Conseil en management

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Ce blog a pour vocation de partager réflexions et expériences en matière de management. Clins d'oeil, analyses, trucs, débats, coups de gueule, réactions, commentaires, et... offre de services.
Bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter...

Laurent
Artisan Consultant
Coaching en ligne

 
 
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Quelques bons bouquins...

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Mercredi 27 septembre 2006
Grâce à l'un de mes lecteurs (David... à qui je dédie cet article), je vais corriger un crime de mon ignorance. Depuis plus de 10 ans, quand je présente le diagramme de PERT (Program Evaluation Review Technique), je me trompe de nom de baptême. La méthode que j'enseigne n'est pas à proprement parler le PERT. Ai-je été trompé par mes lectures ou par l'utilisation il y a quelques années de Microsoft Project qui dénommait PERT, à tord, la représentation dont je parle dans l'article que j'ai écrit en mars 2005 ?

Selon David, "ma proposition" est la méthode CPM. J'ai fait des recherches - AFITEP, PMI, wikipedia, internet, bouquins projet... En effet, ce que j'explique se rapproche davantage de la méthode Critical Path Method --> voir le dictionnaire franco-anglais de l'AFITEP, ou NetMBA.

Je vais donc modifier mes outils de formation et ajouter une remarque dans mon article sur la méthode PERT.

En définitive, ce qui m'importe le plus n'est pas de défendre une méthode contre une autre. Ce qui m'importe n'est pas non plus de tenter de faire passer l'exhaustivité des méthodes aux participants des formations que j'anime. Ce qui me parait important est de produire un résultat en équipe, avec l'apport de chacun.

Mon constat est que travailler l'enchainement logique des tâches d'un projet avec des post-it sur un mur, en impliquant l'ensemble de l'équipe projet est un facteur clé de succès. On obtient ainsi l'engagement des contributeurs au résultat final, la production d'un planning à peu près logique, la résolution préventive de nombreuses incohérences. Pour parvenir à construire un tel planning ensemble, il faut suivre quelques étapes précises pour enourager la créativité de l'équipe et dégager les blocages sur la fameuse date de livraison au client. En planification initiale, proscrire l'ordinateur au profit de papier, crayon, gomme, scotch, grandes feuilles blanches, gomme-colle - ah les horribles choses de l'ancien temps - me paraît primordial.

Heureusement que j'ai de fidèles lecteurs pour corriger mes errements. Je continuerai donc d'insuffler le vent de la méthode de planification initiale en équipe sur le mur, en notant simplement qu'elle s'inspire des méthodes PERT et CPM.

Merci David :-)

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son projet
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Mercredi 27 septembre 2006
Je lis actuellement Léon l'Africain d'Amin Maalouf. Je vous cite quelques lignes :

"Aide ton frère, qu'il soit oppresseur ou opprimé"...
"L'opprimé, nous l'aiderons, cela va de soi. Mais l'oppresseur, de quelle manière devrions-nous l'aider ?"
Or, il avait répondu : "Vous l'aiderez en prenant le dessus sur lui et en l'empêchant de nuire."

On peut comprendre que des peuples se révoltent contre l'oppresseur. On oublie parfois qu'à notre échelle, avec notre attitude de manager, on peut devenir oppresseur. N'accepte-t-on pas sans bouger les excès des tyrans en herbe qui prennent le pouvoir ça et là dans les entreprises ? N'est-il pas de notre responsabilité de les "empêcher de nuire" ? N'est-ce pas une bonne chose pour l'intérêt général ? Rappelez-vous l'anecdote de Jimmy...

Pas de naïveté : bien sur, travailler avec compréhension, en équipe, privilégier l'écoute, la contribution sont des clés de succès. J'en suis profondément convaincu. Mais parfois la lutte est là, on ne peut y échapper. Et si l'oppresseur est identifié, il ne peut y avoir qu'une dernière solution : l'empêcher de nuire.

Courage :-)
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Citations et biblio
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Vendredi 22 septembre 2006
Depuis que j'ai décidé de lancer une offre de coaching en ligne, j'en parle et demande des avis autour de moi. A mon grand étonnement, l'accueil a été unanimement positif. Je m'attendais à des résistances, je m'attendais à des objections sévères sur la nécessité de la présence physique, etc. Non seulement ceux qui ont élevé des objections mineures les ont eux-mêmes balayées, mais j'ai eu plusieurs avis favorables de DRH - que j'aurais pensé plus conservateurs/trices sur ce sujet.

Tant mieux, cela prouve que le besoin existe, et que mon offre a du sens.

