Lundi 14 janvier 2008
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09:23
Zut encore le réveil qui sonne ! Décidément cette journée commence mal...
Flute, les enfants trainent à se préparer, ca continue...
La barbe, plein de gens perturbent le traffic au lieu de me laisser le macadam, on n'est jamais tranquille...
C'est quoi cette réunion à 9h, personne ne m'avait prévenu...
Le fournisseur, encore ce fournisseur en retard, vous parlez d'un partenariat, jamais fiable...
Quoi, ce collaborateur est malade, mais ça met tout le programme en l'air...
Ca y est mon manager m'a encore mis 12kg de dossiers sur la table, et je ne peux rien faire...
20 minutes que j'attends à l'accueil chez mon client, pourquoi personne ne me respecte...
Et bing les transport en commun en grève, à quelle heure je vais arriver à la maison...
Pour combler le tout, il n'y a plus de beurre dans le frigo, je vais manger les radis au naturel...
Bon vite dodo, ils m'ont tous pourri ma journée !
La liste est longue chaque jour de ces paquets de problèmes que les autres nous déversent, avec sadisme, dans notre chariot. Et comme nous sommes de pauvres victimes, il ne nous reste plus qu'à
nous plaindre. Les autres... mais qui a inventé cette engeance.
C'est sur le ton léger que j'aborde la question, mais c'est pourtant le symptôme que j'entends le plus souvent : "mes problèmes, c'est les autres". Or, si on part du principe que le seul chantier
possible est soi-même, que les seules choses que je peux changer, c'est mon comportement et le regard que je porte sur les événements, sur la gravité exagérée des menus désagréments, sur ma
responsabilité à me mettre dans des situations d'urgence, il est tentant de regarder chaque perturbation comme une opportunité à changer. Les autres ne vont-il pas alors modifier leur
positionnement, dans ma perception du réel ou même dans la réalité...
Par Laurent de Rauglaudre
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Publié dans : Débats
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Disponible sur deezer.
- Le judéo-christianisme a démasqué ce processus en montrant que celui qui est sacrifié est innocent et qu'il faut se méfier des mouvements de foule. Mais il a créé une autre dérive pathologique : on se croit (on se doit d'être) tous et personnellement coupable des maux de la Terre entière. D'où l'excès des confessionnaux.
On peut se référer à Kafka et "le Procès". Le héros du roman K se dit innocent, mais pour ne pas être poursuivi, il faut qu'il accepte d'être coupable. Coupable de quoi ? On s'en fout. L'important est qu'il se reconnaisse coupable. Kafka met en scène bien sûr le système totalitaire tchèque, mais on peut étendre cette vision.
=> Faudrait trouver un juste milieu : la faute des autres, oui parfois, notre faute aussi, parfois. Mais où, quand, comment, quoi, pourquoi ! C'est cela le discernement éthique.
Il n'empêche que "Le procès" est toujours d'actualité.