Conseil en management

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Laurent
Artisan Consultant
Coaching en ligne

 
 
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Dimanche 25 mai 2008
C’est mon frère Daniel (ils sont décidément importants mes frangins...) qui un jour m’a fait prendre conscience d’une de mes représentations mentales. Je suis “synesthètes“ dans le langage scientifique... Je ne crois pas que ce soit grave et je ne me soigne pas :-)

Ce schéma que ne renierait pas Saint Exupéry est une pâle tentative de description de ma représentation des mois de l’année.

Dans mon esprit, l’année est un doux mélange d’ellipse et de rectangle. Les mois n’ont pas la même taille : juillet et août  sont disproportionnés, probable reste enfantin des grandes vacances. De janvier à fin juin, on est à la base de l’ellipse. Juillet part en angle vertical, et août vire à droite. Septembre replonge vers le bas.  Cette vision intime n’est pas plane, elle est spatiale. Quand je vois mon dessin, je ne m’y retrouve que partiellement.

Les nombres aussi sont spatialement répartis dans ma tête, nombres positifs comme négatifs. La représentation est complexe, beaucoup de virages spatiaux se passent autour des nombres 20, 100, 120, 1000, 20000, etc... Le nombre 20 est probablement associé à la notation scolaire, ce qui tendrait à faire croire que la mise en place de ces représentations date de l’école primaire. En fonction du contexte, les représentations varient : ainsi, quand il s’agit de dates, l’an 2008 par exemple, la représentation est différente de si je facture 2008€. Expliquer tout cela en clair est complexe : ce qui est sûr, c’est que dès que j’ai un chiffre en tête, il se positionne dans l’espace.

Bien entendu, je suis inconsciemment persuadé que tout le monde a le même schéma dans la caboche. C’est la discussion d’avec Daniel qui a ramené à ma conscience ce drôle de phénomène intime et probablement unique dans sa forme.

J’en entends dire qu’ils associent certaines lettres à des couleurs. C’est ridicule. Pour moi, les lettres sont noires, un point c’est tout.

J’ai un autre syndrome naturel qui est la projection de mes observations vers le monde professionnel. Ainsi, quand nous nous affrontons sur les stratégies, le pouvoir, les priorités, les rôles, je pense qu’il est toujours utile de se rappeler que nous sommes gouvernés par de nombreuses représentations très personnelles, fruits de nos gènes et de notre histoire. C’est d’ailleurs pour cela que l’empathie dans le management est une clé majeure. Interroger, écouter, entendre, comprendre permettent de déceler les pistes possibles de motivation, les anges de résolution de crises, les possibilités de créer ensemble. La plupart des obstacles du travail en entreprise sont ailleurs que ceux exprimés par les symptômes : ainsi, essayez donc de me persuader que septembre est à gauche et que c’est un mois qui monte en diagonale, NO WAY ! En revanche, une simple discussion, une écoute attentive m’ont permis de remettre en conscience ce drôle de bagage que mon esprit tordu s’est fabriqué.

Alors plutôt que vouloir convaincre à tout prix, ne convient-il pas de partager nos représentations et voir ce que nous pouvons en faire de créatif ?

Message dédié à Daniel
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Divers z'et varié
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Samedi 24 mai 2008
Il était une fois...

J'étais alors responsable d'un projet qui consistait à faire que le cordonnier soit mieux chaussé. En clair, il s'agissait de transformer les employés Gemplus en premiers usagers des mille et une utilisations intelligentes de la carte à puce dans le monde professionnel. C'était il y a si longtemps... avant le fameux 11 septembre, vous rendez-vous compte !

Ce matin, j'entends ma Sandrine pester contre la multiplication des mots de passe à retenir... ça m'a rajeuni.

Or donc, en ces temps reculés, la petite équipe de développement fort créative que j'avais récupérée dans mon service, avait mis au point un prototype appelé "Smart Password". L'idée très simple m'avait plu, d'emblée. Il s'agissait d'utiliser une carte à puce branchée sur le PC, et dont la mission était d'enregistrer de manière sécurisée tous les mots de passe de la vie courante : applications internes ou internet. Nous avions lancé une opération pilote auprès d'une centaine d'utilisateurs ravis : désormais, il n'y avait que le code de la carte à retenir pour déambuler d'une application à un site internet, sans avoir à se préoccuper des mots de passe à présenter. La carte les stockait de manière sécurisée. The comfort, isn'it ?

La belle histoire devait trouver une fin heureuse. Avec toute mon équipe, nous entamâmes une opération "promotion/séduction" auprès de la direction générale : une demi-douzaine de présentations de tout ce que l'équipe avait mis au point, Smart Password mais aussi les autres applications du programme GemPrivilege. Tout le monde était emballé, et, anecdote suffisamment parlante pour la signaler, toutes les démos fonctionnèrent. Aussi incroyable que cela puisse paraître pour les experts du développement :-) Le bonheur...

