Conseil en management

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Laurent
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Quelques bons bouquins...

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Samedi 5 janvier 2008
Après  de longues  recherches en mathématiques, je suis heureux de publier en exclusivité mondiale le nouveau et révolutionaire "théorème de Savinien" :

3 + 3 = 5

Démonstration (limpide) :

  • Nombre d'enfants de Sandrine ==> 3
  • Nombre d'enfants de Laurent ===> 3
  • _____________________________
  • Total des enfants de la famille ==> 5
CQFD

undefinedSavinien a pointé le bout de son nez le 26 décembre 2007 à 10h36. Il a sauté la porte de sortie naturelle (ou la porte d'entrée, c'est selon), parce qu'un cordon s'était malencontreusement entortillé autour de son cou.

Tout est allé très rapidement vers le mieux pour lui et la maman...







undefinedSon arrivée mouvementée ne nous a pas empéché de nous mettre rapidement au travail... Le théorème de Savinien est une co-production. Je lui en cède les droits, car, comme vous pouvez le constater, son ardeur à la démonstration est manifeste.





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Arrivé au logis, Savinien a rapidement fait connaissance avec la tribu, qui a immédiatement compati aux premiers vagissements.



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2 jours après, l'héroïne principale avait déjà repris des allures d'actrice célèbre... (mais bon, sacrément fatiguée quand même).






Au fait, chers
érudits lecteurs, Savinien est le deuxième prénom d'un personnage célèbre... quel est-il ?

Très bonne année à tous...

Article dédié à toute l'équipe médicale de la maternité de l'hôpital d'Aubagne. Leur accueil et professionalisme ont été exceptionnels...

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Jeudi 6 décembre 2007
Cela faisait quelques jours que je le disais. L'émission de Yann Arthus-Bertrand ce mardi m'a encouragé dans cette mini-initiative. Il y a un peu plus d'1km pour aller à l'école (en descente), presque  3km aller-retour à cause du sens interdit. J'ai annoncé au diner hier soir : "demain, on va à l'école à pied !"

Je suis de retour à mon bureau à 8h45 au lieu des 8h35 habituels, quel bilan tirer de cette goutte d'eau dans l'océan ?

  • - Je n'ai pas eu de mal à mobiliser les enfants --> le plus agé est même parti plus tôt (retrouver une copine, il est vrai... je m'interroge sur le fond de sa motivation :-)).
  • - Au lieu de 8h15, heure de départ habituelle, nous sommes partis à 8h10 et arrivés à 8h27, pas si mal.
  • - Les grognements des enfants du matin n'avaient rien d'anormal, ils sont arrivés à l'école bien réveillés, les joues toniques, on a discuté sur le chemin.
  • - Sur le parcours, 3 voisins et amis se sont arrétés pour me demander si j'avais un problème de voiture... je leur ai répondu que nous faisions cela pour la planête une fois par semaine, tout le monde a trouvé cela très sympa.
  • - J'avais chaud en arrivant à mon bureau, je n'ai pas lancé le réchauffage rapide de mon local, comme je le fais en général le matin.
  • - Je  sens que j'ai la pêche pour aller voir mes clients.

Une goutte d'eau dans l'océan...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Dimanche 21 octobre 2007

Certains de ses collègues ou amis ont appris sa disparition par mon blog, encore très récemment...

Depuis jeudi 18 octobre, la montagne a rendu son verdict : au pied d'une pente abrupte, caché par la végétation, un chasseur a retrouvé le sac et ce qu'il reste de Jacques-Michel... Le 14 juillet dernier, il a du dévisser en tentant de franchir un passage escarpé à l'écart des chemins. Il adorait la montagne et les défis... C'est trop tôt pour nous fausser compagnie (57 ans), trop tôt pour sa famille...

Au revoir, grand frère...

NB : l'incinération et une cérémonie religieuse avec la famille auront lieu le 1er décembre 2007 à Arrens Marsous, commune des Pyrénées où Jacques-Michel a tenté son dernier sommet...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Mardi 24 juillet 2007

Le 14 juillet, mon frère Jacques-Michel est parti seul en montagne au-dessus d'Arrens-Marsous, une commune nichée dans les Pyrénées près d'Argelès Gazost, à quelques encablures de Lourdes.

Depuis, plus de nouvelles...

