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Ce blog a pour vocation de partager réflexions et expériences en matière de management. Clins d'oeil, analyses, trucs, débats, coups
de gueule, réactions, commentaires, et... offre de
services.
Bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter...
Laurent
Artisan
Consultant
Coaching en ligne
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Bien sur, il existe mille reproches que l'on peut faire aux dirigeants et managers. Et je suis de ceux qui pensent qu'il faut "challenger" les hommes et les femmes de pouvoir. Cependant, l'exercice du pouvoir est chose difficile, tout le monde en convient...
Combien de fois un manager reçoit-il dans son bureau un collaborateur disant en substance: "chef, j'ai un problème". Et le collaborateur espère trouver dans cet entretien la solution, le miracle dans la puissance de feu d'analyse et de décision de son boss. Cette attitude est largement insuffisante, et finalement peu professionnelle.
Un patron est certes là pour décider. Mais il peut plus facilement décider si une analyse préalable a été faite, des options de solutions ont été préparées. Si on souhaite habilement "manager son chef", il convient d'entrer dans son bureau en disant: "chef (adoré), j'ai 3 options possibles au problème qui est devant moi. Voici les arguments des options en question. Quel est ton avis ?" Fort de cette analyse préalable et de cette posture de recherche de solution, le collaborateur est certain d'avoir une écoute attentive en face de lui. De plus, s'il a mis les bons arguments sur la solution n°2 qui lui parait la plus appropriée, il y a de fortes chances que son manager aille dans son sens.
Évidement, cela passe par une analyse préalable, par une démarche de créativité et de responsabilité. Mais je suis convaincu que c'est la démarche la plus efficace pour le projet dont on a la charge, pour son augmentation de fin d'année, et pour la satisfaction personnelle d'apporter sa pierre à l'édifice...
Pas bien dormi cette nuit, il a envie de partager
sa déception : "j'ai obtenu de supers augmentations pour mon équipe, mais je me défends mal pour mon cas personnel. En plus, l'entretien avec mon boss s'est passé dans de mauvaises
conditions. Il était dans un train, la conversation a été coupée 3 ou 4 fois. Il m'a aussi proposé de prendre de nouveaux dossiers stratégiques..."
Un beau matin, un jeune manager motivé arriva à son bureau, après avoir déposé ses enfants à l'école. Sur son bureau une note du Directeur des Ressources Humaines qui en substance
annonçait avec force: "Nous vous rappelons que tous les employés des bureaux doivent être à leur poste de travail entre 8h et 8h30. Nous vous rappelons aussi que l'assurance automobile qui couvre
vos déplacements pour venir au travail ne fonctionnera que si vous arrivez avant 8h30. Et blablabla et blablabla…"
"Hallucinant, incroyable", se dit le jeune manager.
Avant 9h30, la moitié des membres du service du jeune manager avait déboulé dans son bureau pour dire: "c'est quoi cette note, chef ? et à quelle heure est-on assuré pour rentrer chez soi le soir
(8h30 + 8h de travail + 1h30 de pause déjeuner = 18h au plus tard) ? etc…"
Le jeune manager, à la tête d'une équipe super motivée, leur dit de ne pas tenir compte de cette note ridicule, et s'en alla parler à son boss (un homme moderne, américain de surcroît, et donc ouvert à la discussion…).
L'entretien s'avéra décevant dans la forme, et rassurant sur le fond. En fait, le boss se fichait pas mal de cette note, mais tenta de la défendre avec des arguments de peu de poids, comme:
- "but, si on veut parler à un employé à 8h20 en urgence, comment peut-on faire ?"
- "if it is urgent, tous les employés dont on parle sont joignables sur leur téléphone portable. If it is not urgent, on fait comme d'habitude, on organise un entretien, on prévoit une réunion, ce qui ne se fait pas 5 minutes avant l'heure de la réunion, isn't it ? etc…"
"Mon boss : ah, je suis content d'avoir à mes cotés une personne d'expérience pouvant organiser, planifier, prévoir, intervenir, synthétiser, suggérer des actions...
Le lendemain : Justine (identité modifiée), y a un truc super urgent à faire... (c'est parce qu'il vient d'avoir un coup de fil d'un
client !), tu comprends il faut savoir s'adapter au marché, on est une petite équipe, faut être réactif, c'est bien ce que tu dis, mais il
faut être concret, il faut que tu blablabla...
Résultat : depuis 6 mois, le périmètre du produit a changé 10 fois, la spec que j'ai tenté d'écrire au départ est inutile (le flyer que fait le boss est suffisant, surtout qu'il peut le changer
quand il veut...), le prototype devient un gros truc lourd qui marche à moitié, qui a 1 an de retard, pas testé (ça prend trop de temps d'écrire le plan de test), vendu 10 fois. On va dans
le mur et je suis le porteur de ce projet stratégique...
En résumé, quand j'essaie de prévoir et d'organiser, je suis montré comme un charlot et un technocrate. Quand je suis dans le b... ambiant, je suis peut être un peu accepté par mon chef et ses
moutons, mais je pête un plomb à la fin de la journée."
Je m'interroge...
Ce cadre est expérimenté, probablement doté d'une solide conscience professionnelle. Il identifie "qu'on va dans le mur". Pourquoi ne dit-il pas NON à son boss ? Peur d'être saqué à l'évaluation de fin d'année ? Peur de perdre le client ? Peur de perdre son job ? Peur d'être mis à l'écart ? Peur d'avoir tort dans son analyse ?
Il n'est pas (encore) dans notre culture de management de dire : "non, boss, je ne suis pas d'accord avec ta demande qui est incompatible avec les objectifs que nous avons définis ensemble". Et le lendemain : "voilà les options que je te propose. Merci de m'aider à clarifier les priorités si je fais fausse route".
Le boss est boss donc il a raison. Ainsi, les projets arrivent avec un an de retard, coûtent 2 fois plus cher, les avenants ne sont pas facturés, les clients ne sont pas contents. Et qui est responsable de ce désastre à votre avis ?
Pourquoi les managers n'utilisent-t-il pas mieux l'intelligence de leurs équipes ? Est-ce par manque de savoir-faire, de méthode et/ou par manque de confiance en soi (phénomènes interdépendants) ? Pourquoi les équipiers n'osent-ils pas affirmer leur doute de manière argumentée et structurée ? Faut-il attacher son nom à un projet qui va dans le mur ?
Et si on apprenait un peu plus à dire un "non positif"... Après tout qu'est-ce qu'on risque ?
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