Bienvenue !
Ce blog a pour vocation de partager réflexions et expériences en matière de management. Clins d'oeil, analyses, trucs, débats, coups
de gueule, réactions, commentaires, et... offre de
services.
Bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter...
Laurent
Artisan
Consultant
Coaching en ligne
| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Cher GG13,
Nous pouvons débattre à l'infini des bienfaits de telle ou telle mesure. Nous avons tous des arguments personnels forts. En ce qui me concerne par exemple, j'ai créé une entreprise il y a 1 an, à l'age de 44 ans. J'ai gagné en 2005 environ 7 fois moins que lors de mon ancien emploi salarié.
S'agit-il de précarité ? Oui et non. Oui car monter une entreprise, chercher des clients, développer son business prend du temps, demande des prises de risques, des nuits de doute. Et non, car c'est un choix d'entrer dans le "dur" de la vie. Sans garantie de succès bien sur, mais avec l'espoir de conquérir un veritable affranchissement, une authentique indépendance. La vie est une lutte.
Croire que l'état doit assurer la sécurité pour toujours des emplois est un leurre. Et quitte à choquer, je pense même que l'excès de sécurité pousse à l'immobilisme... Je pense qu'on se réalise dans la création, la lutte, la prise de risques.
Je suis pourtant lucide. Tout le monde n'a pas les mêmes arguments pour lutter dans la vie. Certains sont mieux "armés" que d'autres. Mais la sécurité est une illusion. Il suffit de regarder l'histoire des peuples, des civilisations qui ont disparu alors qu'elles étaient florissantes. Je suis fermement attaché à la solidarité, l'équité, mais pour le regard bien droit dans les yeux de la réalité.
Je ne sais pas quelles sont les meilleures mesures à prendre (CNE, CPE, etc...). Ce que je défends, c'est d'une part le devoir de débattre et négocier en amont avec tous les partenaires, d'autre part le devoir d'essayer, de mesurer les conséquences, d'amender, d'améliorer les mesures.
Cordialement,
Laurent
La précarité, ce n'est pas de se faire licencier du jour au lendemain sans motif, c'est de ne pas retrouver de travail dans un délai raisonnable (2 à 3 mois). Je suis pour le CPE et le CNE s'il y avait une garantie que le taux de chômage baisse à 5%. Pour cela il faut d'autres mesures: baisser les charges sur les entreprises, relancer la consomation en augmentant les salaires. Le gouvernement cherche à imiter le modèle anglo-saxon mais à moité. Et sans concertation, ce qui est une erreur monumentale en France.
Le CNE crée des effets pervers: une collègue de bureau me racontait qu'une de ses amies a étée embauchée en CNE. Un lois plus tard elle passe la visite médicale et déclare des problèmes au dos, ce qui est consigné dans son dossier médical. Une semaine plus tard elle est licenciée sans motif. Il y a-t-il un lien de cause à effet? Elle ne le saura jamais. C'est frustrant et injuste.
Je ne souhaite pas à une femme de tomber enceinte pendant son CNE, à n'importe qui d'avoir des problèmes de santé ou psychologiques, de commettre la moindre erreur dans son travail.
Je ne suis pas pour la sécurité de l'emploi, sinon je serai fonctionnaire. Je suis même contre le système d'indemnisation du chômage sans aucun contrôle, c'est un vrai scandale.
Mais faire croire au gens que leur avenir est dans encore plus de précarité, c'est vraiment les prendre pour des idiots.
Jerome.
C'est tout le problème du CPE et du CNE: expliquer le licenciement donne la posibilité au salarié de le contester aux Prud'Hommes, on en revient à un CDI dégradé. Ne pas avoir à expliquer c'est ce qui séduit les patrons et managers. Le gouvernement a crée le salarié kleenex, sans pour autant offrir de contre-partie, bien au contraire. On ne peut pas remettre en cause 250 ans d'histoire, de luttes sociales, d'acquis, sans concertation et de manière aussi injuste pour les salariés. Tout est à revoir dans le système français, c'est un vaste chantier qui prendra des années. Les alternances politiques n'arrangent rien, ce que fait un gouvernnement, le suivant le défait, que ce soit bon ou pas pour le pays, par idéologie électoraliste.