Et bonne nouvelle ce matin : j'ai "signé" en ligne une première affaire. On démarre avec 10 séances hebdomadaires de 30 minutes, ce qui démontre aussi qu'il y a une attente pour des séances brèves et rapprochées.

:-)
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Coaching en ligne
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Lundi 18 septembre 2006

Je lance aujourd'hui une offre de coaching en ligne. Cette initiative s'inscrit dans mes profondes convictions sur l'efficacité de l'accompagnement personnalisé, et dans la disponibilité des Technologies de la Relation.

 

La foire aux questions devrait vous permettre de comprendre comment une telle offre est aujourd'hui possible.

 

Vos commentaires ou critiques sont les bienvenus, soit en commentant directement ce document, soit plus discrètement en m'écrivant.


A très bientôt,

Laurent

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Coaching en ligne
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Samedi 16 septembre 2006
Maintenant disponible chez Amazon, un point bleu dans les ondes est le premier roman de mon frère Nicolas.

Je vous encourage vivement à commander ce roman de science-fiction, tout à fait original dans son scénario et sa construction. Pensez donc : au 23ème siècle, un homme de la planête Mars qui ne connaît pas la Terre, convainc les autorités de l'autoriser à faire le voyage à l'envers...

Aventures, philosophie, amours, religions, pouvoir, sciences... et pour ceux qui connaissent Nicolas, un brin d'autobiographie...

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Citations et biblio
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Vendredi 15 septembre 2006
Je l'avais vu il y a plus de 20 ans, le film (hier soir sur Arte) m'avait alors impressionné. Fitzcarraldo est une composition à part. Klaus Kinski fait encore une apparition à l'écran étonnante : son regard fascine, son personnage inquiète.

Le bateau remonte un affluent de l'Amazone, traverse des contrées infestées de "vilains" indiens invisibles. La mutinerie gronde à bord, et finalement l'équipage décampe. Les indiens apparaissent, menaçants. L'ambiance est lourde, mais
Fitzcarraldo
s'appuie sur des légendes locales pour se transformer en une sorte de leader susceptible d'exorciser on ne sait quelle croyance. Le film est lent. Fitzcarraldo réussit un pari insensé : faire passer l'énorme bateau par dessus une colline abrupte pour rejoindre un autre bras de l'Amazone, inaccessible autrement car barré par des rapides infranchissables. Il met au travail pour cette entreprise pharaonique les centaines d'indiens, aussi insondables que dociles.

Et après la réussite de cet fol exploit - et le film dure pour y arriver, mais avec de sublimes images - l'équipée se perd dans une beuverie de la victoire.

La nuit, le chef des indiens brise les cordages du bateau qui, entrainé dans les rapides, retourne à son point de départ après de vertigineuses cascades... Fin du rêve !

Je ne peux pas m'empêcher de faire des analogies... On se bagarre, on monte des plans, on mobilise les énergies, on définit des objectifs ambitieux, on monte la barre plus haut, on affronte les dangers, on contourne des obstacles, on relance, on pioche, on trime, et parfois le succès pointe son nez. Alors on fait la fête, on respire un grand coup, pourtant un autre risque sournois a déjà pris rendez-vous : on se relache.

Combien de boites se sont écroulées au faîte de leur gloire, combien de sportifs après l'exploit ultime n'ont pas réussi à rester au top, combien de grandes civilisations ont connu la décadence pour avoir perdu toute vigilance ? A l'heure de la victoire, n'est-ce pas le moment d'investir dans l'innovation, de se resserer autour de ses valeurs, de maintenir la garde, de partager les fruits ?

Le succès, un mythe aveuglant...

Le film se termine sur une scène sublime et sur-réaliste :
Fitzcarraldo consacre ses utimes deniers à mettre en scène, sur le bateau qu'il a vendu et qui croise une dernière fois sous sa gouverne sur l'immense Amazone, un ensemble orchestral qui joue pour lui seul un opéra. Une sortie dans l'art et le dérisoire...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Stratégie de management
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Mercredi 13 septembre 2006
S'il a le sens de l'humour, pourquoi ne proposer cette leçon de sagesse à votre boss...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son chef
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Mardi 12 septembre 2006
Depuis le début de l'été, mon blog a dépassé les 100.000 visiteurs uniques et les 500.000 pages vues. Pas mal pour un artisan. Et la pub m'a rapporté quelques 70 € depuis le début de l'année. Je l'avais prédit, c'est le début, modeste certes, de la fortune.

N'empêche, sur un sujet comme le management - c'est moins passionnant que la campagne électorale ou les petites culottes de nos starlettes -, avec une moyenne de moins de 10 articles publiés par mois, et sans être un gourou à forte renommée, 100.000 lecteurs en moins de 2 ans, c'est pas mal. Un disque d'or !

