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25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 10:43

L'affaire Mayetic me rappelle une sombre histoire que j'ai vécue avec des journalistes peu scrupuleux.

 

Il y a une dizaine d'années, j'ai été interviewé par une journaliste du Wall Street Journal. Celui-ci était célèbre pour déclarer que les entreprises françaises étaient incapables de réussir aux Etats-Unis. J'avais été sélectionné parmi une quinzaine de managers de ma boite pour montrer à ce journaliste qu'il se trompait. En une heure d'entretien (en anglais), je lui expliquais donc que mon équipe était multiculturelle, que j'écrivais indifféremment en français ou en anglais (même dans mes notes personnelles), que mes clients étaient de toute nationalité, etc… Je lui soulignais aussi que lors des embauches, je conduisais une partie de l'entretien en anglais, car c'était la langue de travail pour une équipe internationale.

 

Quelques jours plus tard, le journaliste écrivait un article dans lequel il me citait et disait que je ne m'adressais pas aux gens qui ne parlaient pas anglais ! Bon c'était dans le Wall Street Journal, et franchement je ne relevais pas l'interprétation qui me paraissait stupide mais bénigne.

 

Le temps passa.

 

Quelques semaines plus tard, un article du Figaro me déclarait traître à la nation ! Vous rendez-vous compte… une association qui soi-disant défendait la langue française, me citait dans l'introduction de son rapport de 80 pages sur la situation dramatique de la langue française. Elle développait dans un des chapitres que je refusais de m'adresser aux collègues qui ne parlaient pas anglais. Inutile de vous dire que ni le journaliste du Figaro, ni un quelconque membre de l'association ne m'avait jamais adressé la parole.

 

Ma famille ayant payé un lourd tribu aux guerres du 20ème siècle, quelques-uns de mes oncles, cousins, parents écrivirent au Figaro et à la fameuse association. De mon coté, j'écrivis, j'appelai sans résultat ni droit de réponse. Je finis par joindre le vieux monsieur président de l'association en question – je ne leur ferai pas de pub, ils ne le méritent pas. Ce vieux monsieur condescendant me déclara: "faites un démenti formel dans le Wall Street Journal, et nous retirerons ce qui vous concerne du rapport en question."

 

Si le Figaro ne me répondit jamais, vous pensez bien que le Wall Street Journal avait d'autres chats à fouetter que d'écrire un démenti sur une affaire aussi ridicule. Mais le mal sur ma famille était fait, la calomnie gratuite, aucune vérification de sources par l'association et le journaliste, interprétations et déformations à gogo, impossibilité de répondre.

 

Comme je l'ai écrit précédemment, je pense que la blogosphère devient un puissant outil de contre-pouvoir des médias institutionnels. Certains journalistes sont des pros. D'autres sont biens misérables, et détiennent pourtant entre leurs plumes le destin de leur concitoyens, sans assumer les conséquences de leur méfaits.

 

Je ne sais pas rien de l'affaire Mayetic, mais ce que je connais de Bruno et Miguel, et ce que je sais de certaines pratiques politiques et journalistiques m'incline à la plus grande circonspection. J'ai donc signé la pétition qui demande au premier ministre de clarifier cette affaire.

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Published by Laurent de Rauglaudre - dans Coups de gueule
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commentaires

Oliviegntchik 31/01/2006 12:49

c'est une bien triste affaire que tout cela.beacoup de jeunes bloggeurs emploi sont tout content quand le premier journaliste venu s'interesse à eux. l'envie d'une reconnaissance aussi, surtout quand on doute un peu de soi, on est tout heureux de se voir " reconnaître" ne serait-ce qu'un instant.ton article est là pour rappeller quelques règles de prudence.j'ai eu ya pas trop longtemps une candidate qui voyait son blog qualifié de " triste " , limité chomeur déprimé. "relativement " différent de ce qu'elle voulait projeter , et ce qu'elle projetait d'ailleurs.perso, le caractère "triste " ne me serait jamais venu à l'esprit.je dirai juste - sans parler de bons et de mauvaix journalistes - que bien souvent le questionnement n'est là que pour justifier une ligne de direction, et que mettre un témoignage rend l'article plus vivant, au détriment du fond.Faut reconnaitre que l'exercice est délicat des deux cotés : trouver un témoignage intéressant, souhaitant être publié, dans des délais parfois limites limites, aboutit au fait de puiser dans un carnet d'adresse finalement assez restreint. Et oui, il y en a qui "pleurent " pour apparaitre n'importe où. Tres vite, on retrouve les mêmes partout ...parlez de moi, en bien ou en mal mais parlez de moi !merci de remettre un peu les pendules à l'heure :)

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