Conseil en management

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Laurent
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Jeudi 26 octobre 2006
Vive la course à la taille critique, vive les économies d'échelle, vive la conquête, serine-t-on dans les couloirs du pouvoir. Alors on développe, on grossit, on rationalise, on se mamouthise. Voire, on fusionne. Ah la belle affaire !

Prenons un exemple que j'observe de loin. A l'automne 2005, Gemplus et Axalto (respectivement numéro 1 et 2 mondial
de leur secteur - ou le contraire - en tout cas les 2 gorilles de la carte à puce) annoncent en grande pompe leur mariage improbable. Improbable car l'un est le miroir de l'autre : concurrents sur les mêmes lignes de produits, concurrents sur les mêmes zones géographiques, concurrents dans la communication, concurrents, concurrents, concurrents. Et puis après des années d'affrontement, le coup de foudre, les fiancailles, les accords des autorités de France, de Navarre, de Washington et de Bruxelles, le mariage. GemAlto est né.

Et très vite, immédiatement, avant même la cérémonie, les désillusions. Car dans le fond, à qui profite le crime ?

- A l'actionnaire bien sur, jeune sot ! En effet, en effet... un an après l'annonce des fiancailles, l'action en bourse est globalement toujours divisée par 2, et reste au coefficent de division  4 depuis l'entrée en bourse tonitruante de l'an 2000. Mais patience...

- Aux clients alors ! J'en doute... "Opérateur télécom d'un grand pays d'Amérique Latine, j'avais 2 fournisseurs solides qui me permettaient à la fois de saines mises en concurrence, mais aussi de diversifier mes risques. Aujourd'hui, je n'ai plus qu'un seul interlocuteur, je devoir me mettre en chasse d'un deuxième." Ce qui profite d'ailleurs au numéro 3, Oberthur...

- Aux fournisseurs peut-être ! Surement pas... La puissance de feu pour écraser ses fournisseurs et partenaires est d'autant plus importante que le mamouth pèse lourd, n'est-il pas ?

- Ca y est, j'ai trouvé... la fusion profite aux employés, où diantre avais-je la tête ? Il est amusant de constater le changement de discours des employés de Gemplus que je connais, entre l'annonce il y a 1 an et aujourd'hui. Certains voyaient des opportunités nouvelles, des synergies, et patati et patata - ils avaient été bien briefés. Depuis 3 mois, la seule personne de GemAlto que j'ai rencontrée qui soit motivée, travaille pour le projet de rationalisation des processus des 2 monstres. Elle est motivée tout en sachant que sa mission sera passionnante pendant 18 à 24 mois. Tous les autres parlent de leur réduction de responsabilité, des bagarres de pouvoir, du plan social qui arrivera inéluctablement, mais qui, sauvons les apparences, sera annoncé après les élections présidentielles - ça ferait désordre autrement.

Bref, un crime sans mobile, et tout le monde a un sacré alibi. Peut-on avancer l'hypothèse iconoclaste que ce genre d'opération sert surtout à gonfler certains ego ? Après tout, régner sur un fief n'est jamais aussi valorisant que gouverner un empire. Est-ce en construisant des "machins" que l'on réussit à mieux mobiliser les énergies ? Que gagne-t-on en créativité et en prise de risques quand les enjeux de politicaille transforment les équipiers en rameurs désenchantés ?

Plus les groupes se transforment en monstres, plus j'ai des doutes sur leur véritables desseins. Mais cela ne nous regarde pas...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Stratégie de management
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Lundi 23 octobre 2006
Samedi en compagnie d'une bande de jeunes (ils avaient entre 60 et 90 ans), lundi matin d'une autre bande (ils avaient entre 9 et 11 ans), je sors de 2 exercices de style pleins de richesse.

Risques ou opportunités des nouvelles technologies... le débat a été passionnant avec les membres de l'association Poursuivre. La fameuse Gaussienne était parmi nous...