Relativisons 1 : j'ai un aspirateur très fort, c'est mon coup de gueule contre neuf telecom. Depuis un an et demi, cet article est toujours en tête des hits de mon blog. Comme quoi, rien ne vaut les décibels pour attirer les foules - çà me rappelle le concert de Johnny au Vélodromme, 80.000 spectateurs (seulement, pouh, moi je suis à 100.000).

Relativisons 2 : je sais que dans les 100.000, certains viennent plusieurs fois, il y aurait même des fans. Youpi !

Relativisons 3 : je sais que plein de visiteurs passent par erreur parce que j'utilise ici ou là des mots écrits dans des chansons, ou parce qu'ils se sont simplement égarés.

Mais quand même, j'ai mes quelques neurones et synapses dans le grand jeu complexe de l'internet. Et une petite place dans la révolte du pronetariat. Tout cela fait la pub et la vitrine de ma p'tite entreprise, et certains continuent de faire des détours pour mes "petits pains au chocolat".

Allez, je vise le million maintenant :-)
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son blog
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Dimanche 10 septembre 2006

N'empèche que la puissance des blogs n'a pas fini de m'épater...

Caché dans le fond du jardin, en train de nettoyer la nature folle, je vois Sandrine arriver en plein après-midi de dimanche le téléphone à la main.

"Bonjour" (je reconnais l'accent typique du Québec). J'ai trouvé votre témoignage sur le 11 septembre 2001 sur votre blog. Je suis journaliste pour une radio Québécoise (dans l'empressement, je n'ai pas retenu le nom), je voudrais vous interviewer demain midi en direct.

J'ai en effet commencé à publier "ma semaine du 11 septembre 2001", et puis j'ai arrété en février 2005. J'avais écrit une quinzaine de pages sur cette incroyable enchevêtrement d'événements dans ma vie.

Le clin d'oeil québécois va m'encourager à raconter la suite...

par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son blog
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Samedi 9 septembre 2006
Programme et parterre alléchants ce vendredi au forum des entrepreneurs à Euromed, école de management à Marseille. Un titre « faut-il repenser la croissance », des intervenants de qualité, un millier de participants, chefs d’entreprise de la région. J’ai envie de partager avec vous quelques impressions, des réflexions, quelques éléments que j’ai aimés et d’autres qui m’ont déçus ou laissés sur ma faim…
 
J’ai bien aimé…

Ce commentaire d’un anonyme, ancien élève de l’école, participant depuis 15 ans aux divers forums, et qui a fait remarquer que les sujets traités dans ce type de manifestation évoluaient très significativement. On était dans l’atelier « le siècle de la peur a-t-il commencé ? », loin des sujets « business traditionnel » où l’on tente d’expliquer les dernières trouvailles marketing pour écrabouiller son concurrent, ou les exploits financiers de quelques brillantes multinationales.

 
J’ai bien aimé…

Ce clin d’œil de Jacques Salomé, célèbre psychosociologue, nous rappelant que derrière chaque peur, il y a un désir. « J’ai peur de perdre mon emploi... j’ai envie de travailler », « j’ai peur que tu me quittes... je veux qu’on reste ensemble », « j’ai peur de mourir... j’ai envie de vivre ! »

 
J’ai bien aimé…

Le commentaire insistant de Jacques Perrin, commissaire divisionnaire, exhortant les chefs d’entreprise à se rapprocher de l’école, à s’investir dans leurs quartiers. « Combien gagne à votre avis un gamin de 12 ans, qui fait le gué dans une cité pour protéger des plus grands en train de fomenter un mauvais coup ? 100 € par jour ! Pourquoi voulez-vous qu’il aille à l’école ? »

 
Je n’ai pas aimé…

Mon incapacité à oser faire ce que ma conscience me soufflait. Claude Nahon, responsable du développement durable d’EDF, après des élucubrations tortueuses, s’étonna que la lumière de la salle fût allumée à 10h du matin, un jour de grand soleil marseillais. Je me suis dit : « lève-toi, va éteindre, c’est un geste important, maintenant ». Je n’y suis pas allé, le dégât a suivi… Un petit malin dans la salle a interpellé Madame Nahon « allez donc l’éteindre », ce qu’elle a fait, en se justifiant qu’elle ne craignait pas de le faire, etc, etc… Or, j’appelle cela un petit dégât car on a encore renvoyé vers le responsable « officiel », celui qui est sur les planches, la responsabilité d’agir. Pourtant ne devons-nous pas tous nous mobiliser, réveiller nos consciences…