Jacques-Mich, très grand sportif, des dizaines de marathons à son palmarès, les 100km de Millau en course à pied, le Kilimandjaro, était arrivé un jour à Aubagne sur un VTT, sac à dos, en provenance de la Rochelle - 850 bornes dans les pattes. Il partait faire le tour de la Corse, rien que cela. Grace et avec lui, j'ai enchainé et vaincu quelques cols mythiques sur les vieux clous qui nous servaient de bécanes dans les années 1970 : Puy Mary, Mont Gerbier de Jonc, Notre Dame de la Salette, et plus connus Alpe d'Huez, Lautaret, Galibier, Télégraphe, Mont Ventoux,  et autres... Nous avions évoqué il y a quelques semaines le projet de gravir le Mont Blanc. Je me souviens du jour où il avait parcouru 300 km à vélo dans la journée, seul, avec comme unique pause d'1/4 heure l'engloutissement d'une litre de lait. Bref, un amoureux des grands espaces, de l'endurance et de la conquête...

Le petit Gabizos

Accourus d'un peu partout en France, nous nous sommes rapidement retrouvés une dizaine de personnes de la famille, représentant 4 générations, à vainement chercher, patrouiller dans les magnifiques paysages visibles du gîte qu'il avait quitté le samedi matin. Conjectures et hypothèses sur ses intentions, sur son parcours, sur les circonstances, sur le travail et les gros moyens mis en oeuvre par les gendarmes, parcours dans la pluie, dans la brume puis au grand soleil, sous-bois, chemins creux, champs inclinés aux herbes hautes, pantalons et chaussures trempées, cîmes et arètes rocheuses, jumelles au loin et loupe sur la carte IGN, chaque jour ressemblait à une énigme à résoudre.

Et chacun ramenait son détail troublant :

  • - "j'écoutais une émission sur les secours aux personnes disparues en montagne quand on m'a téléphoné pour m'annoncer..."
  • - "je viens de terminer la lecture de Premier de Cordée de Frison Roche..."
  • - "le numéro de ma réservation de train SNCF se terminait par les lettres initiales de Jacques-Michel..."
  • - "Argelès Gazost, c'est la destination de notre voyage de noces en 1947..."
  • - "en me promenant en montagne dans les Alpes, une trouée soudaine de nuages a laissé apparaître la ville de Cluses où notre autre frère Olivier est mort en 1971, juste après avoir escaladé l'Aiguille du Midi dans le massif du Mont Blanc..." (lire chez Nicolas)
  • - "tous les frères et soeurs viennent de recevoir simultanément un message que nous avions échangé le 16 mai dernier (!) avec Jacques-Michel..." (cet étrange phénomène s'est produit à l'heure où la première équipée familiale entamait les recherches dans la montagne)
  • - "nous avons croisé par hasard, au détour d'un contrefort, une équipe de la gendarmerie rassemblant les restes d'une personne portée disparue dans le massif depuis mai dernier..."
  • - "j'ai révé d'un enterrement avec toute la famille, le lendemain de la disparition, alors que je n'étais pas au courant..."

Ces détails troublants ne veulent rien dire... Un autre frère, chercheur en informatique, parlait des "vapeurs d'Orange" en commentant l'étrange surgissement d'anciens mails sur nos boites d'arrivée. Nous vivons des temps bien singuliers avec nos opérateurs internet. Einstein a dit un jour : "Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito".

Quant à moi, je ne sais rien. Je suis un observateur du réel qui aime partager ses observations pour parfois réveiller l'attention, sensibiliser les consciences enfouies. Victoria, la dernière petite fille de mon frère Jacques-Michel est née le 30 juin dernier, jour de l'anniversaire de mon père qui aurait eu 82 ans. Pendant que j'écris ces lignes, Sandrine répertorie les habits de bébé pour préparer l'arrivée de ce petit bout qui s'annonce pour la fin de l'année, et qui va relier la famille recomposée pour nous faire passer de 4 à 5 galoupiots.

Les pentes du Gabizos

Lundi matin, nous sommes tous allés faire un dernier saut au col de Soulor, au pied du Pic de Gabizos, que nous suspectons avoir attiré Jaques-Mich, par son irresistible pouvoir de séduction. Un magnifique arc-en-ciel barrait de part en part la montagne, comme un clin d'oeil pour nous dire au revoir...

La vie glisse, la vie reprend...