Nous avions donc une répartition des avis : des précurseurs aux conservateurs en passant par une majorité ouverte à "élever son niveau". Débat très sympa que j'ai souhaité animer en balayant tout un tas d'usages nouveaux des Nouvelles Technologies de la Relation (sic). On a ainsi parlé de blogs, de wikis, de téléphonie sur IP, de voyage autour de la terre, de gratuité de services, de généalogie, de livres, de chat, de SMS, d'encyclopédie, de courriel, de portail, de forum, de synonymes, de photos, de vente, de musique, de wifi, de recherche, d'ADSL, de spams, de confiance...

Un vrai mélange ? Pas vraiment. Je souhaitais lever quelques inquiétudes, ébranler quelques certitudes, donner quelque envie, rappeler que dans ce monde qui se fait nouveau, il nous faut aiguiser différemment notre capacité de discernement. Différemment car si j'ai tambouriné que "internet, c'est comme la vie", les dangers comme les plus grandes expériences se présentent sous un angle inconnu. Ce cerveau de l'humanité qui se constitue peu à peu, en perpétuel évolution, échappe encore à l'analyse de nos politiques et de nos régulations traditionnelles.

L'une des gentilles piques reçues du fond de la salle a été : "pourriez-vous vous passer d'internet ?". J'ai répondu : "pourriez-vous vous passer de l'électricité ?" Le débateur a répondu "oui" à ma question. Ce "oui" a été immédiatement suivi d'une réprobation chahuteuse de la salle : "ouhouhouhouhouhou..." Tous ont finalement imité la "régulation naturelle" qui se met en place sur internet, et ce hululement a été un excellent exemple de ce qui se passe sur wikipedia quand quelqu'un publie une information erronée, très rapidement contredite ou remise en place.

J'ai fortement entendu les inquiétudes du genre : "comment savoir si l'information que je consulte est finalement bonne ?" Et j'ai répondu : "comme dans la vie ! Quelle est votre niveau de confiance par rapport au média que vous consultez ou à l'orateur que vous écoutez ? Internet n'est pas contrôlé par le pouvoir, il permet à chacun de s'adresser à tous. Il s'agit d'y développer sa réputation pour ceux qui publient, et pour ceux qui naviguent, d'apprendre à éviter le site www.jevaisvousarnaquer.com en développant antennes et vigilances."

Bref, discernement aiguisé - régulation naturelle me paraissent des éléments clés de ce nouveau monde virtuel.

Alors ce matin, l'animation à l'école m'a rappelé le chemin à parcourir. Car l'énergie des bambins submergeait toute régulation naturelle. Levant les doigts avant la fin de mes questions, gigotants et revendiquants la primauté de venir expliquer leur savoir au tableau, je mesurai l'état bien vert de leur capacité de discernement. C'est je crois, un défi majeur de notre génération, que d'élever nos enfants à grandir dans ce registre, en dehors de modèles "prêts à consommer".
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Débats
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Mardi 17 octobre 2006

Dans mon agenda de samedi prochain, j'interviens pour le club "Poursuivre". Ce club réunit des retraités qui souhaitent conserver agileté intellectuelle et curiosité. Voilà le programme...


Les nouvelles technologies, risques ou opportunités…

 

Un humoriste anglais a dit : "jusqu'à l'âge de 15 ans, les nouvelles technologies… ça a toujours existé ! Entre 15 et 45 ans, les nouvelles technologies… ce sont des opportunités professionnelles ! Après 45 ans, les nouvelles technologies… ce sont des risques !"

Le 21 octobre prochain, l'intervenant qui viendra tout juste de souffler ses 46 bougies, tentera de montrer que l'on peut arrêter le compteur à 45 :-)


Internet, téléphone portable, blogs, wikis, téléphonie gratuite, sms, agrégateurs, courriel, videoconférence, webconférence, alertes, outils de recherche, portail, pda, nouvelles messageries, chat, etc… la liste semble s'allonger chaque jour !

Comment s'y retrouver ? Quels sont les outils vraiment utiles ? Quelles sont les bonnes pratiques ? Comment sortir du charabia technique ? Combien cela coûte-t-il ?