 
J’ai bien aimé…

Walter Baets, directeur de programmes à Euromed, demandant aux chefs d’entreprise de réfléchir, ce week-end, au véritable objectif de leur boite, et s’il n’avait pas de réponse lundi matin, de lancer un programme collectif de travail à ce sujet. Avec humour, il a balayé tout objectif qui se résumerait à « faire de l’argent ». Les temps changent dans les écoles de commerce…

 
J’ai bien aimé…

Les anecdotes sucrées d’Eric Julien, géographe. Il guide un Indien d’une tribu Sud-américaine dans un voyage en France. L’Indien, habitué à ce que les trous faits dans la terre aient un sens symbolique, interroge Eric Julien sur le sens du tunnel qu’ils traversent en voiture. Celui-ci lui répond que le tunnel permet d’aller plus vite, de contourner la montagne. Et l’Indien de s’étonner : « jusqu’où voulez-vous aller plus vite ? »

 
Je n’ai pas aimé…

Le « credo in unum croissance » du discours de Laurence Parisot, Présidente du Medef. J’ai été déçu par son discours, déçu par son attaque frontale contre Bruno Juillard, Président du syndicat UNEF.

 

Arrêtons-nous quelques instants sur l’incident. J’avais trouvé Bruno Juillard maladroit, voire à coté de la plaque lors de la bataille du CPE. Je l’ai trouvé bien meilleur hier. D’abord, il a reconnu que pour lui, 3 mois de lutte, la rue, les excès, pour arriver au retrait de la loi, était une forme « d’échec » - échec de la communication j’imagine. Je trouve cela courageux de sa part de reconnaître cela, alors qu’il est sorti « vainqueur » contre le gouvernement. Pas un mince exploit. Et puis lors du débat, il dit quelque chose comme : « les jeunes voient les entreprises comme des lieux hostiles ».

 

Plus tard, arrive sur scène Laurence Parisot pour conclure les débats. Elle sert la main de Bruno Juillard, annonce au micro que cette poignée de main est une première, et qu’elle est ouverte au dialogue. Bien.

 

Et elle enchaine tout de go (devant 900 personnes) : « Monsieur Juillard, cessez de dire que les entreprise sont des lieux hostiles. »

 

Et bien, je trouve ce propos catastrophique. Pour ouvrir la communication, Laurence Parisot commence par une agression verbale directe. Les jeunes ont peur des entreprises dit-il ? Est-ce en l’agressant que cette peur va diminuer – rappelons-nous le propos de Jacques Salomé, « derrière la peur, il y a un désir ». N’était-il pas possible de dire simplement : « Monsieur Juillard, je vous entends dire que les entreprises sont des lieux hostiles pour les jeunes, ou du moins que les jeunes pensent cela. En tant que représentante des chefs d’entreprise, je suis blessée d’entendre ces mots car nous faisons des efforts, blablabla…, et j’aimerais que nous travaillons ensemble sur ce piteux symptôme, blablabla… »

C’est la même chose, voire c’est de la langue de bois, dirons certains. Et bien non. Dans le premier cas, le propos est agressif, c'est un ordre « cessez ! ». Dans le deuxième cas et s’il est fait avec sincérité, « je suis blessée (ou touchée ou déçue…) » est une forme qui engage l’autre à débattre ouvertement pour chercher un rapprochement – s’il est de bonne volonté. Ce n’est pas un détail, c’est essentiel pour instaurer une vraie négociation.

 

D’ailleurs, le résultat ne s’est pas fait attendre. Laurence Parisot a fait son speech, que j’ai trouvé peu convaincant et très « pensée unique, credo in unum croissance ». Bruno Juillard a repris le micro pour dire qu’il ne trouvait rien dans le discours de nature à rapprocher les jeunes de ce monde-là. Laurence Parisot a répliqué qu’elle parlait à des chefs d’entreprise ! Sans commentaires.

 
Je suis dubitatif…

Le show de 2 heures d’Alexandre Adler était magistral. Quelle fresque ! « Le monde en 2020 ». Pari impossible, pari fou… Un kaléidoscope de tous les continents avec force références, prospectives audacieuses, équilibres redessinés. Pourtant, je suis dubitatif. L’essentiel du discours ne résidait-il pas dans le prolongement des 10 minutes de précautions oratoires de l'introduction. Quoi… Ne pouvant pas prévoir les catastrophes, on a eu droit aux extrapolations d’un virtuose : voilà ou mènent les tendances des courbes politiques et économiques, toutes choses étant égales par ailleurs.

