Mercredi 21 décembre 2005
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Cela fait maintenant un peu plus de 2 ans que j'ai pris mon indépendance professionnelle. Je viens de regarder l'émission qui retrace le parcours de Yannick Noah (on a le même age…). Avec ses mots, il raconte que réussir dans la chanson a été un autre défi, pas gagné d'avance, même si ses exploits de sportif l'avaient rendu célèbre et facilité l'ouverture de portes.
Redémarrer une carrière est toujours un sacré virage. On fait des erreurs de débutant en dépit de l'expérience. Peut-être que le repérage des fausses pistes, les corrections de parcours sont cependant plus rapides. Dans mon job de jeune consultant, j'ai recensé au moins 5 fausses pistes:
- 1 – Prospecter dans le dur !
Avais-je envie de me prouver quelque chose du genre "je n'ai besoin de personne en Harley Davidson…", je ne sais pas. Toujours est-il que j'ai passé quelques mois, contre nature, à tenter de décrocher des rendez-vous avec des managers ou des dirigeants, sans introduction préalable où sans les connaître. Une consommation d'énergie énorme pour de maigres résultats. On peut avoir un passé qu'on pense solide, les portes ne s'ouvrent pas toutes seules. Exit la prospection dans le dur donc.
- 2 – Sous-exploiter mon carnet d'adresses !
Corollaire de la première erreur, je ai au départ très peu contacté le premier rang de mon carnet d'adresses (amis, anciens collègues, famille, parents d'élèves de l'école). Grave erreur… Tous ces contacts sont à priori accueillants et bienveillants. Les rencontrer ne présente pas de problèmes, tous sont contents que je provoque une occasion de se voir ou de se revoir (j'ai ainsi retrouvé des amis perdus de vue depuis 20 ans). Ensuite, les choses se passent naturellement… business dans l'environnement proche ou business par recommandation, etc.
- 3 – Ne pas prendre le TGV !
On est en France. Et même si je vis en Provence depuis plus de 15 ans, mon carnet d'adresses de managers et décideurs est plus foisonnant à Paris que nulle part ailleurs. En juillet, j'ai donc décidé de prospecter à Paris. Le premier voyage a été immédiatement rentable.
- 4 – Faire de la sous-traitance !
J'ai eu quelques bonnes et moins bonnes expériences en la matière. J'ai appris des choses mais aussi eu des déconvenues. J'ai réalisé que je sais parfaitement vendre mes prestations, et que mes exigences en matière de partenariat sont telles qu'il vaut mieux que je mène ma barque. Alors exit la sous-traitance.
- 5 – Sous-traiter alors que je n'ai pas assez à manger !
Sans doute emprunt davantage de réflexes de manager que d'entrepreneur, j'ai confié un gros pourcentage de mon activité cette année à des confrères. Et je pense maintenant en permanence à ce spot que l'on voit dans les avions: les masques à oxygène tombent car la cabine perd en pressurisation, le père ou la mère met son masque puis aide son enfant… et pas le contraire. Comment aider son gamin si on est en train d'étouffer soi-même …
Mon pari n'est pas encore gagné. Noah a mis près de 10 ans pour réussir sa reconversion dans la chanson. Je ne pourrai pas tenir si longtemps (il faut nourrir les petites bouches autour). Le tir est cependant corrigé sur quelques bonnes grosses fausses pistes, et j'espère signer dans les prochains jours – avant Noël peut-être – chez mon 20ème client…
Alors saga Africa et tralala...
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