Dans les années 1950, le téléphone en entreprise était réservé au dirigeant. "Quoi ! Un téléphone pour les employés ! Mais ils vont perdre leur temps et cela va augmenter nos coûts !" Aujourd'hui, une telle réflexion parait aberrante. Pourtant, les mêmes syndromes conservateurs apparaissent face aux nouvelles technologies : les téléphones portables ne sont pas toujours généralisés, l'accès à internet reste parfois réglementé, l'utilisation d'outils collaboratifs prohibée. Si elles sont utilisées à propos, les nouvelles technologies permettent de rester plus proche de ses clients, de ses amis, de sa famille, tout en optimisant le temps et en réduisant le nombre de déplacements.

Pour bien comprendre, il faut à la fois mesurer la nécessité de mettre en place les ingrédients du succès - créer la confiance, et s'approprier les fonctionnalités technologiques qui changent tout. Et ensuite… ces outils ne permettent-ils pas de raccourcir les distances et rapprocher les êtres humains ?

L'atelier du 21 octobre permettra à la fois de balayer un certain nombre d'usages modernes des technologies de l'information, et de débattre des enjeux de partage efficace et convivial de l'information.

 

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Débats
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Mercredi 11 octobre 2006
De temps en temps, on doit échanger de gros fichiers avec une ou plusieurs personnes. Or, les comptes de messageries les acceptent rarement. 20 M est souvent la taille maximum autoirisée pour un courriel. Il existe des solutions gratuites pour contourner le problème.

Je viens par exemple d'utiliser ce site d'échange de fichiers. On peut ainsi mettre à disposition pour de nombreuses personnes, et gratuitement, des fichiers à télécharger jusqu'à 100 M. La messagerie n'est ainsi pas encombrée.

Que ce soit pour échanger des photos de vacances, l'enregistrement d'une réunion, un fichier vidéo ou une lourde présentation, la solution du dépot/téléchargement me parait une pratique efficace et bon marché :-)
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son courriel
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Dimanche 8 octobre 2006
Ce n'est pas qu'un effet de pub. Le film "Indigènes" qui sort sur les écrans n'est pas un cliché ni un raccolage. Les messages sont clairs sans être caricaturés, la guerre est sale, réelle et crue - pas de sentimentalisme à l'américaine - les relations sonnent dans le vrai, les détails, terribles, sont sans appel.

On sort
bien sur écoeuré de notre histoire, peu fier de l'indigence de notre pays, enclin à ravaler notre morve quand nous donnons des leçons aux autres peuples sur les droits de l'homme. Les "indigènes" n'étaient pas une poignée mais plus de 200.000 ! Pas un détail de l'histoire...

Un film à montrer aux grands comme aux ados.
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Bons plans
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Vendredi 6 octobre 2006
Vous arrivez, professionnel, pile à l'heure au rendez-vous - c'est-à-dire que vous appuyez sur la sonnette du client à H-2 minutes. Vous déclinez identité et beau sourire à l'assistante de l'accueil qui vous demande de patienter pendant qu'elle prévient votre interlocuteur. Vous hésitez, dois-je m'asseoir, rester debout... Vous regardez par le fenêtre en révisant vos exercices de relaxation, vous mettez votre téléphone en mode "silence", vous passez une dernière fois en revue les arguments à développer pendant le rendez-vous, vous échangez quelques paroles essentielles avec l'hotesse d'accueil, du genre "il fait beau aujourd'hui, n'est-ce pas ?" ou plus puissant "vous avez une vue superbe depuis votre poste de travail".

Bref, vous poirotez !

5 minutes... 10 minutes... 15 minutes... à l'ouest pas plus qu'à l'est, rien de nouveau !

Alors vous faites quoa ?

1 - vous attendez sagement qu'on vienne vous chercher;
2 - vous demandez gentiment à l'hotesse de vérifier si votre interlocuteur sait que vous êtes là;
3 - vous prenez la poudre d'escampette offusqué qu'on se moque de vous;
4 - vous la jouez "Rambo, le retour", enfoncez la porte du bureau du client, envoyez un grand coup de tête sur son nez d'oiseau, doublé d'un uppercut bien dosé, attrapez son ordinateur pourri et le fracassez contre le mur, repartez fier vers votre Clio de fonction, sans oublier de décocher un de ces clins d'oeil complice à l'hotesse, stupéfaite mais énamourée.

Sérieusement, ce problème est courant. Que faut-il faire ? Accepter sous prétexte qu'on est fournisseur un comportement que le client n'accepte pas des autres ? Courber l'échine ?

