Vendredi 12 décembre 2008
Dans une journée de formation à laquelle j'ai récemment participé - pas en animateur, une fois n'est pas coutume
- j'ai pu constater à quel point j'étais un fameux cordonnier ! Aaaaaah, chausser les autres, quel
bonheur... Qu'il est clair de voir dans le jeu pour celui qui est en dehors de la table. Faites l'exercice : regardez une band
e de copains jouer à la belote en tournant autour d'eux. L'évidence de ce qu'il faut fai
re
jaillira ! C'est pour cela que le travail de "miroir
extérieur" est accessible. Le coach attentif voit des quantités de signes (des atouts, des couleurs, des opportunités, des nuages, etc...), se trouve donc en position privilégiée pour inciter à
visualiser d'autres options.
Visualiser, le mot est laché !
La séance de formation de l'autre jour m'a fait baisser les yeux pour regarder mes godasses. Passant le plus clair de mon temps à accompagner clients et amis à visualiser leurs objectifs, à
préparer leurs plans, à analyser les options, je me suis rendu compte que mes souliers étaient un peu crottés, voire troués. Alors j'ai joué le jeu. L'animateur était fort habile, il nous a proposé
de débattre 10 critères concernant les objectifs. C'est un jeu que je joue régulièrement comme animateur, j'ai pourtant découvert de nouveaux champs d'investigation dans cette liste - en
particulier les points 5 (prise de partie manifeste), et 7 (qui pèse très lourd). Je vous les livre :
UN OBJECTIF...
1) est exprimé de manière affirmative, positive et au présent
2) doit être sous mon contrôle
3) est atteignable et mesurable
4) est précis et contextualisé
5) est éthique et écologique
6) doit avoir du sens
7) il faut identifier le prix à payer
8) doit être cohérent avec la direction que je veux prendre
9) remplace-t-il le problème ?
10) est constitué de phrases courtes, simples, complètes, positives et au présent
Je reviens sur le numéro 7). Les objectifs restent souvent des intentions. On ne les met pas en oeuvre pour de multiples bonnes et moins bonnes raisons. Le point 7) me parait crucial : le prix à
payer en matière de travail, prise de risques et contraintes manque à l'analyse et à l'engagement. Si on est prêt à faire l'exercice sur les objectifs, on oublie qu'il y a un
prix à payer pour les atteindre. On va donc rester dans l'insatisfaction, pourtant l'effort de visualisation a été fait, l'effort de transcription à l'écrit aussi.
Quant au numéro 5), c'est en effet une prise manifeste de partie. Définir des objectifs ne veut pas forcément dire qu'ils sont de nobles causes. Un objectif atteint correspond parfois à 2 tours
jumelles à terre. C'est en cela que le numéro 5) pose le débat vers la responsabilité et la conviction, sujet que mon frère
Nicolas et moi avons un jour traité en conférence...
Je suis en train de me chausser donc. Par 2 fois déjà, 2 grandes matinées, nous avons à la maison travaillé nos objectifs à 4 ans. L'exercice n'est pas fini. Il a déjà permis de clarifier
l'essentiel, de nettoyer de l'accessoire, de mettre sur la table les vrais débats, de développer une motivation nouvelle. Reste le fameux article 7). On est en train de le digérer pour se
l'approprier... car nos objectifs sont ambitieux - raisonnablement ambitieux j'aime à dire.
Clin d'oeil à cette expression "raisonnablement ambitieux" : si mon objectif est de mettre une
piquette au tennis à Nadal en 2009, je pense que c'est par trop ambitieux. Si mon objectif est d'atteindre un classement 30/1, c'est jouable mais pas gagné - l'application du critère 7) est
nécessaire pour y parvenir...
Je retourne à mes propres souliers... le chantier est immense et passionant.
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Article dédié à Jean-Max, Jean-Philippe et encore une fois... à Sandrine
Par Laurent de Rauglaudre
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--- merci à Christian Apotheloz de m'avoir envoyé ce message ---
Le 12 juin 2005, Steve Jobs (PDG-fondateur d’Apple et de Pixar) fait aux diplômés de Stanford l’extraordinaire discours suivant. Pour ceux qui ne le connaissent pas (ce qui était mon cas jusqu’à ce
matin), j’en recommande chaudement la lecture, et la diffusion : c’est une remarquable leçon de vie.
