Vendredi 15 septembre 2006
Je l'avais vu il y a plus de 20 ans, le film (hier soir sur Arte) m'avait alors impressionné. Fitzcarraldo est une composition à part. Klaus Kinski fait encore une apparition à l'écran étonnante : son regard fascine, son personnage inquiète.

Le bateau remonte un affluent de l'Amazone, traverse des contrées infestées de "vilains" indiens invisibles. La mutinerie gronde à bord, et finalement l'équipage décampe. Les indiens apparaissent, menaçants. L'ambiance est lourde, mais Fitzcarraldo s'appuie sur des légendes locales pour se transformer en une sorte de leader susceptible d'exorciser on ne sait quelle croyance. Le film est lent. Fitzcarraldo réussit un pari insensé : faire passer l'énorme bateau par dessus une colline abrupte pour rejoindre un autre bras de l'Amazone, inaccessible autrement car barré par des rapides infranchissables. Il met au travail pour cette entreprise pharaonique les centaines d'indiens, aussi insondables que dociles.
Et après la réussite de cet fol exploit - et le film dure pour y arriver, mais avec de sublimes images - l'équipée se perd dans une beuverie de la victoire.
La nuit, le chef des indiens brise les cordages du bateau qui, entrainé dans les rapides, retourne à son point de départ après de vertigineuses cascades... Fin du rêve !
Je ne peux pas m'empêcher de faire des analogies... On se bagarre, on monte des plans, on mobilise les énergies, on définit des objectifs ambitieux, on monte la barre plus haut, on affronte les dangers, on contourne des obstacles, on relance, on pioche, on trime, et parfois le succès pointe son nez. Alors on fait la fête, on respire un grand coup, pourtant un autre risque sournois a déjà pris rendez-vous : on se relache.
Combien de boites se sont écroulées au faîte de leur gloire, combien de sportifs après l'exploit ultime n'ont pas réussi à rester au top, combien de grandes civilisations ont connu la décadence pour avoir perdu toute vigilance ? A l'heure de la victoire, n'est-ce pas le moment d'investir dans l'innovation, de se resserer autour de ses valeurs, de maintenir la garde, de partager les fruits ?
Le succès, un mythe aveuglant...
Le film se termine sur une scène sublime et sur-réaliste : Fitzcarraldo consacre ses utimes deniers à mettre en scène, sur le bateau qu'il a vendu et qui croise une dernière fois sous sa gouverne sur l'immense Amazone, un ensemble orchestral qui joue pour lui seul un opéra. Une sortie dans l'art et le dérisoire...

Le bateau remonte un affluent de l'Amazone, traverse des contrées infestées de "vilains" indiens invisibles. La mutinerie gronde à bord, et finalement l'équipage décampe. Les indiens apparaissent, menaçants. L'ambiance est lourde, mais Fitzcarraldo s'appuie sur des légendes locales pour se transformer en une sorte de leader susceptible d'exorciser on ne sait quelle croyance. Le film est lent. Fitzcarraldo réussit un pari insensé : faire passer l'énorme bateau par dessus une colline abrupte pour rejoindre un autre bras de l'Amazone, inaccessible autrement car barré par des rapides infranchissables. Il met au travail pour cette entreprise pharaonique les centaines d'indiens, aussi insondables que dociles.
Et après la réussite de cet fol exploit - et le film dure pour y arriver, mais avec de sublimes images - l'équipée se perd dans une beuverie de la victoire.
La nuit, le chef des indiens brise les cordages du bateau qui, entrainé dans les rapides, retourne à son point de départ après de vertigineuses cascades... Fin du rêve !
Je ne peux pas m'empêcher de faire des analogies... On se bagarre, on monte des plans, on mobilise les énergies, on définit des objectifs ambitieux, on monte la barre plus haut, on affronte les dangers, on contourne des obstacles, on relance, on pioche, on trime, et parfois le succès pointe son nez. Alors on fait la fête, on respire un grand coup, pourtant un autre risque sournois a déjà pris rendez-vous : on se relache.
Combien de boites se sont écroulées au faîte de leur gloire, combien de sportifs après l'exploit ultime n'ont pas réussi à rester au top, combien de grandes civilisations ont connu la décadence pour avoir perdu toute vigilance ? A l'heure de la victoire, n'est-ce pas le moment d'investir dans l'innovation, de se resserer autour de ses valeurs, de maintenir la garde, de partager les fruits ?
Le succès, un mythe aveuglant...
Le film se termine sur une scène sublime et sur-réaliste : Fitzcarraldo consacre ses utimes deniers à mettre en scène, sur le bateau qu'il a vendu et qui croise une dernière fois sous sa gouverne sur l'immense Amazone, un ensemble orchestral qui joue pour lui seul un opéra. Une sortie dans l'art et le dérisoire...
par Laurent de Rauglaudre
publié dans :
Stratégie de management
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