Sur le rôle des managers dans une entreprise: ma propre expérience montre qu'ils ont perdu tout sens de l'éthique et ne sont que le relais des décisions du top management, ne pensant qu'à sauver leur poste. Et à faire de la politique pour préserver leurs intérêts et leur carrière, sans se soucier des employés qu'ils managent. Quand à assumer des responsabilités, c'est bien le dernier de leurs soucis. Comme les politiques qui nous gouvernent...
Jerome.
Bien entendu "Ne pas avoir à expliquer c'est ce qui séduit les patrons et managers", c'était de la provocation, dans le sens où ça amène la suite du débat: la flexibilité.
"La flexibilité de l'emploi est une clé de la décision d'embaucher". Là-dessus tout le monde est d'accord. Mais pourquoi créer un nouveau contrat de travail, alors que les outils existant permettent d'embaucher de manière on ne peut plus flexible: CDD, intérim, stages. Que faut-il de plus à une entreprise? Celle pour laquelle je travaille, 15 salariés, tous en CDD, l'a bien compris. Et personne ne s'en plaint. Je connais autour de moi plusieurs personnes qui sont en CDD depuis plus de 5 ans et s'en satisfont pleinement. C'est quand même très souple pour une entreprise qui n'a pas de vision à long terme: si l'activité diminue, elle ne renouvelle pas les CDD. Pas besoin de licencier ou de se justifier auprès du salarié.
Il suffirait en fait de quelques aménagement au CDD actuel pour en faire un contrat de travail idéal: ne plus avoir cette limite de 18 mois et de renouvellement une seule fois. Pas besoin de CNE. L'idée derrière le CNE c'est de conserver le CDI en pensant qu'il est indispensable pour les alariés qui s'y accrochent comme à une bouée de sauvetage. Or un CDI n'a jamais protégé personne d'un licienciement. Il le rend un peu plus compliqué et coûteux pour l'employeur. Il ne peut donc satisfaire ni les uns ni les autres.
Jerome.
Dernier commentaire avant de partir... je trouve ta proposition sur l'élargissement du périmêtre du CDD très intéressante. C'est certainement une piste à exploiter. Et elle pourrait tout à fait alors se substituer au CPE.
Le CDD correspond à une notion de "projet" proche de la réalité d'entreprise.
A plus tard :-)
Laurent
Quels autres arguments les employeurs mettent-ils en avant pour ne pas embaucher, en dehors d'un soi-disant manque de flexibilité?
Mon impression c'est qu'ils ont tout simplement peur d'embaucher. Peur de tomber sur un salarié pas suffisament compétent ou formé, pas honnete, qui est tout le temps absent. Le licencier c'est avoir perdu du temps et de l'argent, avoir investi pour rien et repartir de zéro. De ce point de vue on peut parler d'immobilisme et de non prise de risque par défaut. Tout comme les propriétaires préfèrent laisser un logement vide plusieurs mois le temps de trouver un locataire "solvable" avec de solides garanties. Les entreprises ont développé un reflexe similaire: elles n'embauchent plus que par réseaux interposés et ne publient une annonce que lorsqu'elles n'ont pas le choix, pour des postes très qualifiées ou parce qu'elles n'ont pas trouvé dans leur réseau. Le marché de l'emploi est devenu confidentiel et celui qui n'a pas de réseau ne s'en sort pas. Sans parler des ANPE qui ne servent à rien (c'est du vécu).
On a tord de refuser les "plombiers polonais". Les ouvriers agricoles marrocains, les concierges portugais, les maçons turcs, les éboueurs africains, ça arrange tout le monde. Il y a 500 000 postes à pourvoir dans le batiment qui ne trouvent pas preuneur. Si ça n'iteresse pas le français, autant en faire profiter les autres. Leur niveau de vie augmentera et ils viendront en France investir et passer leur vacances (donc consommer). Ils importeront nos produits, comme l'a fait l'Espagne il y a 30 ans. Et il y aura du travail pour les consultants en management! :)
Jerome.
Article à lire paru dans Le Monde sur ce sujet:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-756204@51-749452,0.html
Jerome.
Commentaires