Voilà ce que je vous suggère. Premièrement, arriver pile à l'heure, ce qui veut dire qu'on vise d'être sur place 15 minutes avant, on s'installe devant un verre de thé glacé dans le bar d'en face en attendant l'horaire. Une fois les présentations faites, on s'assure que l'hotesse prévient bien le client. De préférence, on reste debout pour accueillir l'arrivée du client, surtout si c'est un premier rendez-vous. Après 10-12 minutes d'attente (après l'horaire convenu donc), on s'enquiert auprès de l'assistante de savoir si l'interlocuteur est bien prévenu. Si elle relance au téléphone, on est fixé. Si elle confirme qu'il va arriver, on en reste là. A H +16-18 minutes, on demande à l'hotesse de rappeler pour vérifier que notre hote est bien disponible pour nous recevoir. Si aucune précision n'est apportée, à H + 25-30 minutes, on dit (aussi gentiment que possible, après tout elle n'y est pour rien) à l'hotesse d'accueil : "Désolé, je comprends que M ou Mme x n'est pas disponible pour me recevoir aujourd'hui. J'ai d'autres engagements importants. Je le rappelle pour fixer un autre rendez-vous." A ce moment là, soit l'assistante fait une dernière tentative pour que vous soyez reçu séance tenante, soit elle baisse les bras. Dans ce cas, vous quittez les lieux.

J'ai souvent exposé ce point de vue à des collègues, collaborateurs, clients,
ou à des amis. Les objections sont toujours les mêmes :
- Mais tu te rends compte, tu risques de perdre un client !
ou
- C'est facile à dire mais pas à faire !
ou
- Quand on est en situation de forte concurrence, on ne peut pas se permettre ce genre d'attitudes !

Et voici mes répliques :
- Que pensez-vous d'un client qui ne vous respecte pas, pensez-vous qu'il va ensuite travailler dans la collaboration avec vous, ou dans la tentative courante et manipulatoire de vous soumettre à ses désirs ? N'est-il pas plus opportun de développer les relations de business avec des clients qui se comportent comme de véritables partenaires ?
- Pourquoi est-ce si difficile de se faire respecter par son client ? De quoi a-t-on peur ? De perdre un client ? Etes-vous si sûr que vous allez le perdre parce que lui est en retard ? Le client n'a-t-il pas besoin de ses fournisseurs pour vivre ?
- Si votre agenda est correctement équilibré, vous avez d'autres engagements qui suivent le rendez-vous avec le client 1, n'est-ce-pas ? Alors pourquoi être en retard chez le client 2 à cause du client 1 ? Pourquoi continuer d'encourager les gens qui n'ont pas la politesse de respecter l'engagement qu'ils ont pris avec vous ?

Entendons-nous bien : il peut y avoir des événements exceptionnels qui déclenchent des retards. Mais dans ce cas, il est toujours possible d'expliquer : "la réunion où se trouve M ou Mme X dure plus longtemps que prévu. Il/elle a été prévenu de votre présence et vous demande si vous pouvez patienter 30 minutes. Il/elle est désolé." Ou mieux encore, l'interlocuteur s'échappe lui-même 2 minutes de la réunion en question, pour venir vous demander de patienter ou de reprendre rendez-vous.

Tout cela ne renforce-t-il pas l'obligation commerciale qu'on a de diversifier son portefeuille clients, pour développer les relations vraies et solides qui sont possibles entre partenaires de qualité...

Le proverbe disait : "l'exactitude est la politesse des rois". Apprenons donc à nos clients et partenaires à s'élever dans la noblesse...

Article en clin d'oeil à Thibault
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son commerce
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Jeudi 5 octobre 2006
Depuis quelques dizaines de milliers d'années (peut-être même centaines), l'être humain a conscience que les femmes ont des enfants. Au 21ème siècle, en France, on continue pourtant dans les entreprises de faire peser sur la grossesse : culpabilité, retard de carrière, brimades salariales et autres.

Parfois j'ai honte d'être un homme !