 

Tout cela de mon point de vue occultait le fond du débat « faut-il repenser la croissance ? » On sait maintenant avec certitude que la Planète ne pourra pas supporter longtemps le modèle de croissance tel que nous l’avons préparé pour nos enfants. Et les dangers, semblent-ils, sont à portée de nos propres vies, ou de celle de la génération qui arrive. Alors magnifique kaléidoscope, virtuosité, mais peut-être gigantesque mirage.

 
J’ai bien aimé…

L’énergie, l’humour et la jeune pêche oratoire de Daniel Cohn Bendit. Quand il assène : « ne peut-on fermement demander aux Chinois qui préparent les Jeux, de respecter les valeurs olympiques pour leurs ouvriers qui construisent les stades ? », c’est une manière de réveiller les consciences des chefs d’entreprise, prosternés devant le « Dieu marché ».

Et d'ajouter quelque chose comme : « on utilise la croissance du PIB comme seul indicateur ? Mais à quelle croissance sommes-nous attachés ? A la croissance du CO2 dans l'atmosphère ? A la croissance du terrorisme dans le monde ? ... Ne faut-il pas créer d'autres formes de référentiels de croissance ? »

 
J’ai bien aimé…

Stéphan Brousse, Président de L’UPE 13, quand il dit que « nous sommes devenus riches, il va nous falloir apprendre à partager ».

 
Je n’ai pas aimé…

L’animateur du débat de l’après-midi à la provocation facile, et qui, silencieusement, les sourcils plissés, a pris l’air narquois lorsque Jacques Salomé ramenait le sujet de la croissance vers une réflexion sur le développement personnel. Le bonheur n’est semble-t-il toujours pas à l’agenda de ceux pour qui la quête de l’ego est celle du graal. Dommage :-(.

 
J’ai bien aimé…

La discussion du déjeuner avec plusieurs congressistes. Nous avons prolongé l’idée d’Alexandre Adler du matin. La France, en panne d’initiative en Europe pour cause de référendum à reculons, ne devrait-elle pas repartir en audace avec quelques-uns ? Partager la puissance nucléaire avec un club de 5 ou 6 – Allemagne, Benelux, Italie par exemple – et faire souffler un renouveau venu des fondateurs de l’Europe.

 

Je me suis alors enflammé pour contrer les propos encore désolés sur notre Europe : « on est en panne, on est en retard, etc… ». Ralbol ! Ce n’est pas vrai. L’Europe est un phare du monde. Jamais dans l’histoire, autant de peuples n’ont tenté, autrement que par la guerre ou les alliances douteuses, d’unir leurs forces. Que se passait-il en Europe il y a 60 ans ? Faut-il encore le rappeler ? Il y a 15 ans pour exporter des cartes à puce Italie, il me fallait des licences d’importations italiennes, des licences d’exportation françaises, des procédures administratives ridicules. Faut-il faire en permanence un inventaire à la Prévert des progrès accomplis, ou continuer de se saoûler de lamentations ?

 

Bien sur, il est difficile de négocier à 25, bien sur, il y a trop de complexité, bien sur, il faut réinventer, et encore réinventer. Cette constitution ratée, c’est un coup d’arrêt, ok. Mais c’est un détail à l’échelle de l’histoire. De quoi parlerons-nous dans 500 ans ? De l’incroyable tentative, à la sortie d’un génocide sans précédent, qu’ont lancé les anciens ennemis pour construire ensemble un espace de paix, de prospérité, de progrès social. Parlera-t-on beaucoup des myriades de tergiversations, nécessaires à la construction. Alors foin des tiédeurs.

 

Je comprends ou interprète ainsi l’idée d’Adler : relancer des initiatives « régionales », de nature à bousculer le machin. Qui, de tous les pays européens, est le mieux placé pour s’approprier l’audace ? N’est-ce pas aussi un peu notre responsabilité après le fiasco du référendum ?

 
J’ai bien aimé…

Même s’il a peu parlé dans ce concert bruyant d’idées, Jacques Salomé a souligné que le seul antidote à la violence est la communication. Rafraichissant.

 

Reste sans doute à toujours mieux apprendre à communiquer, à rester vigilant sur les signaux que nous envoyons consciemment ou non. Finalement, Laurence Parisot a peut-être réagi avec ses propres peurs… et désire profondément avancer vers Bruno Juillard...

 

Au fait, mon boulot à remettre ce lundi à Walter Baets ?

 

Il m'est apparu avant la fin de l’atelier sur la peur. J’hésite presque à le dire. L’objectif de ma boite, sa mission plutôt, je crois bien que c’est « éveiller ou réveiller les consciences ». Suis-je trop ambitieux ?


par Laurent de Rauglaudre publié dans : Débats
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