[ Article dédié à Mamita, Catherine, aux 6 enfants et 6 petits-enfants de Jacques-Michel,
à mon fils Thibault dont c'est l'anniversaire aujourd'hui et qui est son filleul,
aux gendarmes de la brigade d'Aucun ]

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Jeudi 21 juin 2007

TU SERAS UN HOMME MON FILS


Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;


Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;


Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d'un mot ;


Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;


Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur ;


Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;


Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,


Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,


Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Mercredi 4 octobre 2006
Je suis souvent prompt à critiquer la vétusté de nos méthodes d'enseignement. Un grand dépoussiérage me paraît nécessaire quand je constate le décalage qui s'élargit entre la réalité de la vie de l'entreprise - soit environ 40 ans de notre vie - et les méthodes et messages que nombre d'enseignants continuent de dispenser à nos jeunes têtes...

Pourtant, il y a des changements et parfois des exemples qui font plaisir à voir. Il y a quelques jours, j'assistai à la réunion maitresse - parents d'un des enfants de la maisonnée, en classe de CM1.

La maitresse commence par un tonitruant : "je vais m'éclater". Ca fait plaisir à entendre. Et d'enchaîner propositions et clins d'oeil pédagogiques. Morceaux choisis :

- elle invite chaque parent à venir passer une demi-journée dans sa classe --> "cela me fait plaisir et ca ne dérange pas les enfants" --> sympa pour rapprocher école et parents, non ?
- elle propose des contrats aux enfants, à celui-là, timide : "je ne t'ai pas beaucoup entendu aujourd'hui, demain on se met d'accord pour que tu lèves le doigt 5 fois" --> du développement de la notion d'engagement;
- habilement, elle fait passer un message aux parents en se mettant en scène : "quelquefois, je ne comprends pas ce que l'élève ne comprend pas, il faut que je me creuse la tête pour me mettre à sa place" --> un zeste de réflexe d'empathie;
- elle fait faire des exercices de représentation mentale : "fermez les yeux, pensez à un chat, que voyez-vous ?" Les élèves voient de multiples choses, un chat qui court, un chat qui dort, une bande dessinée, le mot chat écrit en majuscule, et certains... rien ! "Imaginez, celui qui ne voit rien, que va-t-il comprendre quand je parlerai de fraction ou d'accord du participe passé" --> de la diversité de l'appréhension de l'abstrait;
- elle met en place le tutorat entre élèves en soulignant que cette méthode profite aux 2 protagonistes... essayez d'expliquer ce que vous avez compris, vous en aurez une connaissance plus solide --> ou comment valoriser la délégation et le devoir didactique de chacun;
- elle leur propose l'énigme de la semaine - avec 2 seaux, l'un de 3 litres, l'autre de 4, comment avoir exactement 2 litres --> vous avez trouvé en combien de temps ?
- etc...

Rien d'extraordinaire me direz-vous. C'est vrai, juste une maitresse passionnée et pleine d'initiatives pour éveiller le plus grand nombre et solliciter l'esprit critique.

Quant à l'assemblée de parents, toutes les angoisses propres de l'enfance resurgissent. Ce père de famille qui interpelle la maitresse : "quand je vois comment le cahier de mon fils est tenu, je hurle (SIC)".  Et la maitresse de répondre avec calme et fermeté : "certains élèves ont une vilaine écriture. Ils sont proches de la stabilisation de leur calligraphie. Je ne renvoie pas les cahiers des élèves qui écrivent mal, sinon certains ne décoleraient jamais. Si je n'arrive pas à lire, bien sur, je leur demande de refaire. Mais on en est à l'apprentissage de la compréhension, de l'interprétation." Un autre parent de rajouter
facétieusement "certains médecins écrivent très mal"...

Enfin, je note que sur chaque point évoqué pendant la réunion, les "ho" et les froncements de sourcis, les mini-débats et les inquiétudes montrent qu'il y a presque autant d'avis que de participants.

Que c'est dur d'éduquer... Moi, je pense que cette classe est entre de bonnes mains !
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Lundi 10 avril 2006
Retrouvé dans les papiers personnels de celui qui est parti à l'automne...

« La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je me suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir toujours raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur. »

(extraits du Patriarche Athénagoras)

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Vendredi 17 février 2006
N'empêche... c'est rudement pratique une famille solidaire. Malgré toutes les précautions que je prends, il reste des coquilles ici et là dans mes articles. Je tache de toujours vérifier l'orthographe, la ponctuation, les accords des participes passés. J'utilise les correcteurs d'orthographe.

