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Laurent
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Dimanche 2 octobre 2005 7 02 /10 /Oct /2005 00:00

L'autre jour au forum des entrepreneurs, je me suis permis d'intervenir dans un forum intitulé "de l'intéressement au licenciement". Je venais d'entendre de la bouche des intervenants des formules comme: "on perd un emploi, on perd tout", ou encore: "le licenciement, c'est un drame pour le salarié, et un échec pour l'entreprise".

 

J'ai voulu signaler à quel point notre langage est empreint de catastrophisme, et que nous acceptons cela comme la normalité. Pourquoi oublier les opportunités que les licenciements font naître dans un pays champion du monde de la protection sociale ? Citant les nombreuses start-up issues des plans sociaux de Gemplus, un intervenant m'a rétorqué: "on verra combien il en restera dans 3 ans." Ce à quoi j'ai répondu: "et si on réfléchissait ensemble comment les encourager à réussir... plutôt que de prédire – pour ne pas dire espérer - leurs échecs !"

 

 

 

De même, pourquoi refuser d'accepter que le monde économique est comme la météo: il y a des périodes de ciel bleu, des tempêtes, des journées grises, des grands soleils, des pluies et parfois des tornades. Dire que licencier est forcément un échec de l'entreprise est réducteur.  Quand il a fallu équiper les maisons de téléphone, il était nécessaire de tirer des câbles, monter des pylônes, mettre en place des équipements en nombre important. Puis est venu le temps de l'exploitation, nouvelle phase de cette industrie, et donc adaptation des moyens. Nous avons de multiples exemples de ce type, dans toutes les industries. Licencier n'est pas une fatalité, mais ajuster les moyens au marché en est une. Si l'innovation prend le relais des paliers inéluctables du développement, cet ajustement de moyen prend alors la forme d'une nouvelle dynamique, éventuellement à l'extérieur du giron de l'entreprise initiale. Cette nécessaire innovation peut même se situer en dehors du champ des visibles....

 

 

 

Nous devons en permanence faire évoluer nos organisations, alors pourquoi ce langage misérabiliste de notre économie – de la démagogie peut-être... J'ai 45 ans, depuis que j'ai conscience d'exister, j'entends que nous sommes en crise. Pourtant, nous sommes un pays qu'envient des milliards d'êtres humains – je pèse mes chiffres… Un autre intervenant du forum expliquait ce dilemme de la France, pays riche, au peuple intelligent et à l'histoire et au rayonnement mondial extraordinaires, à la géographie si favorable, au système de solidarité si élaboré, et ce pays ne cesse de se plaindre, de s'auto flageller.

 

 

 

De mon point de vue, la forme vaut autant que le fond: travaillons donc notre langage. En adoptant un langage de conquête, en regardant le verre pour son coté mi-plein plutôt que mi-vide, on peut influer sur notre capacité à la prise de risques, sur notre esprit d'innovation.

 

 

 

Les plus grandes avancées ne sont-elles pas souvent sorties des plus grandes catastrophes ?

Par Laurent de Rauglaudre - Publié dans : Stratégie de management
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Commentaires

Tout de même, l'idée d'une Economieà l'image de la Meteo est...interessante!
A voir...
Commentaire n°1 posté par EditoWeb le 05/10/2005 à 22h40
Bravo ! Il est devenu rare de lire que le langage influence nos pensees, nos actions et... notre futur. Chez les Anglo-saxons c'est monaie courante mais en France...
Pourtant c'est plus qu'evident, il faut eliminer les negations qui sont des problemes pour se focaliser sur les solutions. Licenciement ? Et alors, comment reagir ou plutot dans quelle direction agir ?
Je ne sais plus qui a dit: "nos questions sont nos reponses" il serait utile d'y reflechir.
Je me bat pour le responsabilisation et la prise de risque chez l'individu, antithese de la victimisation sterile et de toute facon inutile !
Commentaire n°2 posté par createur le 26/10/2005 à 03h24
Je comprends ta vision des choses.

Bizarrement quand certaines personnes dont les aptitudes professionnelles, ou le niveau d'études ne permettent pas un rebond en créant société, start up et autre,se trouvent licenciées, je ne pense pas qu'en changeant de vocabulaire cela éclaircira leur ciel.

Ni d'ailleurs convaincra leur banquier de continuer à croire en eux.

Je refuse de croire que TOUT les chômeurs soient des fainéants.

Il existe donc bien des personnes sans emploi, pour qui la météo n'est pas bonne, et aucune éclaircie à l'horizon.

Je considère donc , qu'en effet, le licenciement n'est pas un échec pour l'entreprise, on peut en effet réduire la flotte de véhicule, réduire la taille de locaux et le nombre d'être humains employés afin de réduire les coûts et adapter l'entreprise au marché.

Mais concernant l'être humain viré c'est un véritable désastre dans cette période qui, et je n'ai que 33 ans, me parait peu propice à trouver un emploi "correct".
Aussi si un jour mon boss vient me voir pour me dire : « Super bonne nouvelle,t’as de la chance je te laisse l’opportunité de prendre un tournant dans ta vie,tu es viré », je ne suis pas sur de voir le verre à moitié plein ou a moitié vide.
Certains même et je caricature volontairement, eux , tomberont dans la bouteille afin d’oublier le verre vide.

C'est pourquoi , encourager les créations d'entreprise est certes une bonne idée, encourager les entreprises à ne pas SIMPLEMENT réduire l'effectif, mais à l’adapter par de la formation interne, le cas échéant aider à reclasser, former pour aider la réinsertion me semble pour un plus grand nombre de personne, préférable.

Mais il est certain que plus ont monte dans la hiérarchie sociale et professionnelle, plus ce discours est tenu.
Probablement parce qu'il est plus "aisé" (je ne dis pas FACILE) à ces niveaux de "rebondir" (du fait de l’éducation, du niveau social), mais généralement si y a pas de rebond, la chute est plus brutale.
C'est pourquoi à partir d'un certain niveau on équipe les licenciés de parachute financier :) (ok, faut monter très haut mais tout de même)

Cordialement.
Commentaire n°3 posté par azerty le 18/11/2005 à 14h53
Bravo pour le qualité de votre blog.
Vos réflexions sont très interessante et très enrichissante.
Commentaire n°4 posté par jérÎme le 19/11/2005 à 09h27
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