On l’a déjà diffusé sur Internet ? Bien sûr, c’est là que le correspondant qui me l’a fait découvrir l’avait lui-même trouvé. Je lui en suis très reconnaissant et donc je fais pareil : je
rediffuse.
Vous trouverez ci-dessous la traduction en français.
Steve Jobs's Stanford speech (June 2005)
Traduction en français
«C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études
supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est
tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université
»
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed
College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une
famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier
moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu.
Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé
ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes
frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université
pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée,
mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui
m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de
quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par
ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de
tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire
en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une
typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous
l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de
caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes
études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir
ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre
avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire “
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans
lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société
de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30
ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir
les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil
d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un
échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais
été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une
liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui
allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de
circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons
fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la
tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail
occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en
amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous
vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la
gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours
à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de
l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le
piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.Whole Earth Catalog
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les
médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce
qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de
faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais
inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas,
guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort
n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que
nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous
débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé
d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le
brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est
secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog, l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo
Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire,
des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables
et d’idées épatantes.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais
votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit
d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au
moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à
tous.»
(Traduction Anne Damour)
Par Laurent de Rauglaudre
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Plus j’avance dans mon métier, et plus j’en suis convaincu : quand on me dit “c’est facile”, je suis enclin
à renvoyer à mon interlocuteur... “n’est-ce pas l’indicateur d’une de tes très grandes compétences ?”
Je m’interroge tout le temps sur mes propres compétences. On connaît l’anecdote : un consultant, c’est
quelqu’un à qui on demande l’heure, il attrape votre poignet, vous annonce la réponse (en l’enrobant pour justifier ses gras honoraires), et en plus il vous pique votre montre. Au delà du clin
d’oeil, qui n’est pas sans fondements - on apprend en permanence chez les clients, ce qui donne toujours plus de valeurs à nos interventions - l’écoute active représente une véritable compétence.
A titre personnel, je ne vois pas la difficulté : il “suffit” de s’habituer à poser des questions, rester attentif aux réponses, s’éloigner de ses convictions internes pour comprendre ce que
l’interlocuteur dit ou ne dit pas, mais signifie ! “Seek first to understand, then to be understood” écrit Stephen Covey. Facile quoi... pourquoi tout le monde ne fait-il pas cela
?
Je me souviens un dirigeant s’énerver au sujet de son équipe commerciale : “ce n’est pourtant pas difficile,
dans la démarche commerciale, il suffit de faire cela, puis ça, puis ça, ensuite ça, et enfin ça”. Je l’arrêtai et lui fis remarquer : “top, regarde. En l’espace de 10 secondes, et sans t’en
rendre compte, tu viens de me donner une méthode en 5 points. Ces 5 points précisément, et l’ordre que tu enchaînes pour les réaliser et rendre tes négociations efficaces, cette méthode que
ton expérience t’a apprise jusqu’à ce que cela devienne intuitif et inconscient, ce “comment faire” est probablement une très grande compétence. N’est-ce pas justement de ce “comment” dont a
besoin ton équipe ? Et suffira-t-il de leur donner les 5 étapes ? Quelle est le meilleur moyen pour qu’ils s’approprient ce savoir faire ? Comment les impliquer pour qu’ils comprennent l’intérêt
et l’ordre subtile des 5 étapes clés ? Comment leur donner envie d’améliorer la méthode ?"
Depuis que je teste ce concept “trop facile ne cache-t-il pas grande compétence ?”, j’accumule les réactions
positives. Réveiller le criquet Gimini... à chaque fois que vous ne comprenez pas pourquoi les autres ne parviennent pas à faire quelque chose qui vous parait évident, portez la suspicion sur vos
compétences... Peut-être touchez-vous au coeur de votre savoir-faire...
Epilogue en contre-pied... A propos de compétences, aujourd'hui j'ai perdu
une illusion. Je me croyais la puissance du mutant, le retour sur terre est terrible.
Nous avons récemment déménagé (désormais dans un village au nord d'Avignon). Or, j'admirais mon intuition irréprochable qui me faisait choisir systématiquement la bonne clé pour chacune des 3
serrures de la porte d'entrée. Quel talent ! A chaque fois, la bonne clé, trop fort !
Las, j'ai découvert tout à l'heure que les 3 serrures sont les mêmes et que les 3 clés du trousseau itou. L'intuition géniale n'était que cruel manque d'observation. Tant pis pour ma carrière de
cambrioleur.
Par Laurent de Rauglaudre
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