Rien ne vaut cependant l'oeil aiguisé de ma famille qui de temps en temps me souligne le nombre de consonnes d'un mot, ou le mal propre usage que je viens de faire de la langue française.

Tenez le vous pour dit :
anoner, ça s'écrit ânonner (comme un âne et avec 2 n). C'est corrigé :-)


Clin d'oeil à Emmanuel
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Samedi 5 novembre 2005

 
Le nez dans les feuilles mortes, au pied d'un tilleul qu'il avait sauvé, à la main une salade à peine cueillie dans le jardin, 80 ans, il avait atteint le bout de sa ficelle. Une belle sortie en sorte pour un homme avare en mots mais pas en générosité, attaché à des plaisirs simples dont celui de cultiver son potager. Aîné de 13 enfants, l'armée de l'air, les missions en Indochine, 20 ans de cours de math aux potaches, 58 ans de mariage, père de 8 enfants, 26 petits-enfants, 5 arrière-petits-enfants, une vie bien remplie...
 
Ces derniers jours ont bien sur été pleins d'émotions, de tensions… La mort nous attend tous. A cet age, tout le monde l'accepte, même si on préférerait toujours retarder l'échéance.

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J'hésitais à publier quelques mots sur cet événement familial, et puis… Et puis, j'ai envie de partager quelques unes de mes pensées et émotions sur la mort, sujet si sensible et évacué de notre société. Avez-vous remarqué à quel point ce mot même est devenu tabou de nos conversations ? Comme si en parler nous en rapprochait, comme si ne pas en parler nous permettait d'y échapper.
 
Quand je suis arrivé chez mes parents, de l'autre coté de la France après 900 km de voiture, mon père était dans la véranda, décalé de la maison principale mais présent, le visage paisible dans son cercueil. Les 3 jours suivants, avant qu'il ne disparaisse de nos regards, restent comme un instant arrêté, intemporel, comme un flottement. Quelques images gravées: 
- les caresses sur son visage, derniers gestes de tendresse en toute simplicité et sans gravité…
- les regards sans crainte des enfants, bien présents, bien vivants, aux questions directes, et qui aussi ont pu faire un deuil serein…
- les larmes bien sur, sincères, plutôt discrètes et sans jérémiades…
- la vision maternelle du monde "autre" – comme les poissons qui ignorent que la vie hors la mer existe…
- les longues soirées de chansons, où nous avons tenté de passer en revue l'ensemble du répertoire facétieux ou romantique de celui qui a bercé de sa voix nos enfances…
- la préparation du psaume, musique toute en dissonances, composée par un beau-frère et psalmodiée par 4 fils pendant la cérémonie…
- la logistique pour 25 personnes quelques jours sous le même toit, assurée efficacement en coulisse par quelques-uns/unes…
- les petits mots préparés, les dessins, les poèmes très sensibles écrits et lus par des gamins à l'expression limpide…
- la messe, le cimetière, la réception des quelques 150 cousins/cousines ou proches amis venus apporter leur soutien de toute la France…
- le petit tour intime au cimetière avec un fiston…
- la famille…
 

 

Les images sont nombreuses et fortes.

Je n'ai pas d'idée précise sur ce qui se passe après le bout de la ficelle. J'ai davantage de doutes que de convictions. Mais là je suis fier de ma famille, de ma mère, qui ont permis que la mort soit vécue, regardée, évacuée, acceptée. Ces quelques jours n'ont pas été sans heurts et tensions. Ils étaient cependant tout en profondeur, l'occasion de certains rapprochements aussi. Un moment suspendu…

Et pourquoi publier sur un blog ? Pas pour faire de l'exhibitionnisme ou pour récupérer les "condoléances" – je n'aime pas beaucoup ce mot que je trouve conventionnel et distant. Plutôt pour casser cette frontière virtuelle entre le visage lissé du personnage professionnel, et de l'homme. J'ai aussi envie de partager cette conviction que la peur se nourrit du tabou, et qu'il me parait utile de ne pas bazarder les sujets essentiels, sous prétexte qu'on les craint…
 

 

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Mercredi 13 juillet 2005

Vu les commentaires des parents qui passent ces temps-ci dans la cuisine de la maison, je vous confie cette anecdote familiale… peut-elle resservir ?

