fûmes bien incapables de dire si elle était 2 fois plus lourde, 1 fois et demi, ou autre... Alors que cet exercice de comparaison est plus accessible pour la hauteur ou longueur - approximativement, je peux dire que cet objet est 2 fois plus grand que celui-là.

Et l'atelier musical où j'ai découvert comment de jeunes enfants peuvent comprendre le rythme. Et l'exposé de français ou l'enseignant nous a raconté l'introduction du conditionnel en 6ème (et pas avant car l'enfant ne perçoit pas, plus jeune, cette notion), conditionnel amené par la composition d'un poême : "si j'étais un oiseau..." Et le témoignage de cette retraitée racontant comment les gamins de la maternelle avait construit des étagères 2 fois plus hautes qu'eux, en inventant tout le processus de construction. Et l'expérience de chauffe d'un bocal d'eau avec échange de chaleur et transfert de liquide avec un récipient voisin, conduite tranquillement, et finissant sur une bordée de 15 questions que soulevait l'expérience.

Que dire des débats, de l'attention de tous, de l'écoute et du respect des témoignages. Que dire de la lithanie de fragilité, présentée par les représentants d'une douzaine d'école en France, face à une administration tatillone qui, n'apportant nulle contribution financière, fait vaciller au dessus des têtes des courageux pionniers qui tentent d'apporter une alternative enthousiasmante à notre école républicaine sclérosée, l'épée de Damoclès du respect des conformités en tout genre.

Ce weekend m'a beaucoup troublé. Comment se fait-il qu'une pédagogie aussi lumineuse, constamment en recherche et en questionnement, ouverte au débat, où le statut de pédagogue ne semble pas donner cette condescendance habituelle envers les parents et envers les enfants, cette pédagogie qui privilégie l'expérience personnelle, comment se fait-il qu'elle reste si confidentielle ? J'ai appuyé dans mes contributions la question de l'argent. Le mot est tabou en France. Pourtant, l'argent es
t le moteur des projets. Sans argent, les plus belles intitatives sont en danger. Aller chercher de l'argent auprès des institutions est vain (ils l'ont placé dans les banques, et pourquoi financer un système libre et alternatif ?). Ecole SteinerQuelques puissants détiennent des moyens gigantesques... comment les toucher ? Comment expliquer que l'avenir de la planête, certes ce sont des éoliennes, des voitures sans pétrole, i tutti quanti, mais c'est surtout dans l'investissement urgent qu'il convient d'arbitrer en faveur d'une naissance nouvelle de l'éducation de nos enfants. Que vont-ils faire des verbes "Avoir" et "Paraître" qu'ils conjugent à tous les temps ?
 
 La rencontre avec les écoles Steiner - que fréquentent 3 de nos enfants - ce weekend en autre monde, marque pour toujours.

Dernière anecdote personnelle : je suis ingénieur en génie électrique. In - génie - eur en génie... 2 fois génie. Quand j'ai installé l'électricité dans le cabanon de mon jardin, j'avais repris mes branchements une demi-douzaine de fois et fait sauter les plombs autant ! Vanité de diplômes dont la trace ne signifie pas grand'chose...


Cet article est dédié à Sandrine dont l'intuition tenace nous a conduit à bousculer le cours de notre histoire...

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 09:46
Hier catastrophe : en tentant de rationaliser mon carnet d'adresses entre plusieurs sources (iphone, le carnet de mon Mac, Plaxo, MobileMe et Google), j'ai tout perdu. J'avais déconnecté mon iphone pour garder une sauvegarde : précaution insuffisante, je n'ai pas trouvé le moyen d'imposer à mon Mac les adresses de mon iphone, et crac l'iphone vide après plusieurs bricolages roglodriens. Bien entendu, je sais qu'il faut faire une archive avant de faire de genre de manipulation à risques, mais comme on se croit toujours plus malin que les autres, on fait l'acrobate sans filet...

Quand lors de la dernière tentative de synchronisation, j'ai vu tout disparaître, la sueur de l'angoisse a perlé sur mon front enfantin : glops, des centaines de contacts perdus, des années de patientes saisies envolées. Plus rien sur google, plus rien sur plaxo, plus rien sur mon mac, plus rien sur mobileme, plus rien sur l'iphone. Tout le monde synchronisé à "carnet d'adresses vide".