Elle revient de sa maternité et découvre que tous ses collègues ont été augmentés en son absence, sauf elle. Elle interroge son boss (un homme). Réponse incroyable et lâche : "tu n'étais pas là". Rien d'autre, pas d'argument. Elle va voir le boss de son boss, la DRH, bref, elle rentre dans la lutte. Le résultat est encore incertain quand nous déjeunons ensemble il y a quelques jours.

Que penser d'un management qui a des vues aussi courtes ? Que penser d'une direction des ressources humaines qui cautionne de telle pratiques ? Quelles peuvent être les véritables motivations pour écarter de l'équipe une femme enceinte en son absence ? Que peut-on imaginer de la motivation d'une jeune femme qui se sent exclue dès son retour ?

Rien n'est plus programmable que la maternité d'une collaboratrice. Dès qu'elle annonce l'heureux événement, on a quelques mois pour préparer son remplacement. On connait la durée de son absence. Si elle décide de prendre un congé parental, dans la mesure où on a établi une relation de confiance, le manager peut le savoir très tôt.

Je trouve pitoyable le mépris de ce sujet par nombre de managers !

Article dédié à Laetitia
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son équipe
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Mercredi 4 octobre 2006
Je suis souvent prompt à critiquer la vétusté de nos méthodes d'enseignement. Un grand dépoussiérage me paraît nécessaire quand je constate le décalage qui s'élargit entre la réalité de la vie de l'entreprise - soit environ 40 ans de notre vie - et les méthodes et messages que nombre d'enseignants continuent de dispenser à nos jeunes têtes...

Pourtant, il y a des changements et parfois des exemples qui font plaisir à voir. Il y a quelques jours, j'assistai à la réunion maitresse - parents d'un des enfants de la maisonnée, en classe de CM1.

La maitresse commence par un tonitruant : "je vais m'éclater". Ca fait plaisir à entendre. Et d'enchaîner propositions et clins d'oeil pédagogiques. Morceaux choisis :

- elle invite chaque parent à venir passer une demi-journée dans sa classe --> "cela me fait plaisir et ca ne dérange pas les enfants" --> sympa pour rapprocher école et parents, non ?
- elle propose des contrats aux enfants, à celui-là, timide : "je ne t'ai pas beaucoup entendu aujourd'hui, demain on se met d'accord pour que tu lèves le doigt 5 fois" --> du développement de la notion d'engagement;
- habilement, elle fait passer un message aux parents en se mettant en scène : "quelquefois, je ne comprends pas ce que l'élève ne comprend pas, il faut que je me creuse la tête pour me mettre à sa place" --> un zeste de réflexe d'empathie;
- elle fait faire des exercices de représentation mentale : "fermez les yeux, pensez à un chat, que voyez-vous ?" Les élèves voient de multiples choses, un chat qui court, un chat qui dort, une bande dessinée, le mot chat écrit en majuscule, et certains... rien ! "Imaginez, celui qui ne voit rien, que va-t-il comprendre quand je parlerai de fraction ou d'accord du participe passé" --> de la diversité de l'appréhension de l'abstrait;
- elle met en place le tutorat entre élèves en soulignant que cette méthode profite aux 2 protagonistes... essayez d'expliquer ce que vous avez compris, vous en aurez une connaissance plus solide --> ou comment valoriser la délégation et le devoir didactique de chacun;
- elle leur propose l'énigme de la semaine - avec 2 seaux, l'un de 3 litres, l'autre de 4, comment avoir exactement 2 litres --> vous avez trouvé en combien de temps ?
- etc...

Rien d'extraordinaire me direz-vous. C'est vrai, juste une maitresse passionnée et pleine d'initiatives pour éveiller le plus grand nombre et solliciter l'esprit critique.

Quant à l'assemblée de parents, toutes les angoisses propres de l'enfance resurgissent. Ce père de famille qui interpelle la maitresse : "quand je vois comment le cahier de mon fils est tenu, je hurle (SIC)".  Et la maitresse de répondre avec calme et fermeté : "certains élèves ont une vilaine écriture. Ils sont proches de la stabilisation de leur calligraphie. Je ne renvoie pas les cahiers des élèves qui écrivent mal, sinon certains ne décoleraient jamais. Si je n'arrive pas à lire, bien sur, je leur demande de refaire. Mais on en est à l'apprentissage de la compréhension, de l'interprétation." Un autre parent de rajouter
facétieusement "certains médecins écrivent très mal"...