Bilan formidable sauf que, sauf que... dans la coulisse se préparaient les grands chambardements de l'organisation de l'entreprise. Si l'enthousiasme des grands directeurs était patent, aucun ne souhaita endosser la responsabilité (le Sponsoring) du déploiement des applications dans l'entreprise. En substance, le message était : "super boulot de ton équipe Laurent, bravo ! Mais bon, j'ai d'autres chats à fouetter" (pauvres bêtes). Penauds, nous décidâmes donc d'arrêter totalement le projet. Toute l'équipe fût répartie dans d'autres entités de l'entreprise.
 
Quelques jours après cette tragique décision, je participai à une réunion produit. Le sujet : "faut-il tuer Smart Password ?" Le jeune développement tremblait dans ses lignes, la grandeur du marketing allait décider de son sort. Au milieu de la réunion (sentant mes démangeaisons de création d'entreprise me chatouiller), je lançai : "certes, vous pouvez décider d'arrêter le produit. Cela dit, si tel est votre décision, je suis intéressé à créer une start-up sur ce sujet". Un grand opérateur avait signalé son intérêt pour le concept, alors que nous n'en avions fait que peu de publicité. L'argument porta-t-il, je l'ignore. Toujours est-il que le comité produit décida de continuer le développement en rajoutant 2 ou 3 fonctionnalités "mineures".

Six mois plus tard, le produit était devenu tellement complexe - et par conséquent inopérant - qu'il fut abandonné.

Il alla donc rejoindre ces fameuses poubelles à projets des grandes entreprises. Elles sont pleines d'innovations étouffées dans l'oeuf...

<message dédié à Anthony, Christian, Cécile et les autres...> 
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Manager son projet
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Mardi 13 mai 2008
J'ai reçu il y a quelques jours le message suivant d'un lecteur :

"Cher Monsieur,
 
Nous avons eu, hier, avec quelques amis, une discussion vive sur ce qu'est le management.
L'origine du désaccord réside dans le fait que certains pensaient qu'un manager ne peut pas changer de secteur d'activité.
Un manager performant dans le domaine de la mode, ne peut pas endosser les mêmes responsabilités dans le domaine médical ou industriel car il ne connait pas son environnement. Un recruteur ne perdrait pas de temps à chercher un bon profil, il privilégierait plutôt le candidat qui connait le mieux le marché : clients, produits, ....
Je maintenais le contraire, un mng peut très bien réussir dans un autre domaine d'activité pourvu qu'il ait acquis les compétences managériales dans son cursus.
C'est même pour moi une preuve d'adaptabilité.
 
Qu'en pensez-vous ?"

Le débat est ouvert... Mon avis est que le management est en soi un métier. Il s'apprend, il se vit, il s'améliore avec l'expérience. Un métier où l'écoute et l'empathie demeurent les qualités premières. La compréhension intellectuelle des enjeux est certes essentielle, mais j'ai la conviction qu'un manager centré sur le développement des capacités créatrices et la motivation de ses collaborateurs, peut transiter d'un monde à un autre. Dans chaque secteur, il y a un vocabulaire technique bien entendu. Après une période d'apprentissage, un bon manager peut se l'approprier. Ensuite, sa sagacité le porte à détecter les composantes humaines susceptibles de rendre performante son équipe. Et là, point de technique.

A titre personnel, je me souviens avoir été managé par un incompétent notoire de mon domaine d'intervention. Ce fut mon meilleur allié professionnel : confiant pour me donner les responsabilités d'un projet à fort enjeu, attentif à m'ouvrir les portes qui m'étaient nécessaires pour en surmonter les défis, présent quand il le fallait dans les combats ou réunions politiques, astucieux pour me proposer des pistes de réflexion tactique ou stratégique, habile pour me ramener dans le chemin quand je m'engageais sur des pentes abruptes, compréhensif quand la marmite bouillonnait trop fort, reconnaissant quand le projet arriva à son terme avec succès.

La compétence technique est-elle donc une qualité nécessaire pour réussir dans le management, ou peut-elle parfois constituer un frein à l'épanouissement des collaborateurs ? Je suis manager pour montrer que je sais ou pour encourager les compétences et développer la motivation ? Ces compétences sont-elles les mêmes ?

Malheureusement, comme le dit le message ci-dessus, beaucoup de recruteurs  considèrent en priorité la dimension technique, la compréhension du marché, pour embaucher des managers. N'est-ce pas une étroitesse de vue qui limite le champ de créativité des entreprises...
par Laurent de Rauglaudre publié dans : Débats
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