Pourquoi me direz-vous ai-je autant de plate-formes ? C'est l'histoire justement : iphone et le Mac, c'est bien normal. Google, parce que j'ai tenté à l'ancienne époque du PC de synchroniser là mes contacts, et j'utilise gmail. Plaxo car, c'est un outil de synchronisation fort efficace. MobileMe enfin, parce je souhaite découvrir cette nouvelle offre d'Apple, qui a en ligne le "look" du Mac pour les outils tels que agenda, calendrier, et espace de sauvegarde en ligne.

Quand la goutte de transpiration fit descendre l'angoisse le long de ma colonne verticale (et vertébrale), je fermai les yeux, pris une grande respiration, et me dis intérieurement : "il y a forcément une solution à ce grand malheur". Bien sur, je me voyais reprendre dans tous les courriels reçus les adresses de mes interlocuteurs habituels, resaisir les quelques cartes de visite que j'ai gardées, réintégrer mes contacts LinkedIn et autres Viadeo. Fastidieuse entreprise ! Et puis, fort de la conviction que on retrouve tout sur le net, j'ai entrepris des recherches de restauration possible sur toutes les plate-formes sus-nommées.

Le vainqueur est :

En fouillant et refouillant, j'ai souscris à la version premium de Plaxo (une trentaine d'€ l'an, et gratuite les 30 premiers jours), et trouvé une fonction de restauration de mon carnet d'adresses, que j'avais pourtant totalement détruit. J'ai même réussi à tout récupérer avant ma confcall de 18h, évitant la honte des appels multiples et dérivés pour retrouver le numéro de mon correspondant. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, cette confcall pourrait s'avérer positive :-)

Quelles conclusions en tirer ?

1 - ne jamais jouer avec son carnet d'adresses sans sauvegarder une archive préalable !
2 - utiliser les outils du Mac pour qu'une sauvegarde automatique du carnet soit faite chaque jour (Time Machine je crois) !
3 - conserver Plaxo car c'est un moteur de synchronisation très efficace, et manifestement tenu par des pros !
4 - utiliser A to G pour renvoyer en 2 minutes tout son carnet d'adresses sur Google mail, qui refuse de se synchroniser dans les 2 sens - A to G est une astuce pour les utilisateurs de Mac.

Bon, ce n'est pas tout, avec la crise, j'ai quelques centaines de personnes à contacter...
Buena giornata...
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 08:40
En ces temps de crise, il est de bon ton de tomber dans le catastrophisme. Les peurs nourrissent les peurs. Pourtant, dans les pires des situations, la vie continue, des projets se réalisent, des entreprises et des hommes et femmes travaillent, des concurrences s'exacerbent. Or, si peu à peu les produits se valent, des différences s'opèrent dans la capacité des êtres humains à affronter les épreuves, à rester créatifs, à continuer de négocier et à chercher des solutions, à accueillir avec le sourire.

Investir dans le développement personnel de ses collaborateurs devient donc une priorité. Je sais, à l'heure où je vous écris, alors que toutes les bourses font régner la terreur de la récession, dans toutes les entreprises, les directeurs financiers doivent lancer une vaste "chasse au gaspi". Et la première ligne analysée et cisaillée sera "formation et conseil". Ce choix s'impose d'évidence, puisque très facile. Profiter de la crise pour décider d'arréter ces projets que l'on continue sous prétexte que "tu as vu tout ce qu'on a déjà investi ! On ne peut plus arréter maintenant !", creusant ainsi un déficit annoncé, trancher dans ce vif là, est certes plus difficile.

Gageons que certains managers éclairés profiteront des temps difficiles pour investir sur leur meilleure matière : leurs équipes. C'est l'heure de travailler la performance. Pour cela, la formation à l'optimisation du temps reste un must.


Noyés dans la tourmente du quotidien, stressés par la crise qui ne quitte ni les ondes ni les journaux, pressés de terminer mille et unes actions à faible rendement, nos équipes ont besoin de ce recul qui  donne la valeur au "comment je m'y prends, comment s'y prend-on ensemble ?". Investir dans la performance individuelle et collective, investir maintenant, n'est-ce pas créer ce petit différentiel par rapport à nos concurrents, pressés comme nous de toutes parts, ce petit différentiel qui va booster notre position relative sur le marché...
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Depuis 2004, je partage des expériences, anecdotes, outils de management : optimiser son temps, manager son équipe, manager son chef, diriger un projet, travailler en intelligence collective. Je propose une démarche inspirée de la vie professionnelle et de la vie au sens large. J'espère que vous y trouvez de l'inspiration pour devenir le manager que vous rêvez d'avoir. Bonnes lectures...

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