Jeudi 12 avril 2007
Pour la première fois de ma vie, je suis allé ce soir à un meeting politique. Personne ne m'y avait invité, j'étais curieux. Pas encore décidé sur mon vote prochain, je m'interrogeais sur le positionnement de François Bayrou. Avant le meeting de ce soir, mon bulletin n'avait que 3 options possibles... Pour moi, les extrêmes de tout poil ont fait leurs preuves dans l'histoire en laissant charniers et pays dévastés, je les écoute pour garder vigilance sur les risques que nourrit la société, mais jamais ils n'auront mon soutien. Et certains "petits candidats" hors vote extrême n'ont pas la stature pour diriger la France.
Je suis allé au meeting conscient des enjeux manipulatoires de la communication de masse. J'ai toujours été, en entreprise, vigilant sur la propension des dirigeants à utiliser les jeux de la séduction, les circonvolutions de la peur quand ils brandissent les effigies des ennemis en tout genre, et les tentatives démagogiques qui produisent les effets immédiats d'engouement panurgien.
Fort de toutes ces précautions, je suis allé écouté et n'ai applaudi qu'à la fin... Car à tout bien peser, et sans doute pour la première fois de mon histoire de citoyen (on se réveille tard parfois), c'est avec une vraie envie que je vais voter Bayrou. En vrac :
- en lisant son programme posé sur la chaise (inscrit manifestement sur papier recyclé), je ne vois que des idées auxquelles j'adhère... c'est déjà un bon point !
- en observant l'organisation du meeting, je ne constate ni tentative de prosélytisme, ni affichage encombrant, ni mobilisation excessive du "chauffeur de salle"... bref une sobriété de bon aloi.
Arrive le candidat qui va discourir une heure et demie, sans un papier, et couvrir les sujets avec talent, simplicité, sincérité aussi. Je ne suis pas naïf sur la préparation, mais on ressent une forte conviction alliée à un sens profond de la responsabilité. Il y a des idées solides sur la diversité, sur l'Europe, l'éducation, l'identité française, l'environnement, une véritable vision, et une grande fermeté sur les sujets difficiles. Il n'y a aucune attaque sur les concurrents, pas de règlement de comptes, pas non plus de promesses de cadeaux pour les uns ou les autres. C'est un discours tenu avec la hauteur qu'on attend d'un Président. Il donne des pistes nouvelles, il rappelle le rôle de l'Etat, il n'énonce pas un pamphlet de mesurettes à la Prévert.
Bref, si le programme sur la papier me plait, la personnalité et la vigueur du bonhomme, ambitieux bien sur mais c'est obligatoire pour briguer ce type de job, sont très convaincantes.
Je l'attends au virage : s'il est élu, comment va-t-il s'y prendre dans un pays habitué au jeu de "la majorité contre l'opposition" ? Il fait un détour par l'Allemagne : les 20 ministres ont chacun au moins 10 ans d'expérience professionnelle en entreprise, les n°2 et 3 du gouvernement sont passés par des métiers manuels en début de carrière... presqu'inconcevable en France, où la politique est un métier pour lequel le parcours est préfabriqué. Et l'Allemagne se redresse...
Finalement dans sa conclusion, son argumentaire de modèle de futur gouvernement me touche : dans nos familles comme dans nos entreprises, nous ne vivons ou ne travaillons pas qu'avec des gens avec qui nous sommes toujours d'accord. Et pourtant, nous défendons nos familles, nous bâtissons ensemble nos entreprises. Alors pourquoi ne pas tenter de rassembler les meilleures compétences, indépendamment des clivages habituels, qui obligent certains à renier leur âme pour rester dans le sérail.
Il pleuvait en sortant du meeting. En m'équipant d'un vêtement de pluie, je discutais avec le couple de motards voisins qui, pour la première fois de leur vie, participaient à une réunion politique. Mêmes interrogations avant le meeting, mêmes conclusions en sortant...
Ce serait amusant que la France prenne le risque de la confrontation constructive...
Alors Bayrou président ?
Je suis allé au meeting conscient des enjeux manipulatoires de la communication de masse. J'ai toujours été, en entreprise, vigilant sur la propension des dirigeants à utiliser les jeux de la séduction, les circonvolutions de la peur quand ils brandissent les effigies des ennemis en tout genre, et les tentatives démagogiques qui produisent les effets immédiats d'engouement panurgien.
Fort de toutes ces précautions, je suis allé écouté et n'ai applaudi qu'à la fin... Car à tout bien peser, et sans doute pour la première fois de mon histoire de citoyen (on se réveille tard parfois), c'est avec une vraie envie que je vais voter Bayrou. En vrac :
- en lisant son programme posé sur la chaise (inscrit manifestement sur papier recyclé), je ne vois que des idées auxquelles j'adhère... c'est déjà un bon point !
- en observant l'organisation du meeting, je ne constate ni tentative de prosélytisme, ni affichage encombrant, ni mobilisation excessive du "chauffeur de salle"... bref une sobriété de bon aloi.
Arrive le candidat qui va discourir une heure et demie, sans un papier, et couvrir les sujets avec talent, simplicité, sincérité aussi. Je ne suis pas naïf sur la préparation, mais on ressent une forte conviction alliée à un sens profond de la responsabilité. Il y a des idées solides sur la diversité, sur l'Europe, l'éducation, l'identité française, l'environnement, une véritable vision, et une grande fermeté sur les sujets difficiles. Il n'y a aucune attaque sur les concurrents, pas de règlement de comptes, pas non plus de promesses de cadeaux pour les uns ou les autres. C'est un discours tenu avec la hauteur qu'on attend d'un Président. Il donne des pistes nouvelles, il rappelle le rôle de l'Etat, il n'énonce pas un pamphlet de mesurettes à la Prévert.
Bref, si le programme sur la papier me plait, la personnalité et la vigueur du bonhomme, ambitieux bien sur mais c'est obligatoire pour briguer ce type de job, sont très convaincantes.
Je l'attends au virage : s'il est élu, comment va-t-il s'y prendre dans un pays habitué au jeu de "la majorité contre l'opposition" ? Il fait un détour par l'Allemagne : les 20 ministres ont chacun au moins 10 ans d'expérience professionnelle en entreprise, les n°2 et 3 du gouvernement sont passés par des métiers manuels en début de carrière... presqu'inconcevable en France, où la politique est un métier pour lequel le parcours est préfabriqué. Et l'Allemagne se redresse...
Finalement dans sa conclusion, son argumentaire de modèle de futur gouvernement me touche : dans nos familles comme dans nos entreprises, nous ne vivons ou ne travaillons pas qu'avec des gens avec qui nous sommes toujours d'accord. Et pourtant, nous défendons nos familles, nous bâtissons ensemble nos entreprises. Alors pourquoi ne pas tenter de rassembler les meilleures compétences, indépendamment des clivages habituels, qui obligent certains à renier leur âme pour rester dans le sérail.
Il pleuvait en sortant du meeting. En m'équipant d'un vêtement de pluie, je discutais avec le couple de motards voisins qui, pour la première fois de leur vie, participaient à une réunion politique. Mêmes interrogations avant le meeting, mêmes conclusions en sortant...
Ce serait amusant que la France prenne le risque de la confrontation constructive...
Alors Bayrou président ?
par Laurent de Rauglaudre
publié dans :
Débats
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