Enfin, je note que sur chaque point évoqué pendant la réunion, les "ho" et les froncements de sourcis, les mini-débats et les inquiétudes montrent qu'il y a presque autant d'avis que de participants.

Que c'est dur d'éduquer... Moi, je pense que cette classe est entre de bonnes mains !
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Et la famille...
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Mardi 3 octobre 2006
Le coeur du débat de notre intervention familiale bi-céphale battait sur l'élasticité dans laquelle doit évoluer le manager entre responsabilité et conviction. J'ai aussi chatouillé ces idées dans "oppositions ou pulsations".

Pour tacher d'être très concret, le manager peut-il simplement se cacher derrière la notion de responsabilité déléguée ?

"
Suivre les ordres
" a tambouriné Eichmann à son procès, comme seule ligne de défense. N'est-ce pas soumission excessive à l'autorité et au cadre de ses responsabilités ? Réponse évidente. N'était-il pas l'heure de puiser dans ses convictions ?

D'un autre coté, que pensez de ceux
qui, pétris de convictions, finissent leur vie dans la ferraille et le béton de tours gigantesques et symboliques, entrainant avec eux nombre d'innocents. Absence de repères et de responsabilité ?

Ces 2 exemples, excessifs, pris dans l'histoire, illustrent qu'il ne suffit pas de "suivre ses convictions" ou "d'agir dans le périmêtre de ses responsabilités". La conviction ne doit-elle pas être relativisée par le sens des responsabilités ? La responsabilité ne s'arrête-t-elle pas là où les convictions sont ébranlées ?

Comment garder en éveil la conscience du manager, pour qu'il arbitre avec à-propos dans une saine oscillation responsabilité/conviction ?


Je cite wikipedia concernant le cas Eichmann, en particulier pour ce qui concerne "la troisième et très controversée analyse" et le spectre de "faire carrière" :

Le cas Eichmann 

Depuis plus de quarante ans qu'Eichmann est mort, les historiens n'ont cessé de spéculer sur sa vie et sur son action. La question la plus cruciale étant de définir sa responsabilité exacte dans la mise en œuvre de la solution finale. La plupart affirme qu'il savait exactement ce qu'il faisait et connaissait les conséquences de ses actes. Néanmoins, quelques-uns, dont son fils, estiment qu'il a été méjugé et qu'il ne faisait que son devoir de soldat allemand.

Une troisième et très controversée analyse est faite notamment par Hannah Arendt, une juive allemande exilée aux États-Unis lors de la monté du nazisme dans les années 1930 et qui a couvert le procès Eichmann pour le magazine The New-Yorker. Dans son ouvrage Eichmann à Jérusalem qui compile ses chroniques de ce procès, Arendt conclut qu'Eichmann n'a montré ni antisémitisme ni troubles psychiques, et qu'il n'avait agi de la sorte durant la guerre que pour « faire carrière ». Elle le décrit comme étant la personnification même de la « banalité du mal », se basant sur le fait qu'au procès il n'a semblé ressentir ni culpabilité ni haine et présenté une personnalité tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Elle élargit cette constatation à la plupart des criminels nazis, et ce quelque soit le rang dans la chaîne de commandement, chacun effectuant consciencieusement son petit travail de fonctionnaire ou de soldat plus préoccupé comme tout un chacun par son avancement que par les conséquence réelles du travail. Beaucoup allèrent plus loin dans ce raisonnement en affirmant que chacun, pour peu que les bonnes conditions soient réunies, les bons ordres, les bonnes incitations données au bon moment, peut commettre les crimes les plus odieux, mais Arendt elle-même refusa cette interprétation.


A méditer...


par Laurent de Rauglaudre publié dans : Stratégie de management
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Dimanche 1 octobre 2006
Regardez ce document. Spectaculaire non !

Encore un exemple que la réalité a toujours plus de couleurs que l'on imagine. Et donc, que lorsque qu'on argumente pour le rose, il convient également d'écouter celui ou celle qui développe une argumentation verte...

Confrontation, confrontation...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Divers z'et varié
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