Vendredi soir, heure du dîner. J'ai préparé la table dans la cuisine en arc de cercle, 5 chaises pour les 6 convives, 2 grands papiers collés au mur, 2 titres: l'un en vert "comportements à encourager", l'autre en rouge "comportements inacceptables". Je suis debout, Sandrine et les 4 enfants assis. font>

 

Les 2 enfants de Sandrine (5 et 8 ans) vivent avec nous et passent un week-end sur 2 avec leur père. Mes 2 enfan ts (9 et 12 ans) sont en résidence alternée et passent une semaine sur 2 avec nous. La famille se recompose le vendredi soir.  

 

J'introduis le dîner que je qualifie de "dîner de travail". Les enfan ts s'interrogent !

 

"La dernière semaine familiale, dis-je, a été très pénible. Crises, disputes, caprices, blablabla…" Je fais un peu de morale – mon frère Nicolas, philosophe, m'a déjà encouragé: "les enfan ts ont besoin de morale". Je leur propose alors de réfléchir pendant le dîner sur leurs comportemen ts . Que pensent-ils être inacceptable ou à encourager. Après les premières secondes de surprise, le débat est parti… La plus jeune lève le doigt sur un comportement à encourager: "de la gentillesse" lance-t-elle. Je note l'idée, puis oriente leurs idées vers des exemples moins "conceptuels".

 

Voici un florilège de leur production dans un langage approprié:

 

Comportemen ts à encourager

Comportemen ts inacceptables

-         de la gentillesse

-         partager

-         aller faire son travail sans qu'on le demande

-         faire des effor ts pour ne plus se disputer

-         ramasser des choses qui traînent même si on ne l'a pas dérangé soi-même

-         débarrasser la table sans que les paren ts le disent

-         chacun écoute tous les autres

-         mettre le linge au sale

-         toujours dire bonjour, au revoir, s'il te plait, merci, pardon

-         rendre des peti ts services

-         obéir aux paren ts

-         aider à consoler

-         faire des peti ts cadeaux

-         ramener des bonnes notes

-         manger sur le canapé ou dans la chambre

-         piscine: ne pas sauter d'un seul coup dans l'eau, se baigner sans demander la permission

-         rejeter un frère ou une sœur quand il y a des invités ou se liguer à plusieurs

-         mentir

-         mettre les joue ts sur le trampoline

-         rester scotché devant la télé

-         se faire plaindre, profiter de la situation de divorce *

-         ne pas ranger les jeux (jardin, chambre)

-         ne pas répondre quand on appelle

-         dire des gros mo ts /doig t d'honneur

-         réponses insolentes "ouais", "c'est bon"

-         les jeux dangereux (le bâton)

-         jeter des saletés dans le jardin

-         couper la parole

-         se disputer les places à table

-         ne pas lever la lunette des toilettes et laisser du pipi partout

-         les coudes sur la table

-         ne pas maîtriser la vitesse à vélo

-         faire du cinéma pour des bêtises

 

* A une exception près ("profiter de la situation de divorce"), toutes les idées viennent des enfan ts . L'exception est un commentaire de Sandrine. La situation de divorce est certes difficile pour les enfan ts, mais peut devenir une source de manipulation volontaire ou inconsciente. Le débat que lance Sandrine souligne que nous ne sommes pas dupes, et les 4 bambins comprennent très bien ce que cela signifie.

 

Pour couronner l'exercice, je propose de définir quelques punitions. Ainsi, pour le délit de "gros mot" ou celui du "pipi partout", le contrevenant récupère le plaisir de nettoyer la cuvette des wc. S'il y a dispute pour une place à table, les protagonistes passent le repas debout. Celui qui coupe la parole se voit privé de parler pour 5 minutes. Le schotchage télé se transforme en 24h de suspension. Quant à manger sur le canapé, la punition est d'étendre une machine de linge. L'insolent(e) ou celui (celle) qui ne répond pas quand on l'appelle écope d'une punition d'école (dictée, verbe à conjuguer, …). Evidemment, je dois réduire les peines proposées par les enfants qui sont beaucoup plus radicaux dans leurs sentences…

 

Bilan: 2 heures de dîner très animé et ludique, aucun règlement de compte mais des clarifications de tout bord. Les 2 papiers sont restés au mur depuis ce soir-là.

 

Et la semaine qui a suivi l'exercice familial a été remarquable de sérénité. Tout n'est pas définitivement résolu bien entendu, mais l'appropriation des enfan ts est claire. Ils ont participé, n'est-ce pas l'une des clés ?

par DE RAUGLAUDRE publié dans : Et la famille...
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